Van Gogh D'Arles à Auvers sur Oise

Nicolas.

Frédéric

Nous revoilà. Te revoilà enfin revoilà Vincent surtout.

Oui.

C’est surtout de Vincent dont on va parler pour la période tu dis qu’on connait le plus.

Oui.

Mais tu vas nous en apprendre encore plus.

Oh je pense qu’il y a toujours encore des choses à découvrir malgré tout.

Allez tu me laisse je me laisse porter comme d’hab. Vas-y je t’écoute.

D’Auvers sur Oise ce sera la dernière période.

Oui.

Alors on a dans la dernière vidéo la première…

La précédente oui.

Quitter Vincent à Paris.

Et là il avait fait un tour et hop il était arrivé à Paris.

On est là maintenant à Vincent qui est arrivé en Arles.

Quel âge ?

Alors là il a 33 ans.

Oui.

34 ans. Il lui reste 3 ou 4 ans à vivre.

Oui voilà c’est ça. Le compte à rebours est parti quoi il est démarré.

Oui on arrive vers la fin…

Ok ?

Mais c’est vers la fin qu’il réalise peut-être son chef d’œuvre.

Ben oui ben oui. Et là là c’est magnifique ça.

 

Il arrive à la Maison jaune. Cette maison jaune à Arles…

C’est là qu’il va habiter ?

C’est là qu’il va habiter. Et il a un grand projet. Il veut installer un atelier où viendront travailler les artistes : l’atelier du midi.

Ah ! d’accord.

Pas seulement le sien des ateliers.

Un lieu un peu…

Un lieu d’art.

Commun de partage.

Oui tout à fait un lieu de partage.

D’accord

C’est vraiment le terme « partage » parce que c’est quelqu’un qui a besoin d’amour de donner et de recevoir. Et c’est dans ce cadre-là qu’il a cette… cette maison. C’est le facteur le facteur Roulin. Alors lui il en a fait… le facteur Roulin il fera des portraits de…

Que tu connais ah ?

Bon on le connait parce que… il a fait des portraits magnifiques de lui, de sa femme, de ses enfants. On en regardera peut-être d’ailleurs tout à l’heure…

Oui.

Qui lui conseille un jour.

Quoi peut-être ?

Oui certainement.

Certainement…

Certainement.

Puisque c’est comme un peu préparé quand même.

Oui.

Vas-y vas-y vas-y.

Et donc comme Théo lui donne une petite pension il n’a qu’un tout petit budget mais cette maison jaune…

Théo son frère ? Pardon.

Théo son frère.

Théo son frère oui bien sûr.

Fameux Théo.

Fameux Théo c’est bien de le rappeler.

Et elle ne coute pas cher à louer cette maison qui a un rez-de-chaussée où il peut installer un atelier…

Oui.

2 chambres à l’étage et...

La première là celle qui est sur le devant avec…

Voilà.

Une devanture verte.

Juste à côté du café oui.

D’accord.

Malheureusement aujourd’hui elle n’existe plus cette maison puisqu’elle a été détruite lors d’un bombardement…

Ah !

Pendant la guerre mondiale. Donc les peintures sont encore plus précieuses aujourd’hui.

Elle serait visitée …

Oui.

Si elle existait.

Je pense que ce serait un lieu de pèlerinage.

Ah oui de pèlerinage.

Et il a envie de la rendre la plus belle possible. Alors la maison jaune on se rendra compte que le jaune est la couleur de prédilection de Vincent Van Gogh…

Et puis il l’utilise…

Durant cette période.

Le mélange regarde ça et c’est bleu et tout c’est ah.

C’est là qu’il commence à peindre cette série des tournesols pour décorer la maison.

Ok.

Et surtout son premier invité qui ne va pas tarder à venir ce sera Gauguin, Gauguin qu’il a rencontré à Paris qu’il aime beaucoup la peinture. Et là ils vont espèrent-ils travailler ensemble.

Tous les deux-là ?

Tous les deux-là. Il prépare ça. Van Gogh est prêt à recevoir Gauguin. Gauguin arrive. Et finalement cette collaboration entre les deux ne durera que 2 petits mois très difficile.

