Elisabeth Vigée-Lebrun. La révolution

Nicolas on continue. On continue dans cette magnifique aventure de cet artiste incroyable.

Elisabeth Vigée-Lebrun qu’on avait quitté la dernière fois dans la première séquence.

Oui

Au moment de la révolution.

Dans quel état voilà

Alors elle qui est royaliste  on rappelle les portrait le contexte c’est qu’elle est la portraitiste quasiment officielle de Marie Antoinette.

Oui

Et la révolution …

Sacré business woman aussi ? C’est ça au fait ?

Oh oui oui oui, oh oui oui tout à fait, quelqu’un de carriériste on peut dire.

Oui

Et effectivement elle va devoir… elle va suivre la chute de la monarchie.

Oui oui.

 

Alors le moment est assez particulier, ici on regarde une première image ensemble si tu veux.

Oui.

C’est un portrait de la comtesse du Barry. On est en 1782 on revient en arrière

82 ok.

82.

D’accord.

Elle a déjà fait une fois un portrait d’elle. Celui-ci c’est le deuxième que je te montre  donc dans sa pleine période de succès de gloire d’apparat  de parure et de richesse.

De la comtesse ? tu…

D’Elisabeth Vigée-Lebrun.

Ah oui l’artiste.

Il faut il faut le rappeler un petit peu une page historique…

Oui.

C’était la favorite de Louis XV. C’est l’ancienne génération par rapport à Elisabeth qui à l’époque est une jeune femme très belle et élégante. Ici bon ben c’est la… oui c’est l’époque de Louis XV. Alors pourquoi je te montre ce deuxième portrait ? Parce que quand la révolution commence avec la prise de la Bastille, ce jour-là elle effectue le troisième portrait de la comtesse du Barry…

D’accord.

A Louveciennes. Celle-ci est… parce qu’après la mort de Louis XV, la comtesse du Barry a été exilée comme tous les favoris. Et donc elle vit retirée dans son château à Louveciennes avec un très beau parc.

Oui ?

Et elle côtoie encore quelques personnalités de la cour dont Elisabeth Vigée-Lebrun.

Ok.

Et au moment où elle fait la séance de pose, ils entendent au loin puisque Louveciennes n’est pas très loin, toner les canons et c’est la prise de la Bastille. Elisabeth n’a pas le temps de terminer son tableau. Sa belle demeure qu’elle s’est fait construire avait déjà été taillée. Elle a peur pour elle et elle lâche le pinceau, elle quitte brutalement la séance et finalement le troisième portrait elle ne le finira que 25 ans plus tard alors que la du Barry comme on le sait a été guillotiné…

Ok.

Au moment de la révolution.

Donc elle s’en sort et d’un tu vas…

Elle s’en sort.

Elle va s’en sortir elle va s’en sortir.

Elle va s’en sortir…

Ok ok.

 

Mais on va regarder l’image suivante.

Et oui.

Alors çà ça nous rappelle une image qu’on a vue dans la première séquence. On voit Elisabeth qui fait son autoportrait avec sa fille Julie. Le premier qu’on avait montré et qui avait été très apprécié d’ailleurs à l’époque, on l’avait appelé la tendresse maternelle. On avait évoqué les sentiments qu’on affiche qu’on montre et une proximité avec les enfants.

Et bien cette femme qui est très moderne comme tu le disais elle va elle va elle va fuir Paris.

Oui.

Elle sent vraiment là l’épée de Damoclès au-dessus de sa tête et c’est très moderne  cette femme puisqu’elle part sans son mari.

Donc en 89 ?

On est en 89  Elle a terminé l’été 89.

L’été 89 oui.

Elle a laissé le portrait en plan la du Barry.

Ses pinceaux tout elle jette tout.

Elle monte dans la première diligence qu’elle trouve, en compagnie de sa fille.

D’accord. Elle fuit Paris.

Et elle fuit Paris. Alors elle sera exilée. Elle ne sait pas combien de temps au départ. Ça va finalement durer 13 années.

D’accord.

