Peindre un ciel tourmenté au couteau

---------- Introduction

Edmond on continue dans cet apprentissage avec des petites marches à franchir…

Oui.

On a dit pas trop haute la difficulté on y va très progressivement. Et là tu nous propose quoi ?

Oui alors là de reproduire un ciel tourmenté un ciel agité, puissant des couleurs puissantes, un bleu profond, un ciel menaçant…

Ça va me plaire.

Avec quand même un peu de lumière qui vient parce qu’il y a toujours des des… de la…

Oui.

On jette parfois… même si le ciel est très chargé, il y a parfois des rayons de lumière qui vont éclaircir on va essayer de le faire éclaircir la rampe de terre qu’on va voir sur la toile.

Je ne suis pas inquiet on y va. Allez dis-nous on y va.

On y va.

---------- Démonstration

Edmond, comme d’habitude on commence par présenter le matériel qui est très simple là dans cet exercice. Vas-y.

Alors je vais d’abord parler donc des couteaux.

Oui.

Et les couteaux je vais les utiliser pour donc réaliser un ciel un ciel assez lourd un ciel menaçant…

Oui

Avec peut-être suggéré d’un… de la mer bon pour faire un petit paysage ou la campagne on verra bien ce que…

Ah d’accord.

Selon l’inspiration.

Ok. Le matériel.

Alors le matériel donc les couteaux un couteau pour mélanger la peinture sur la palette…

Oui.

Un couteau si je peux dire applicateur de la peinture. Je pense que je vais utiliser celui-là…

Principalement.

Et pour le nuage peut-être celui-là également.

Egalement d’accord.

 

Couleurs ?

Les couleurs donc les couleurs primaires. Alors là donc évidemment je ne vais pas les répéter mais le bleu cyan…

Il faut toujours les répéter.

Le magenta, le jaune primaire en y ajoutant du bleu outre-mer foncé, de la terre de sienne naturelle, de la terre d’ombre naturelle et de la terre d’ombre brulée pardon, pardon et de la terre de sienne brulée.

D’accord.

Qui sont des couleurs en plus complémentaires du bleu. Je ne sais pas si je vais vraiment les utiliser mais je les ai préparées sur la table.

Ok.

Et des essuies tout.

En quantité.

Pour nettoyer son matériel.

Ah bon parce qu’il faut nettoyer ses pinceaux ?

 

Je n’avais pas compris. Allez vas-y.

Bon alors on va commencer par appliquer…

Oui faire ta palette.

De faire la palette en appliquant du bleu. Alors pas la peine de mettre des mases de quantité. De la terre de sienne brûlée pour ombrer enfin les parties ombrées des nuages. Ensuite de la terre de sienne naturelle et encore je vais voir quand je vais faire mes couleurs. On verra bien parce que ce n’est pas… ce n’est pas quelque chose qui est…

Automatique.

Ce n’est pas automatique du tout ce n’est pas… c’est selon l’inspiration du moment, du blanc voilà blanc de titane, un peu de jaune primaire, un peu de magenta. Voilà déjà avec ça on pourra déjà commencer le tableau. Donc je vais suggérer avec un pinceau fin en poil de soie ou de porc à peine humidifié avec du diluant, là en occurrence c’est de l’essence de pétrole, ça peut être de l’essence de térébenthine.

Et je vais donc prendre un tout petit peu de terre de sienne naturelle pour faire les lignes d’horizon. Comme c’est un ciel menaçant je fais la ligne d’horizon de la mer ou de la campagne on verra bien selon l’inspiration. Je vais faire un ciel assez bas pour donner cette impression de ciel menaçant pesant. Parce que c’est le ciel l’élément le plus important de notre sujet  Donc parallèle…

C’est bien le sujet principal ?

C’est là le sujet principal.

Parallèle à la base de la toile. Je nettoie le pinceau immédiatement pour éviter que ça sèche et…

Tu estompes.

J’estompe.

C’est juste là un repère quoi ?

Alors donc je vais d’abord mélanger… je vais d’abord chercher ma couleur de… du… donc comme je l’ai dit précédemment on commence par le haut de la toile mais là je vais commencer par le… disons le haut de la ligne d’horizon parce que le ciel en général est… la couleur est moins prononcée à l’horizon et moins foncée à l’horizon qu’en haut du ciel.

D’accord.

Donc je vais essayer de chercher la couleur qui est proche de l’horizon donc je prends du bleu. Alors on va mélanger un peu de bleu un petit peu à la fois au blanc, au blanc de titane avec le couteau mélangeur.

Voilà c’est chargé.

Voilà chargé.

Alors là je vais prendre le couteau à lame rectangulaire pour travailler le long de l’horizon…

D’accord.

Donc je tourne un peu ma toile…

D’accord.

Enfin si la toile était sur un chevalet, c’est un mouvement du bras qu’il faut…

D’accord.

Qu’il faut exercer après. Voilà on suit la première esquisse pour respecter les parallélismes. Donc j’appuie de la peinture sur le tranchant de la lame, regarde de cette manière-là. Un bourrelet de peinture s’est formé sur le tranchant que j’applique et que je racle ensuite vers le haut de la toile.