Ça fait un drôle d’effet d’entendre ça. On voit la maison.

Oui.

C’est dur ?

Oui.

Tous les deux ils sont…

Ils ont un tempérament tellement différent. Vincent on l’a vu dans la première…

Oui.

Dans la première série.

Il n’est pas facile lui je crois ?

Il n’est pas facile il est rentier. En même temps c’est quelqu’un qui est ancré…

Sombre.

Dans la… sombre… ancré dans la réalité du quotidien.

Oui oui.

Tandis que Gauguin lui est plus…

Il plane ?

Il plane peut-être il est un peu plus dans l’idée du rêve,

Oui oui et puis…

Du symbolisme.

Oui oui bien sûr.

Le symbolisme.

Oui oui.

Et donc ils ne sont pas du tout sur la même longueur d’onde certainement. Il y a des débats sur l’art très engagés. Ils se heurtent parfois. Ils n’ont pas du tout les mêmes goûts en matière de peinture.

Et alors ?

Et ces disputes très fréquentes en arrivent à ce que finalement un soir alors là aussi l’épisode est assez particulier. Ils en arrivent à des mots très durs. Gauguin claque la porte quitte la maison et Vincent arrive dans son dos il l’entend marcher avec un rasoir à la main une lame de rasoir. Et d’un regard parce que Gauguin est quelqu’un d’un tempérament très meneur, il le désarme. Et Vincent revient et finalement se mutile, se coupe l’oreille.

Ah c’est là ?

C’est à ce moment-là.

Oui oui je le savais.

Alors bon il y a plusieurs théories on ne sait pas exactement. Certains disent que ce serait peut-être Gauguin qui l’aurait aidé à… bon en tout cas…

Oui.

Un autre échec…

Oui.

Malheureusement.

 

Par contre ce qui est très intéressant c’est qu’on les verra peindre. Regarde ici Vincent peignant les tournesols justement. C’est Gauguin qui peint cette peinture. Durant les quelques mois… les deux mois les quelques semaines, ils vont peindre ensemble ben ils le montrent de manière assez… de la plus belle des manières pour un peintre.

Ben oui oui oui.

Entre ces épisodes de crises ils se promènent tous les deux dans la campagne d’Arles et ils posent leur chevalet. Et c’est très intéressant de voir le même sujet peint par ces deux artistes notamment cette fameuse Allée des Alyscamps qui est une allée antique où il y a des monuments funéraires.

Oui.

Vincent peint les siens et Gauguin peint les siens.

Et Vincent, par mimétisme adopte un style de peinture assez différent : celui de Gauguin. Gauguin revenait de Pont-Aven en Bretagne où il avait inventé avec Emile Bernard ce qu’on appelle le style cloisonniste c’est à dire cerner les formes avec du noir…

Oui oui

Tu vois quoi un peu comme dans le vitrail.

Oui oui je vois très vite.

Et bien Vincent va essayer de faire comme ça. Alors que Gauguin reste complètement réfractaire hostile de peinture de Van Gogh qu’il trouve un peu Nièvre finalement ce n’est pas du tout et il ne se gêne pas pour lui dire. D’où les heurts et les disputes.

C’est dommage.

C’est très dommage mais enfin il reste ces très belles peintures.

En même temps… en même temps voilà oui.

Il en a été très satisfait Vincent de se voir peindre de cette manière-là.

Ah c’est top.

Lui qui peint beaucoup ses autoportraits Vincent.

C’est du Gauguin enfin on le dit. Ça nous aide.

C’est vrai.

Ça nous aide quand il nous dit qui est… Mais là quand même oui on voit bien…

Les plans de couleurs c’est bien que tu fasses la… oui le rappel que c’est du Gauguin parce qu’effectivement chez Vincent, la manière de poser la couleur est différente, plus hachée par touche.

Oui ah oui oui tout à fait.

Là…

Là c’est des… ce n’est pas des aplats mais c’est quand même des zones…

Oui. Beaucoup plus délimitées et marquées beaucoup plus homogènes. C’est vrai que Gauguin c’est celui qui a marqué toute cette génération. C’est celui qui va oser aller au marquise celui qui va faire un voyage extraordinaire.