13 années. Elle va en profiter parce que…

Elle était où ?

Ben elle va faire le grand tour.

D’accord. Ah oui le fameux oui.

Le fameux grand tour. Elle n’a jamais eu l’occasion de le faire. C’est le bon moment entre guillemets. Et ce qu’elle va surtout constater c’est qu’elle est célèbre dans l’Europe entière. Et c’est le tableau qu’on va regarder ensemble…

D’accord.

Toujours des portraits mais elle va sillonner un petit peu différents pays. Alors le grand tout c’était aussi la tradition artistique chez les créateurs mais également chez les gens de bonne famille, un voyage culturel d’initiation. Ça passe beaucoup par l’Italie.

Oui.

 

Alors elle commence en Italie. Elle va d’abord arriver alors les plus grandes villes  bien sûr Rome. Elle va aller aussi dans le sud. On regardera un petit peu le sud. Ici on voit un autoportrait qu’elle exécute elle arrive à Florence. Et à Florence il y a le musée des offices. Et tu connais peut-être le fameux Corridor Vasari où il y a toute une série d’autoportrait d’artiste.

D’accord.

Et l’académie de Venise lui commande un autoportrait. Et c’est là qu’effectivement comme je le disais à l’instant, elle constate sa célébrité qui a dépassé les frontières de la France. Alors ici elle est en train de travailler  toujours  cette manière assez travaillée quand même puisqu’avec cette fraise enfin bon il y a un petit…

C’est élégant ?

Quelque chose d’un… oui.

Oui j’aime bien

Peindre dans cette tenue est quand même un petit peu…

Oui Oui Oui Oui on se demande que ça un peu…

Le nœud à ceinture…

Un peu endimanché.

Oui voilà

Les peintres aujourd’hui…

Elle pose pour elle-même.

Oui oui.

 

Et alors je te montre. Tu vas me dire c’est pratiquement le même, c’est la gravure qui a été tirée de cet autoportrait qu’elle exécute et qui est réalisée par Dominique Vivant Denon. Le nom peut-être te dit quelque chose ?

Non.

Vivant Denon et bien alors lui c’est un… c’est un grand homme de l’art à l’époque. Il est considéré comme un des fondateurs de l’histoire de l’art.

D’accord

Il a été directeur du… ça a été le…  un des fondateurs du musée du Louvre notamment.

Ok.

Et puis également donc lui s’exile. Peut-être aussi une forme une manière de faire le grand tour. Elle le retrouve en Italie. Lui reviendra en France d’ailleurs et la suite de l’histoire c’est qu’il va s’approcher de la famille Bonaparte, Joséphine, et qu’il accompagnera Napoléon dans la campagne d’Egypte. On peut dire aussi que c’est un pionnier de l’Egyptologie.

D’accord.

Alors cet autoportrait c’est une lithographie  donc l’image est inversée. Elle est publiée dans un ouvrage l’année suivante en 1792. Encore une manière de voir des œuvres et de parler d’Elisabeth Vigée-Lebrun.

Oui cette notoriété est voilà… est bien installée quoi.

Elle grandit. Elle grandit…

Elle grandit.

Et finalement il n’y a pas de période de disette pour elle. Evidemment la mort dans l’âme elle qui parait au moment de sa gloire mais les commandes se multiplient affluent et elle est toujours en train de travailler.

D’accord cool oui.

 

Alors ici elle va montrer… on l’a remarqué, essentiellement elle s’intéresse à des femmes.

Oui.

Pas n’importe lesquelles d’ailleurs alors c’est vrai que c’est celles qui sont des femmes fortes importantes  qui ont un pouvoir d’achat…

Oui oui oui.

Mais également des personnalités. Et ici c’est Lady Hamilton. Alors Lady Hamilton c’est une femme d’une très grande beauté qui commence à Londres dans les tavernes où elle est remarquée pour sa grande beauté. Et puis finalement grâce à sa beauté elle va réussir une ascension sociale assez formidable puisqu’elle devient l’épouse de l’Amiral Nelson.