Voilà donc ma ligne d’horizon maintenant est bien tracée. Je reprends de la… je rajoute un peu de blanc à cette couleur et je vais même appliquer la peinture sur la moitié de la toile pour avoir un fond humide en raclant de manière à ce que la peinture pénètre dans la trame.

Ça évite parfois qu’avec le temps au fil des années si les trames ne sont pas bouchées, des couches supérieures si elles sont trop fines elles peuvent s’écailler donc c’est pour ça qu’on part en général… c’est pour ça qu’on utilise la technique humide sur humide.

Et toujours l’essentiel c’est gras sur maigre évidemment mais pas l’inverse. Ça c’est un principe de base de la peinture à l’huile. Capital de travailler gras sur maigre pour éviter les embus. Les embus c’est les différences de lumière de reflets disgracieuses sur une toile et surtout pour éviter ensuite qu’une toile se fissure.

Avec le temps c’est… les craquelures. On retrouve ça dans les toiles des maîtres et parfois des élèves parce que les maîtres… les peintres et les grands maitres utilisaient des élèves pour rédiger la valeur service et ils n’avaient pas les pigments d’assez bonne qualité que maintenant d’ailleurs non plus.

Donc voilà je vais… j’étale bien. Je vais faire des couleurs un peu plus foncées au sommet du ciel, un bleu avec un peu de terre d’ombre brulée. Je racle la peinture sur la toile. Donc on a une gamme de bleu, de gris bleu qui se forme par cet effet de raclage qui se forme naturellement d’ailleurs.

Voilà on a déjà un peu…

Il y a quelque chose.

Les éléments qui sont en colère.

Ça va péter quand même.

Ça va péter c’est ça.

Ça va péter.

Donc je fonce un peu pour faire un peu des nuages. Je vais racler. On va racler pour ne pas donner des formes trop parfaites les nuages quand il y a du vent quand c’est la tempête, les nuages volent dans tous les sens un petit peu disons enfin on va suggérer cette impression uniquement avec les mouvements du poignet.

Des nuages, des nuages également plus clairs et gris à l’horizon au bord de l’horizon. Je ne sais pas ce que… quelle est l’impression qui se dégage mais c’est déjà…

Si si. Si on sent déjà que ça…

Un ciel déjà…

Oui bien chargé.

Bien chargé.

Oui.

Bien chargé.

On l’a dit la mer on fait la mer.

Alors c’est quoi ? C’est la mer ou ?

Ça c’est le ciel.

Oui. Oui oui bien sûr.

La mer… enfin la mer la mer

Mais tu disais…

La mer.

Soit je fais la mer soit je fais le ciel.

Je ne sais pas comment…

C’est toi.

Ben on va faire aller on va faire on va refaire… on va changer un peu là on va faire… on va faire la campagne.

Allez allez vas-y allez on se lance. Oui il y a des ocres j’ai vu que tu avais touché un peu à l’ocre. Toujours les camaïeux quand même tu vas rester dans les mêmes tonalités.

Oui oui. Donc je vais faire un vert un gris vert cassé parce que… il n’y a pas beaucoup de lumière en fin de compte donc j’appuie la terre de sienne naturelle avec la couleur de mon ciel…

Oui.

Pour garder l’harmonie des couleurs c’est essentiel ici.

Ça va se voir oui ça vie comme pareil

Voilà donc un gris vert fade que j’applique. Alors vous avez vu que j’ai mélangé des couleurs parce que je ne veux pas à chaque fois changer d’outil en fin de compte. Et on travaille aussi bien avec cette outil… petite truelle. Donc on va foncer un peu l’herbe au premier plan.

Un peu de blanc et oui j’utilise… je ne cherche même plus… je n’ai même pas de vert sur la palette je.

Non tu le reconstitues avec les couleurs que tu as utilisées comme ça.

Avec les couleurs primaires et les couleurs du ciel en fin de compte pour garder la…

Oui l’harmonie.

L’harmonie oui voilà la même tonalité.

Tout à fait.

De gris… pas de gris coloré en ce qui concerne le ciel mais en ce qui concerne l’herbe peut-être le... Vous allez voir on va suggérer l’herbe après. Mettons la campagne le plein pays le nord.

Yes.

Voilà on peut faire des arbres.

Suggéré en fait ?

Suggéré oui

C’est ça ils sont vraiment suggérés.

C’est des petites touches pour ça.

Oui c’est ça qui est important.

Alors ici de la lumière on va faire… on va donner un trait de lumière quand même à cette arbre. Pour donner un peu de lumière à la zone. Donc un peu de jaune un petit peu de magenta pour avoir… avec le tranchant.

Oui.

Je vais prendre la couleur  Les lumières admettons qu’elles viennent de là à ce moment-là.

Ah oui d’accord.

Et j’ai juste posé.