Ça va marquer pour… ça a marqué.

C’est quelqu’un qui marque donc grande admiration mais grande déception pour Vincent Van Gogh.

Ok encore une. On enchaine.

 

Le café sur la place Lamartine. Cette place là où il habite …

Oui oui oui.

Près de la maison jaune…

Partie de la maison jaune.

Et bien…

Quoi ?

Il y a ce café.

A côté juste à côté ?

Oui. Tenu par les époux Ginoux. J’en parle parce qu’effectivement les époux Ginoux, Vincent la peint madame Ginoux et Gauguin également l’a peinte en la surnommant l’Arlésienne. Et ce café de nuit il est extraordinaire dans le travail de la couleur justement.

Ah j’adore les faisceaux de lumière.

Les faisceaux de lumière. Souviens-toi dans la première vidéo : les mangeurs de pomme de terre.

Oui.

Tout noir.

Oui. On avait déjà ça.

On avait ça déjà exactement.

Mais là c’est magnifié quoi.

Magnifié. Et il a expliqué dans une lettre… les lettres de Vincent sont très sincères et très belles pour comprendre ce qu’il a voulu…

Oui oui oui.

Dans sa vie de peintre.

Oui.

Il a voulu montrer que dans un café comme celui-là, c’est un lieu où l’homme peut devenir fou. Et en jouant justement de manière très violente avec les complémentarités de rouge.

Ah c’est fort.

Et de vert. Les murs sont rouges sang. Le plafond est vert. Le billard est vert. Il y a la boule rouge également qui roule dessus. Et ces consommateurs attablés regarde-les. On est la nuit. Certains ont trop consommés. Et ils sont dans un état limite lamentable. Et Vincent d’ailleurs…

Pire ?

Il faut dire qu’il a… il a des soucis de santé déjà à ce moment-là. Sa santé physique mais mentale. Il mange très rare enfin rarement à sa faim. Il ne mange pas à sa faim.

Il boit et il ne mange pas ?

Et alors il n’est pas alcoolique dans le sens où il boit par vice mais c’est ce qui l’aide à tenir…

Oui.

Quand il n’a pas assez à manger. Ça lui donne un coup de fouet.

Oui oui.

Donc associé à ça une vie très fatigante parce que… il part avec le matin son chevalet sur le dos, ses palettes… tout le matériel finalement. Et il sillonne la campagne sous un soleil de plomb toujours le feu.

Ah oui c’est ça ? C’est ça ?

Le feu qui brule on en avait parlé tout à l’heure.

Mais là on dirait que tout va cramer là ?

Exactement.

C’est ça ?

Voilà.

La perspective est particulière aussi.

La perspective est très particulière.

Elle est rock and roll quoi elle est…

Oui.

Tu vois elle est…

Si si c’est vrai.

Il y a un truc quoi. Bon super.

 

Les voilà Les Alyscamps justement, cette allée qu’il a peint…

D’accord.

En compagnie de Gauguin. Et c’est bien parce qu’on voit maintenant ce style, celui de Gauguin, ces traits noirs qui entourent les formes.

Ah oui oui oui.

Qu’on n’avait pas chez Vincent finalement. Vincent devient véritablement lui-même lorsqu’il arrive à Arles mais il a toujours…

Il doute avant ? c’est ça ?

Toujours toujours.

Tout le temps en train de se dire… oui oui je comprends.

C’est la quête c’est toujours la quête.

C’est lui qui a raison est-ce que c’est par là que je vais aller et cela…

C’est un engagement. C’est plus que de la peinture pour lui. C’est un… alors ça sera son testament à part la peinture mais c’est une… c’est une manière de vivre. Il habite à Arles mais quand il a un petit peu d’argent et bien il fait quelques petites excursions. Il a une fois l’occasion d’aller quelques jours aux Saintes Maries de la mer. Et il va en profiter pour peindre quelques magnifiques tableaux.

A ce moment-là Vincent sa vie est peut-être très courte mais c’est des fois plus d’un tableau par jour. On est très surpris quand on apprend aux personnes qui voient les centaines de tableaux de Vincent…

Oui oui oui.

Qu’il n’a finalement peint que sur quelques années seulement.