Et ici elle la rencontre… je te parlais du sud de l’Italie tu vois qu’elle ouvre sur un paysage…

Oui.

C’est le Vésuve…

Oui oui oui.

Qu’on voit ici en fumée  au loin. Tu verras d’ailleurs que le voyage, l’exil forcé finalement va faire évoluer sa peinture. Les paysages qu’elle traverse on les verra en arrière-plan souvent dans les tableaux. C’est ça qui sera intéressant d’ailleurs. Alors il y a une autre mode  puisque les modes se succèdent parfois assez rapidement. Et ici elle est parée à la manière antique on pourrait dire …

Oui.

Avec une sorte de toge…

Oui.

Une ceinture assez haute, des cheveux…

Des cheveux libres…

Volant au vent.

Un peu au vent oui oui tout à fait

Un peu comme une sorte d’amazone…

Un peu juste tâché oui.

Amazone antique.

Oui.

Elle est ici en bacchante. Alors les bacchantes dans la mythologie ce sont les servantes qui pratiquent les cultures des fêtes de Bacchus. On pourrait dire des orgies de bacchanale. Et effectivement c’était une femme assez sensuelle.

D’accord.

Donc une belle manière de lui rendre honneur.

Et un petit tambourin un petit truc…

Oui bien sûr effectivement elle fera 3 fois le portrait de Lady Hamilton.

C’est des commandes ? Des commandes.

Ce sont des commandes.

Des commandes à chaque fois ?

Effectivement.

 

D’accord.

L’un d’entre eux de ces 3 portraits de Lady Hamilton elle le garde avec elle et ça lui sert de carte de visite puisque finalement maintenant son atelier devient portatif puisqu’elle a tout laissé à Paris.

Oui.

Et son mari d’ailleurs est chargé de gérer les biens, la famille. Il va comme ça avoir le rôle. D’ailleurs, c’est l’anecdote qui est assez intéressant : ils vont divorcer. Ils vont divorcer pour protéger les biens familiaux pour ne pas qu’ils soient vendus aux enchères au moment de la révolution par les révolutionnaires.

 

Alors on regarde un autre portrait ici très intéressant.

Rouge.

Oui alors regarde bien ce visage,

Oui.

Il va te dire quelque chose.

Ah pas de… colle ne me colle pas.

C’est le physique Habsbourg. Elle ressemble vraiment à Marie Antoinette.

Et alors ?

Et pour cause c’est sa sœur.

Ah !

Elle retrouve sa sœur en Italie. Ici c’est Marie-Caroline d’Autriche. Elle est reine de Naples et de Sicile. Effectivement la famille Habsbourg va placer  beaucoup de ses filles dans des positions très confortables de monarchie de royauté ou d’empire  d’ailleurs dans toute l’Europe.

Et ici comme elle l’a fait à Versailles pour Marie Antoinette, le même cadre d’apparat enfin on ne va pas revenir sur ces détails qu’on avait évoqués dans la première vidéo…

Oui oui oui ça marche.

Mais psychologiquement finalement cet exil, même si c’est un crève-cœur pour Elisabeth, elle retrouve ses marques très facilement avec des personnalités qu’elle a sans doute déjà croisées à Paris.

Elle ne se mélange pas  elle retourne toujours sur…  les mêmes…

Elle fait ce qu’elle aime…

Oui.

Ce qu’elle sait faire et…

D’accord Ok.

Et d’une certaine manière c’est vrai on ne verra pas vraiment une évolution dans sa manière dans son style de peintre s’attachant jusqu’à la fin de sa vie à peindre comme elle le faisait au début.

Académiquement quoi enfin tout ça ?

Oui ah oui et puis de manière très flatteuse. C’est le principe du portrait mondain.

 

Alors toujours…

C’est qui ça ?

Durant cette période de voyage, on est encore dans l’Italie du Sud  elle va à Naples elle va en Sicile. Elle rencontre ici Madame de Stael.

Ah oui ?