C’est tout. Suggéré. L’œil et l’esprit font…

On reprendra  On repart dans l’autre sens pour faire les branches. Ils sont aussi… ils reçoivent aussi la lumière bien sûr. Donc c’est un travail qui est réalisé pour vous démontrer ce qu’on peut faire. On peut accentuer l’ombre ici avec de la terre d’ombre brulée et du bleu, l’ombre donc l’ombre de l’arbre. Je mets un peu plus de terre d’ombre vous voyez.

C’est tout un travail de suggestion en fait ?

Exactement. C’est pour ça que je vous dis ça reflète bien les sentiments qu’on éprouve devant un paysage. Et chaque peintre a sa sensibilité personnelle et va réaliser la même toile… Il ne faut pas faire de la copie il faut faire vraiment les choses comme on les ressent.

Oui bien sûr.

On peut un peu éclaircir… on peut donner un petit peu de… éclaircir la base du ciel avec une petite couleur orange, jaune orange sachant que… on va tomber dans la couleur complémentaire donc du bleu très foncé du ciel. On va utiliser le couteau à lame rectangulaire pour faire cela. Je nettoie. J’enlève la peinture précédemment posée avec ce couteau.

A bon ?

Pourquoi tu fais ça ?

Et alors donc… alors je n’ai pas travaillé de manière précise les branches.

Non non non oui oui oui bien sûr.

Qu’est-ce que tu vas faire ?

Mettre un peu de lumière voilà à la base ici…

Ah d’accord.

Un petit peu de lumière…

D’accord.

Avec le tranchant.

 

On arrête quand dans ces cas-là ?

Maintenant on s’arrête. Bon après on ne peut pas passer aux détails mais qui vont être superflus une maison ou une personne qui revient du fond pour suggérer la solitude, ou d’un couple ou d’un vieillard enfin bon là je pense que…

Ça va…

Là on a…

Super. Très très bien pour l’exercice oui super.

 

Edmond, pour tourmenté il est tourmenté le ciel.

Oui, très tourmenté.

Ça s’applique bien au couteau en fait ?

Oui. Et j’ai bon j’ai eu une pulsion. Je vais faire un premier plan en y ajoutant un arbre ce n’était pas prévu au départ.

Ce n’est pas la peine de préparer avec les artistes de toute façon ils n’en font qu’à leur tête. Bref oui ça rend bien parce qu’en fait ça donne de la profondeur à l’ensemble.

Exactement.

C’est bien.

Voilà un arbre où il n’y a pas de feuilles c’est le…

Oui on va faire une mer avec un visage tourmenté d’accord. On se retrouve avec un arbre  Magnifique non c’est super. Et là vous rentrez… on continue à rentrer dans l’univers d’Edmond qui va devenir le vôtre : travaillez au couteau. C’est une peinture très très très suggestive très très dans l’impression quoi ?

Tout à fait. Exactement. Tout à fait. On se passe des détails superflus. On va à l’essentiel.

Vous avez vu le résultat c’est chouette.

L’essentiel il ne faut jamais oublier cette règle : à l’essentiel. A l’essentiel parce que parfois on s’égare on oublie. On va faire des oiseaux ou un pilonne électrique mais on efface tout ça. On va à l’essentiel.

Et on n’oublie pas de nettoyer ses pinceaux ses couteaux.

Vous voyez le résultat après.

Voilà et il faut nettoyer l’artiste après mais ça c’est hors caméra. Allez à vous. Bon courage et au travail.

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Edmond Zienowicz

Edmond Zienowicz

Peintre français d’origine polonaise né en 1947 formé à l’école de Beaux Arts de Roubaix. Il est influencé par l’école flamande et l’époque des impressionnistes ses thèmes de prédilections sont les paysages, les natures mortes, les marines et ... les carnavals.

En tant que peintre du Carnaval de Dunkerque une de ses toiles intitulée « la bande place Jean Bart » a été acquise par le musée des carnavals du monde à Hertogenbosch (Pays- Bas) où elle représente le folklore dunkerquois. La touche nerveuse et dynamique de cet excellent coloriste est parfois ponctuée de rehauts et exprime le strict nécessaire. Ses œuvres sont référencées dans le dictionnaire Drouot cotation. Il est lauréat de plusieurs concours et a reçu en 2009 la médaille d’argent attribuée par l’Académie des Arts, Sciences et Lettres de Paris. L’une de ses toiles a été distinguée « Toile d’Or » de l’année 2015 au cours de l’exposition qui s’est déroulée au Grand Palais à Paris par la Fédération Nationale de la Culture Française.

  • [Christiane Michaud le 19/04/2017]

    Cela donne vraiment envie d'aller à l'essentiel...

  • [Georges Lesur le 27/11/2016]

    pastelliste ! je découvre ce genre de technique ,passionnante ,et si bien expliquée par EDMOND ! je souhaiterais suivre une démo des vagues dans les rochers! merci encore ! Georges Lesur.

  • [Georges Lesur le 03/11/2016]

    très spectaculaire! à nos couteaux.. (mais quel est la durée de séchage? Sans siccatif rajouté) merci GL

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Discipline Huile
Difficulté Initiation
Genre Les Applications
Style Paysages
Durée de la Vidéo 15mn58