C’est dingue.

C’est un bourreau du travail.

5 ans quoi ! c’est ça ?

Oui. Le matin il se lève

Habité par ça et… un fou quoi.

Oui.

 

Le Facteur Roulin. Le facteur Roulin qui pose ici c’est un des seuls amis de Vincent. C’est l’ami des humbles et des modestes comme on l’a répété si souvent. Et il y a une réelle connivence entre les deux, si bien que pour la famille Roulin il fera plusieurs fois le portrait du facteur lui-même dans sa belle tenue de travail mais aussi des enfants il y en a 12. Donc c’est Vincent le portraitiste. On n’a pas encore parlé de ça.

Chez les Roulin ? Il y a 12 gamins ?

Il y a 12 portraits de la famille Roulin…

Ah d’accord.

A Vincent Van Gogh.

D’accord d’accord.

Oui excuse-moi je m’exprime très mal.

Non non c’est moi qui...

Mais deux ou trois fois le facteur et puis sa femme et ses enfants. Il y a Camille il y a même le petit bébé. Et là ça nous ouvre vers une autre tendance de Vincent : le portraitiste. C’est un bourreau portraitiste Vincent dans le sens où il essaye de capter l’âme derrière le physique de la personne.

C’est ça. C’est ça qui…

C’est ça qui le touche.

C’est ça qu’on ressent maintenant.

Bien sûr les mains. Alors c’est intéressant qu’il est assis ici à un fauteuil. Ça ne t’étonnera pas par rapport à la personnalité de Vincent et celle de Van Gogh. Il a peint et il avait un fauteuil pour Gauguin. Et lui c’était une misérable chaise en paille cannée.

C’est tout à fait révélateur et d’ailleurs cette peinture de la chaise de Vincent, la touche est en forme du paillage de la canne… du calage de la chaise plutôt. Tu vois il y a une direction comme un peu tout à l’heure les halos de lumière…

Oui.

Qui sortaient…

Oui oui

En diagonale …

Oui.

Un truc circulaire.

On voit très bien on voit ce qu’il a fait quoi.

La touche…

C’est pareil sur les…

Suit le mouvement de la lumière. Ça c’est très très beau.

 

Voilà cette excursion aux Saintes Maries de la mer…

Ah.

Où là il a l’occasion de peindre…

Oui ce n’est pas mal.

Ce qui lui rappelle le pays natal finalement. On parlait des marines dans la première vidéo. C’est ça que je voulais voir c’est… avec toi dans le deuxième vidéo…

Celle-là.

Les peintures qu’on connait beaucoup, finalement elles ont déjà leur point de départ dans la période hollandaise la première. Tout n’est pas né comme ça…

Sur la fin ?

Du hasard et des circonstances. Elles sont très jolies. Mais le tempérament effectivement son état va aller en… en se dégradant.

En s’empirant en empirant là.

Après l’épisode de l’oreille coupée…

Oui.

Il va déposer son oreille chez une prostituée, l’offrir en cadeau. C’est quand même assez particulier.

Oui c’est un peu… c’est dark ça aussi.

Et suite à ça et bien il sera interné dans l’hôpital d’Arles. Et là il va… ce n’est pas un malade difficile. Il va peindre. Il y a de très belles images d’ailleurs.

 

Quand on regarde ce tableau magnifique la Nuit étoilée sur le Rhône, toujours dans cette même première année à Arles en 1888 et bien on retrouve ce même phénomène de halo nuit bleu…

Oui oui oui ah oui.

Qui est vibratoire qui est assez intense et ces personnages au premier plan.

Un couple comme comme un… la première couleur oui.

Oui. Mais on sent une violence. On sent presque… je pense un graphologue arriverai à sentir…

Oui.

Un petit peu…

Oui oui. Oui oui c’est ça

Le tourment. Le tourment de l’âme retranscrit bien… enfin est bien retranscrit.

Et là on voit quasiment l’épaisseur du couteau enfin le travail tu vois…

Oui oui.

L’épaisseur de la peinture quoi…

Oui.

On le voit là.

Et quelques fois ça va s’accentuer encore quand il va peindre les champs de blé. On a l’impression d’une mer démontée. Quand il va peindre ses cyprès.