Madame de Stael. Alors Madame de Stael ici elle en fait le portrait un peu comme on le disait dans la première séquence à regard perdu, cette manière de regarder à distance dans le lointain qui donne un peu ce sentiment de l’inspiration, déjà un petit peu le côté romantique qui apparait. Ça c’est peut-être un élément novateur de sa peinture. J’étais un petit peu méchant quand j’ai dit qu’elle n’innove pas.

Oui.

Elle peint oui la touche reste la même. C’est ça que je voulais dire. Madame de Staël effectivement c’est une femme très importante c’est une femme très moderne. On l’a peut-être retenue pour la littérature. Ici elle pose d’ailleurs en Corrine. Corrine c’est un des ouvrages c’est un des livres les plus importants de Madame de Staël.

Madame de Staël c’était la fille du banquier suisse Necker, très important à Paris. Et puis elle va faire un beau mariage avec l’ambassadeur de Suède et... Et ici on retrouve ce gout à l’antique…

Oui ?

Qu’on avait vu…

Oui oui.

Avec la toge. Note que la chevelure  c’est vraiment l’élément typique pour la femme dans le portrait, a évolué. Ce type de coiffure tu retrouveras beaucoup dans d’autres portraits également.

D’accord.

Elisabeth Vigée-Lebrun dans ses souvenirs se targue se vante aussi d’être la première artiste peintre à demander à ces femmes de ne plus se poudrer les cheveux ou de ne plus mettre de perruque. Et c’est vrai que durant cette période d’exil, c’est pratiquement ce type de portrait-là qu’on verra sauf quand c’est la Reine de Sicile ou alors quand ce sera les impératrices en Russie comme tu le verras dans un instant.

 

Puisqu’elle a retrouvé la sœur de Marie Antoinette…

Oui

En Italie.

Oui.

Elle fait un crochet j’ai envie de dire inévitable à Vienne. Et à Vienne elle rencontre l’ambassadeur de Russie qui l’invite à venir en Russie en lui disant : « La grande Catherine vous attend. Vous y serez très bien accueillie ». Et là le voyage reprend. Elle effectue des centaines et des centaines de kilomètres il faut se remettre dans les…

Oui à l’époque à l’époque...

Voilà par diligence…

Des vraies…

Avec les pinceaux…

De vraies aventures.

Avec la petite Julie qui commence à grandir un petit peu mais enfin ça reste une enfant. Et effectivement donc elle arrive en Russie en 1795.

Oui.

Ce séjour russe dura 5 années.

D’accord d’accord.

Ce qui est assez important.

D’accord.

C’est une artiste à une carrière internationale… ça aussi c’est très innovant. A l’époque si on se replace dans le contexte, on a très peu d’artistes qui aient ouvert leur carrière dans un rayon géographique aussi développé. Et là il est prévu bien évidemment de faire le portrait de Catherine II, une autre grande femme, femme très forte…

Oui.

Qui va régner seule…

Oui.

Et une amoureuse de l’Art également de la littérature française  on parlait de Madame de Stael à l’instant. Et puis finalement ce portrait qui est prévu ne se fera pas parce que Catherine décède quelques mois plus tard en 1796. Mais elle a l’occasion d’être accueillie par toutes ces grandes familles de la cour russe comme c’était le cas également à Versailles. Et ici le premier exemple qu’on regarde c’est la comtesse Skavronskaia qui pose également ici dans une attitude…

Un peu détendue peut-être ?

Un petit peu plus détendue avec…

[.] Moins conventionnel ?

Ce coussin assez opulent…

Oui assez rouge

Assez volumineux.

Toute rouge enfin tout simple.

 

Il y a des accessoires d’atelier qu’on reverra très souvent notamment ce fameux coussin avec ses pompons et ses glands  très travaillés dans la passementerie. Ça c’est très typique.

Elle doit se trimbaler avec ?

Voilà tout à fait. Il y a quelques accessoires et celui-là en fait partie tu le reverras dans d’autres tableaux.

Ok.

Et puis plutôt un petit foulard ou un petit fichu sur les cheveux comme elle-même d’ailleurs le pratiquait. Elle dit Elisabeth avoir lancé une mode j’ouvre une autre parenthèse mais en Italie elle découvre aussi la lumière du midi et la chaleur. Et ces femmes se voilent pour éviter justement d’être gênées par cela.

Seulement elles portent des couleurs assez sombres. Et elle va décider d’avoir des foulards de couleurs plus vives  notamment des rouges. Et elle dit après le passage, quelques jours après toutes ces femmes portent des voiles rouges. Et elle lance des modes et elle en est très contente.

 

Alors ici c’est le portrait d’une autre princesse…

Oui.

La famille Dolgorouki qui va l’accueillir chez elle. Et ici cette princesse…

Toujours en Russie ?

Toujours en Russie oui.

Oui.

Elle va… ici d’ailleurs l’hommage à cette femme qui est aussi quelqu’un de très passionné par la littérature, s’il l’a présenté avec un livre.

Avec un bouquin oui.

Elle tenait un salon comme Elisabeth faisait aussi quand elle est à Paris. Chez elle elle recevait du monde, des personnalités importantes. On avait parlé des musiciens. On avait parlé aussi des hommes politiques de l’époque Kalog le ministre des finances. Et donc ici et bien cette effervescence artistique de rencontre, de discussion, d’échange continue en Russie c’est une période très belle pour elle. Note que le fond est beaucoup plus simplifié. J’ai presque envie de dire austère.

Oui.

Il n’y a ces draperies.

Oui c’est vrai c’est vrai c’est vrai.

Et là elle marque une évolution qui sera celle du temps vers ce qui sera le néoclassicisme. Elle était amie du peintre David. David ce sera aussi le peintre de la révolution.

Et dans ses tableaux sur les fonds, on a juste quelques éléments d’architecture comme ici ce pilastre et un fond travaillé dans des cannelures de gris, de marron et de sombre. Ça c’est quelque chose de très important certainement pour elle cette influence, toujours à regard perdu  cherchant l’inspiration comme on l’a évoqué également.

 

Alors là ça contredit exactement ce portrait qu’on vient de regarder.

Oui oui oui oui oui.

C’est tout à fait normal. C’est l’impératrice.

Et ben voilà, nous y voilà

Alors la grande Catherine est décédée mais sa bruie va arriver au pouvoir. Et ici elle fait le portrait de cette nouvelle impératrice Maria Fedorovna, la première parce qu’il y aura au XIXème siècle une autre impératrice Russe qui portera ce nom-là.

D’accord.

Alors là l’étiquette veut que l’on respecte une certaine procédure. Dans l’opulence rien n’est trop beau. La robe on sort le grand jeu j’ai envie de dire  la robe à grand panier, là la draperie rouge, un détail d’architecture qui doit faire penser à ces magnifiques Palais russes je ne sais pas si c’est… c’est lui qui est devenu le fameux musée de l’ermitage à Saint-Pétersbourg ou si c’est un palais moscovite mais on y voit…

On se souvient

Un équivalent oui je sais

On en vient. Ce n’était pas perdu mais j’en viens.

Et là encore une fois une personnalité importante. Figure-toi qu’elle était très passionnée par l’Art. Elle va avoir une influence considérable sur l’évolution artistique en Russie en étant un mécène.

Oui

Et également une femme importante également pour les jeunes filles Russes puisqu’elle ouvre une école ouverte aux Filles. Et ça c’est très innovant puisqu’on disait dans la première séquence que malheureusement les filles de bonne famille, elles allaient seulement au couvent.

Oui oui de la bonne manière.

Elle voudra prendre le pouvoir. Cette impératrice a passé 25 ans dans l’ombre de sa belle-mère Catherine II. Et elle voudra essayer d’être impératrice et de régner pour elle-même. Et puis finalement ce sera le mari qui va s’octroyer ce rôle.

 

Ici je te montre une autre…

Un autre portrait.

Un autre portrait de cette période russe toujours  où là effectivement on va voir apparaître l’animal de compagnie un autre… un autre détail qui fait partie également de la distinction de la noblesse ou de l’aristocratie.