Oui mais il est complètement… il est retourné…

Le cyprès c’est l’arbre des morts dans les cimetières. Et alors le cyprès on a l’impression d’une flamme. C’est un arbre noir également. Le feu toujours il y a cette idée du feu qui le consume de l’intérieur et…

Il est transcrit bien là.

Oui. Alors là on n’est plus du tout dans l’impressionnisme. C’est vrai que l’impressionnisme est une peinture où on montre sans état d’âme finalement on retranscrit fidèlement le sujet dans par la couleur. Ça c’était la… un peu la définition qu’ont trouvé les Monet et autres.

Oui oui

Renard.

Oui oui.

Mais quand on regarde cette peinture-ci ou le café la nuit, on sent qu’il y a une violence intérieure qui est retransmis et le sujet finalement il sert de support à cette souffrance.

Oui oui. Oui oui c’est vrai.

Il inclut sa propre…

C’est vrai…

Son propre drame dans le paysage. Si un impressionniste peint cela, ce sera complètement différent. C’est évident.

 

C’est le docteur Rey qui va le soigner justement à l’hôpital d’Arles, qui va essayer de le comprendre. Alors maintenant il y a beaucoup de théories pour connaitre un petit peu les maladies dont souffraient Vincent. C’est très difficile avec le recul du temps de poser un mot d’une maladie…

Mais on le saurait. On saurait le dire.

On saurait c’est vrai.

On aurait un diagnostic très différemment ?

Maintenant si on l’analysait aujourd’hui si Vincent…

Bien sûr.

Passait en analyse il serait diagnostiqué. Mais récemment certains ont pensé à une intoxication au plomb par rapport à la peinture associé à… c’est poli factoriel.

Oui oui oui. Très certainement.

Il cumule de malchance et de facteurs aggravants finalement sur un terrain où déjà il n’est pas sensible. Peut-être une personnalité forte comme celle je reviens sur Gauguin. Lui il a… il a encaissé dans sa carapace qu’il s’était forgé le caractère… Tous ses… Parce que lui aussi il a souffert. Mais sur Vincent ça a beaucoup plus de prise. Ça c’est évident. Les arabesques sur le papier peint décoratif. Ces arabesques ils sont aussi vraiment du… du Vincent c’est un peu sa graphie particulière.

 

C’est la cour intérieure de cette hôpital à Arles où il va passer plusieurs mois et avoir l’occasion d’y peindre. Alors là par contre quand on va à Arles, maintenant il y a un espace Van Gogh où le… on a la chance de voir la chambre où il a peint son lit, quelques objets et c’est très spartiate bien évidemment mais surtout la fenêtre qui donnait au première étage sur la campagne environnante.

D’accord d’accord.

Et c’est là où il y a des oliviers, arbres très boueux également qu’il a souvent peint à ce moment-là.

Le jaune est important là.

Le jaune le jaune. C’est un jaune…

Jaune pur quasiment ?

Oui ah oui.

Etrange tout ça.

Sans dilution.

Ah oui.

Le jaune et… et le bleu qui apparaissent.

Non mais c’est… ben oui.

Ce sont ces couleurs-là tu as raison de noter.

 

C’est le… ici on est devant le… la façade de l’hôpital. C’est un autre hôpital à Saint Paul de Mausole. Il sort de l’hôpital d’Arles…

Oui.

Mais son état ne s’améliorera pas finalement. Et donc après une autre énième crise il décide par lui-même… En ça on pourrait peut-être penser à la bipolarité parce qu’il y a un moment de conscience.

Oui.

Et c’est peut-être dans ces moments où il a conscience de lui-même qu’il est le plus déprimé. Celui qui est totalement fou finalement ben n’est pas déprimé parce qu’il n’a pas conscience de ce qu’il est.

Il n’est pas conscient de son état oui.

Et là il en souffre et à sa demande il se fait interner à Saint-Rémy-de-Provence. Et l’hôpital s’appelle Saint Paul de Mausole. Et là…

On a beaucoup de peinture de cette période-là oui. Le mouvement des arbres…

Ah lala.

Il accentue ça.

Oui oui.