Dans les bagages toujours ?

 Le fond toujours sombre…

Oui.

Le foulard.

Rouge là

C’est une artiste qui même si elle travaille dans cette richesse dans cet étalage de luxe et d’apparat, va quand même essayer la plupart du temps d’encourager ses modèles à se présenter de manière beaucoup plus…

Sobre ?

Sobre.

Naturelle ?

Moins gardée.

Oui oui naturelle nature.

 

Ce portrait-ci…

Oui ?

Tu retrouves la même coiffure que tout à l’heure pour Madame de Stael en Corinne, la même tenue également, ce drapé à l’antique.

Oui.

Et ici c’est une princesse.

Très beau.

Alors je regarde un petit peu parce que les noms  sont moins familiers aujourd’hui, c’est la princesse Ivanovna Naryshkine.

D’accord.

Naryshkine c’est une très grande famille puisqu’au XVIIème siècle il y a un empereur russe qui va épouser une fille de cette grande famille.

D’accord.

Donc elle fait aussi partie de la suite de l’impératrice.

Retour à l’antique, ça c’est la grande mode.

Déjà au temps de sa splendeur à Paris Elisabeth Vigée-Lebrun avait fait sensation lors d’un diner qu’elle avait réalisé à l’antique. Il y avait des invités qu’elle avait parés très simplement en prenant des draps dans son atelier. Et ces femmes élégantes elle leur avait installé ses draperies flottantes. Et on était un peu dans ce courant de retour…

D’accord.

Au grec.

D’accord.

Et ce diner a été une très très grande réussite. Ça a été un beau succès donc elle a peut-être une manière de… voilà de retrouver un petit peu…

D’accord.

Ses souvenirs…

Ok.

Qu’elle revit à travers ses portraits.

A travers l’Europe enfin…

 

Louise de Mecklembourg. C’est une princesse d’origine allemande. C’est vrai que l’Allemagne va donner à travers ses princesses beaucoup d’impératrice en Russie. Ici elle sera reine de Prusse. Le portrait date de 1801. Ça y est on est arrivé au XIXème siècle.

Elisabeth Vigée-Lebrun c’est intéressant elle fait l’injonction entre 2 périodes. Elle est de l’ancien régime mais elle ouvre vers XIXème siècle même si effectivement par rapport à la nouvelle génération de peintre, elle sera complètement en décalage. Elle va assister à la naissance du romantisme avec le peintre Delacroix par exemple…

D’accord.

Les peintres de plein air également, les Barbizon notamment. Elle décède en 1847 Elisabeth. On parlera de la fin de sa vie avec une dernière image tout à l’heure à 87 ans.

 

Ici je te montre un portrait d’une grande femme de la musique à l’époque qu’elle rencontre en Italie puisqu’elle-même c’est une chanteuse d’opéra et d’opérette italienne, Giuseppina Grassini dans le rôle de Zaïre. Alors tu vois le costume qui montre aussi justement le goût du voyage au XIXème siècle vers l’exotisme.

Oui oui c’est ça.

Il y a ce côté un petit peu cette parure.

Oui.

Alors Zaïre là on retrouve la littérature qu’Elisabeth connaît sur les bouts des doigts, c’est un… c’est un écrit de Voltaire. Et Zaïre qui est ici le portrait dans lequel est costumée la chanteuse c’est l’époque des croisades. C’est une jeune chrétienne qui vit dans la tradition de l’Islam et c’est tout à fait aussi dans l’ouverture des siècles de lumières d’essayer de communiquer entre les religions et les tolérances.

Ça c’est Voltaire et les Philosophes.

Oui d’accord d’accord ça marche.

 

Une autre femme de la musique. La même coiffure encore une fois  avec cette petite pèche de cheveux…

A base de la mode ?

Qui ah oui oui c’est…

C’est dingue ?

Fashion victim un petit peu.

C’est dingue.

 

Fashion victim de l’époque.

Mais il y a un mimétisme comme ça  qui est assez fascinant, ce regard avec les yeux vers le haut c’est vraiment… Elle est en pleine…

C’est jolie  c’est

En plein période de chant là  ici on pourrait presque j’ai envie de dire un portrait très musical.

Oui.

Et ce très beau halo de lumière autour d’elle autour de son visage…

Ce vêtement blanc.

Qui fait resplendir le blanc du vêtement. C’est magnifique.

Oui oui c’est beau.

Alors elle est une Italienne qui aura un très très grand succès dans la musique. Elle va faire partie des cœurs de la cour d’Espagne. Elle va rencontrer un officier Français là-bas qu’elle va épouser. Elle va faire un grand tour d’Europe. Elle va passer quelques années en Angleterre à Londres où elle est en contrat. Et c’est finalement…

Et c’est tout.

A la fin de sa vie elle revient en Italie et d’ailleurs elle ouvre une école de chant pour jeunes filles qu’elle dirige également…

D’accord.

Après avoir amassé une grande fortune et avoir beaucoup bourlingué j’ai envie de dire. Donc sa trajectoire est assez proche en parallèle…

Sacrée nana oui à Elisabeth.

Oui elle en croise des femmes.

C’était une sacrée nana oui oui

Il y a des femmes quand même très modernes à l’époque. C’est bien de les voir et d’en parler.

Ok super.

 

Et puis le retour en France. Alors le retour en France, le frère…

Tu dis 13 ans ?

Oui 13 ans donc elle revient après la période russe. Donc en 1801 elle revient une première fois.

D’accord.

Il faut dire qu’il y avait une pétition qui avait été réalisée, et 250 grandes signatures avaient apposé leur signature…

Pour la faire revenir.

Pour la faire revenir  parce que quand on est exilé, on saisit les biens, on est personna… personne non-grata.

Oui oui.

C’est vraiment être banni. Et puis finalement les choses se calment après la révolution…

Oui.

On arrive à la période de l’empire. Et là une nouvelle grande famille très puissante va prendre le pouvoir. Ce sont les Bonaparte. Et les commandes on va le dire s’alignent ça va redémarrer pour elle.

Les affaires redémarrent.

Les affaires redémarrent et ici elle a une première commande : les princesses Bonaparte. Ici je te montre la sœur de Napoléon qui va épouser le général Murat. Et ici c’est Caroline Murat.

1 ans avant ?

Elle est déjà mariée avant qu’elle ne devienne Reine de Naples.

D’accord.

Et donc ici elle est montrée comme une maman, comme elle a l’habitude de le faire Elisabeth avec une certaine rigidité peut-être.

Oui oui

C’est un très beau portrait.

C’est un type d’apparat voilà c’est formel en fait ?

Mais la proximité avec l’enfant…

Oui.

Tu regarderas le geste, ce n’est pas la tendresse maternelle où Elizabeth serrait très fort dans ses bras sa fille unique Julie. Il y a un geste de repousser l’enfant malgré tout  chacun à sa place.

Pour l’émanciper un peu ?

Oui et puis c’est l’époque où la famille Bonaparte habite à l’Elysée. Bon c’est une plus petite anecdote mais c’est une résidence extraordinaire où il y a des fêtes très somptueuses. Le style empire va apparaître là notamment.

Sauf que les relations vont très mal se passer avec cette famille Bonaparte et en particulier avec Caroline. Figure-toi qu’à chaque nouvelle séance de pose, tu parlais de fashion victim nous y voilà, elle arrivait avec une coiffure et une tenue différente. Alors elle en a marre Elisabeth elle dit ce n’est pas possible.

Elle va refaire tout…

Ben exactement.

A chaque fois.

Et puis elle arrive en retard enfin elle se permet des libertés.

Oui mal élevée quoi !

Elle dit Elisabeth dans ses souvenirs, la politesse enfin… la ponctualité est la politesse des Rois. Çà ça excite elle cite Louis XIV d’ailleurs quand elle dit ça. Et puis elle dit d’ailleurs des choses très dures. Elles n’ont de princesse que le nom mais elles ne sont pas à la hauteur de leur nom justement. Et ce sera l’unique commande pour la famille Bonaparte.