Le sol avec ses… également ses stries de couleur. Et encore une façade jaune.

Oui. Plus posé mais…

Quand il a des moments de répit dans cet hôpital, il peut sortir. C’est le moment il faut aussi le dire. Les hôpitaux psychiatriques j’entends on les conçoit comme des prisons. On ne les comprend pas bien les malades c’est un peu la camisole de force.

Oui oui oui oui.

Mais il a ce traitement à part effectivement et donc c’est aussi peut-être une forme déjà thérapeutique de… de guérison de lui donner des pinceaux.

Ah oui d’accord.

Et comme ça il peut autour de l’hôpital aller peindre quelques motifs et…

D’accord.

Et en retirer ces belles peintures. Figures-toi que lorsqu’il va peindre certains portraits dans cet hôpital du personnel, je ne sais plus lequel des médecins quand il lui offre la peinture une fois réalisée un magnifique tableau et bien ce soignant le refuse le tableau en disant que de toute façon ça ne vaut rien du tout. C’est amusant ?

Ben oui.

Quand on voit que les…

Maintenant maintenant maintenant c’est bien marrant.

Que c’est les tableaux les plus chers du monde.

 

C’est une tempête une tempête végétale.

Ah c’est dingue.

Oui.

 

Et ça s’amplifie. Ça s’amplifie.

Oui.

Et Théo intervient parce qu’il sent dans les lettres… lui est resté à Paris le frère Théo. Et dans les lettres, l’état est également le même la déprime et les doutes, le grand drame de Vincent. Et il décide de lui proposer de remontrer vers Paris. Et c’est à ce moment-là…

Pour l’avoir près de lui en fait ?

Tout à fait. C’est vraiment il a un côté très maternel Théo…

Oui oui.

Un soutien moral financier le frère et un grand ami.

 

Il n’a pas eu beaucoup d’amis finalement qui l’ont compris Vincent hormis son frère. Et il choisit très bien Théo pour son frère : Auvers-sur-Oise. Auvers-sur-Oise c’est peut-être Paris mais c’est la campagne. C’est calme. Des peintres y sont allés très souvent avant lui. Et puis surtout il y a cette personne qui sera importante c’est le docteur Gachet qui est très réputé.

Vincent va arriver donc à Auvers-sur-Oise donc là on est au début de 1890 là c’est vraiment la toute dernière fin les derniers mois de Vincent. Ce tableau ici date de 1890.

Oui.

Et il est hébergé dans une auberge : l’auberge Ravoux. Je la cite parce qu’aujourd’hui à Auvers-sur-Oise, le nouveau propriétaire a reconstitué le décor. Et dans ce café restaurant et bien il a laissé la table de Vincent là où il s’attablait régulièrement. Et avec beaucoup de respect, il a installé quelques objets comme si Vincent allait revenir. Donc on peut vraiment faire aussi un beau voyage si on veut aller voir…

Oui sympa.

Les paysages de Vincent…

Sympa.

Parce qu’aujourd’hui on connait bien la ville d’Arles, toutes les villes où Vincent est passé : Saint-Rémy et Saintes Maries de la Mer…

Oui.

Avec les peintures de Vincent. Et d’ailleurs sur ces sites-là, dans le paysage il y a des panneaux où les peintures sont reproduites. On peut voir les deux dans le même regard.

Extra extra.

Ça c’est vraiment très très bien fait. Et c’est un… c’est un très bon médecin. Ici d’ailleurs il lui consacre 2 portraits avec une branche d’un végétal qui va servir beaucoup pour soigner. Le nom m’échappe à l’instant de ce végétal. Il me reviendra peut-être.

Aidez-nous.

Oui si l’avez aidez-nous là.

N’hésitez pas.

Oui oui oui.

Vous nous faites un petit truc ok.

Il a peut-être soigné Vincent justement avec cette plante-là. Et c’est un amateur d’art surtout. Il a rencontré beaucoup d’autres artistes. Il y a Camille Pissarro le patriarche des impressionnistes qui est venu à Auvers. Le grand Paul Cézanne est venu à Auvers. Et ils ont partagé ils ont échangé avec le docteur Gachet.

Ah d’accord.

Lui-même est peinture amateur.

D’accord.

Il est peintre amateur.

Donc lui il le prend le portrait ?

Et lui il lui achète quelques peintures.

D’accord.

Voilà. Donc Vincent oui de son vivant a vendu.

Donc il vend.

Et au moment où il est le plus mal psychologiquement et bien il commence à avoir pourtant des critiques qui deviennent positives parce que c’est vrai que ses tableaux au début n’ont pas trouvé vendeur. Les impressionnistes au début ils ont choqué ça on le sait très bien aujourd’hui il faut avoir un peu de patience et de persévérance pour que ça paye finalement.

Et là et bien on pense enfin le docteur Gachet pense qu’il peut soigner Vincent. Et Vincent pendant quelques mois va beaucoup discuter,

Consulter…

Consulter…

Discuter d’accord.

Echanger sur l’art et peindre ce petit village qui aujourd’hui nous est connu à travers ces images.

 

Alors je montre peut-être cette fameuse Eglise d’Auvers sur Oise.

Ce ciel.

Qui est tremblante.

Oui oui oui.

Elle est toute fragile. Elle est brimbalante le ciel noir tourbillonnant. C’est… c’est difficile c’est très très difficile.

Oui c’est très très difficile très beau.

C’est une branche de digitale…

Ah oui.

Cette arbre.

Ok d’accord.

Et je m’en rappelle maintenant.

Bon alors n’écrivez pas enfin sauf si.

En fait ben oui je sais que c’est un produit très délicat à manipuler. Il ne faut pas la toucher avec les doigts parce qu’après si tu mets les doigts au visage, tu peux pendant un moment devenir aveugle.

Ah ?

C’est vraiment un poison…

D’accord d’accord.

A mauvaise dose…

Ok d’accord.

La digitale voilà ça m’est revenu.

 

Et on termine avec le dernier tableau de Vincent : le Champ de blé aux corbeaux.

C’est son dernier tableau ?

C’est son dernier tableau. Comme il en a l’habitude le matin on l’entend dans l’escalier de l’Auberge descendre l’escalier bruyamment et partir pour peindre…

Toute la journée ?

Toute la journée.

Oui.

Et seulement là il revient sans rien dire à personne vraiment il va souffrir en silence. Il va un peu mourir comme un loup dans sa tanière. Il sait entre temps il a peint un peu le tableau. Et on ne sait pas exactement là encore il y a une énigme autour de ça, on le retrouve avec une balle il s’est tiré sur le côté. Mais il arrive quand même à rentrer jusqu’à l’auberge. Et il va agoniser péniblement pendant 2-3 jours.

Ce tableau d’ailleurs il marque un arrêt. Remarques bien qu’il n’est pas allé jusqu’au bout du chemin dans le tableau. Le tableau s’arrête brutalement.

Ah oui. Le chemin ?

Et puis… Oui le chemin oui. Le chemin s’arrête brutalement étrangement. Les corbeaux, aussi nombreux qu’ils planent aussi bas, il a peut-être peint un cauchemar enfin un état d’être à l’époque à ce moment-là qui était particulièrement…

Donc en 2-3 jours il a…

Alors Théo a le temps d’arriver. Et puis il est très calme il fume sa pipe il discute un petit peu mais il est résigné.

Il se laisse partir aussi voilà.

Il se laisse partir je pense que… après peut-être voilà respecter sa dernière volonté. Théo s’est marié. Ils se sont vus quelques jours avant. Avec toute la délicatesse que pouvait avoir Théo, il a quand même bien compris qu’il était une charge, un [.] un fardeau. Et il ne veut pas lui infliger ça Vincent

Vincent c’est ce qu’il lui écrit non ?

Il lui écrit bien sûr et il ne veut pas lui infliger ça peut-être plus longtemps. Alors maintenant récemment il y a une autre théorie qui a été évoqué…

Ah ?

J’en parle après ce n’est pas maintenant qu’on va en trancher…

Oui oui.

Mais des garnements qui… Vincent était toujours le souffre-douleur quand il est à Arles. Déjà dans la première période personne ne voulait poser pour lui. Il est assez dur à approcher.

Oui.

Et des gamins venaient l’embêter à chaque fois qu’il posait son chevalet…

D’accord.