D’accord ok.

Alors l’anecdote de cette femme qui était aussi une femme carriériste, Caroline Murat elle va devenir Reine de Naples. Comme le mari Murat est toujours en campagne avec Napoléon…

Oui.

C’est elle qui règne d’une main de fer dans le sud de l’Italie. Et elle voudrait même renverser son mari. Et au moment de la chute de l’empire napoléonien, elle a même un projet d’une alliance avec notre ennemi l’Autriche. C’est pour te dire qu’effectivement elle était prête à aller très très loin. Et puis finalement la chute de Napoléon va entrainer également sa chute et son exil.

 

Alors on va regarder une dernière image parce qu’effectivement des portraits on pourrait en montrer des quantités.

Tu fais exprès. Tu fais exprès de ne pas mettre un portrait.

Elle en réalise 600 des portraits si tu te souviens bien.

Et tu ne termines pas sur un portrait ? D’accord

Justement non.

Justement alors.

Justement non parce que les voyages…

Oui

Ils lui ont ouvert d’autres perspectives,

D’accord.

Et notamment les paysages. Elle aime les paysages. D’ailleurs quand elle termine sa carrière et sa vie, Elisabeth s’est retirée à Louveciennes, souvenir de son amie la comtesse du Barry peut-être. C’est là qu’elle est enterrée. Et elle a eu l’occasion de peindre déjà des paysages mais qui sont des détails à l’arrière des tableaux.

Oui. Oui oui. Pour bien localiser en plus c’est qui…

Et là et bien elle va peindre aussi une série de paysages autonomes on va dire qui sont des sujets à part entière.

Paysage pur quoi.

Et là effectivement elle ouvre vers un nouveau sujet qui sera la grande conquête su XIXème siècle : c’est le paysage. Et des artistes très modernes on a cité Barbizon il y a quelques minutes, des peintres comme Turner en Angleterre, ceux qui font des grands voyages finalement qui recomposent la nature, vont montrer ce type de représentation.

D’accord.

A la fin de sa vie, on la pousse à rassembler ses souvenirs. Et c’est vrai que c’est formidable de lire ses souvenirs…

Elle a vécu des trucs incroyables.

Même si elle raconte ça dans une manière de glorifier un petit peu le rôle qu’elle a tenu.

Oui bien sûr. Elle écrit ses mémoires.

Elle écrit ses mémoires donc on se replonge un petit peu dans cette période où les femmes comme elle l’a dit  avait cette importance capitale dans l’Art et dans la société. Et ça c’était bon de le rappeler à travers…

Très bien.

Une carrière…

Oui super.

Assez longue.

Super nana. La conclusion c’était une super nana.

C’est une super nana certainement.

Bon merci beaucoup.

Merci Frédéric.

A très bientôt.

Je pense qu’on aura l’occasion prochainement peut-être de revoir d’autres grandes femmes.

D’autres à oui oui cette série sur les grandes… les femmes… les grandes… les femmes qui ont compté dans l’Art. C’est génial. On n’a pas fini d’en parler.

Merci.

A bientôt.

A bientôt.

Nicolas Feliers

Nicolas Feliers

Nicolas est Intervenant en Histoire de l’art à l’Institut Supérieur des Techniques de Communication (Lille) :

 - cours de culture générale, Guide-conférencier des Villes et des Pays d’Art et d’Histoire,

 - vice-président de Vauban Loisirs Animations Culture (Lille),

 - Guide-conférencier au Musée de Flandre (Cassel),

 - guide-conférencier pour l’Office de tourisme de Roubaix.

 

Créations de circuits pédestres, bus et vélo, Conférencier pour l’association Les Amis des Musées de Lille,  

Guide-conférencier au Musée La Piscine, Roubaix,  

chargé de mission pour l’Association des Conservateurs des Musées du Nord-Pas-de-Calais,

chargé de mission pour l’Association des Conservateurs des Musées du Nord-Pas-de-Calais.

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Discipline Conférences
Durée de la Vidéo 26mn11