Lui balançait des cailloux. Et récemment on a appris tout à fait par hasard que des gamins avaient réussi à trouver un pistolet dans la maison de leurs parents et qu’ils s’amusaient à tirer sur les oiseaux peut-être les corbeaux des choses comme ça.

Et peut-être que finalement c’est l’un des garnements qui aurait accidentellement bien évidemment tiré ce coup de pistolet fatal à Vincent. Et Vincent dans sa grandeur d’âme dans sa bonté n’a pas voulu…

N’aurait pas voulu…

N’aurait pas voulu voilà incriminer l’enfant et comme de toute façon…

Oui il en avait…

Voilà…

Ce n’est pas…

Tout était fait tout était dit et à quoi bon finalement.

Bon allez on se gratte la tête pour trouver un truc pour finir sur une envolée un peu plus lyrique quelque chose de plus exaltant.

Ben moi je…

C’est extraordinaire ce qu’il nous laisse là.

Oui.

Extraordinaire.

C’est tout à fait un peu alors… on peut un peu la vie de… comme James Dean finalement…

Oui.

Trop vite…

Oui.

Trop fort…

Oui.

Et trop court.

Oui

Voilà.

Brélé de l’intérieur et de l’extérieur enfin voilà

Oui.

Complètement.

Mais le signe positif c’est ce renversement complet. Comment un homme qui a aussi autant douté aussi peu vendu autant souffert peut aujourd’hui susciter…

Oui.

Autant de joie…

Oui.

Et… et de passion

Ah oui ah oui.

Ça c’est…

Surenchères etcetera oui oui ils les revendent.

Et finalement on peut dire qu’il a réussi finalement sa mission qu’il s’était...

Le seul truc c’est que…

Il ne l’a pas su.

Il ne l’a pas su. C’est son drame à lui mais en tout cas elles ont…  elles ont porté elles ont…

 

Bon waouh. Vous voyez on en apprend plein plein plein là encore une fois des détails.

C’est dur ? C’est très dur ben…

Oui oui.

La vie des grands artistes qui se nourrissent de leur souffrance.

Voilà on termine cette petite… ce n’est pas une série ces deux vidéos. On pourrait en tourner 200 je ne sais pas sur toutes ces histoires en vous parlant du petit Vincent-là voilà celui qui au final signait avec son prénom qui est devenu un des prénoms les plus célèbres du monde.

Pas besoin de préciser le nom de famille. Et c’est aussi sans doute la modestie…

Oui.

Tu as raison. Sa modestie par rapport à cette grande famille

Ah ce n’est pas de la fluatation du tout c’est le fait non au contraire je… voilà.

Voilà lui c’est vraiment un petit… c’est un prénom il ne… il n’a pas conscience de s’être fait un nom dans l’art et par rapport à sa grande famille où il y a les marchands, le vice-amiral, son papa pasteur. Ben lui Vincent en minuscule…

En minuscule

Ça lui suffisait.

Oui oui oui. Pas pendant un moment très peu de temps malheureusement.

C’est bien vu.

Voilà. Super.

Merci Frédéric.

Merci merci. Merci Nicolas merci à vous tous à très bientôt.

Nicolas Feliers

Nicolas Feliers

Nicolas est Intervenant en Histoire de l’art à l’Institut Supérieur des Techniques de Communication (Lille) :

 - cours de culture générale, Guide-conférencier des Villes et des Pays d’Art et d’Histoire,

 - vice-président de Vauban Loisirs Animations Culture (Lille),

 - Guide-conférencier au Musée de Flandre (Cassel),

 - guide-conférencier pour l’Office de tourisme de Roubaix.

 

Créations de circuits pédestres, bus et vélo, Conférencier pour l’association Les Amis des Musées de Lille,  

Guide-conférencier au Musée La Piscine, Roubaix,  

chargé de mission pour l’Association des Conservateurs des Musées du Nord-Pas-de-Calais,

chargé de mission pour l’Association des Conservateurs des Musées du Nord-Pas-de-Calais.

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Discipline Conférences
Difficulté Initiation
Genre Les Conférences
Durée de la Vidéo 27mn23