La femme dans l'Art

Nicolas, on démarre, tu démarres aujourd’hui une série.

On démarre.

On démarre allez on démarre. On démarre une série de conférences sur la femme dans l’Art.

La femme dans l’Art effectivement ça va nous occuper pour quelques vidéos.

Oui super.

On regardera les grandes femmes artistes qui ont animé l’histoire de l’Art des périodes anciennes jusqu’à aujourd’hui. Et puis pour commencer la première qu’on va tourner ensemble ce sera de montrer les différentes images de la femme.

D’accord oui c’est ça. On fait un premier tour d’horizon en fait avant de prendre quelques grandes figures.

Dans le détail.

Voilà ok très bien. Donc alors comment on fait ? C’est ça qui est difficile c’est le choix.

Alors l’iconographie de la femme est très variée dans l’art et elle est toujours en rapport avec les époques.

D’accord oui.

On ne montre pas la femme dans l’art de la même manière qu’il y a plusieurs siècles en arrière. Et donc j’ai voulu très rapidement regarder ensemble un petit défilé des périodes anciennes.

 

La première image qu’on va regarder ensemble…

C’est quelque chose.

Ce sont les premières images de la femme durant la période préhistorique là on est -26 000 avant Jésus Christ. « La Vénus de Lespugue ». Alors elle était trouvée en Haute-Garonne. Elle est taille dans un os de mammouth.

D’accord.

Et là effectivement on verra une tendance qui se développera toujours dans l’art  effectivement, évoluant selon les époques, la femme selon sa fonction de génitrice avec un côté maternel hypertrophié ici la rondeur des fesses.

Quelques fois tu verras c’est moins le cas ici bon les seins qui sont assez marqués également, certaines qui sont des Vénus avec presque 50 paires de seins  la femme la génitrice.

Oui.

La mère.

Oui oui.

La fonction principale que les artistes de tout temps d’ailleurs vont mettre en valeur.

Elle est connue donc celle-là ?

Elle est très très connue il y en a de nombreuses autres versions qui ont un peu les mêmes canons esthétiques de cette manière-là.

Excellent c’était le début.

 

Alors la deuxième image effectivement on va regarder dans l’iconographie religieuse.

Oui.

Et les images montrent souvent la femme dans différentes situations et ça va nous marquer encore durablement jusqu’à aujourd’hui sur les relations homme femme.

Ici on voit un peinture d’un primitif flamand Hugo van der Goes…

D’accord.

Qui nous montre la fameuse scène du péché originel.

Oui oui.

Adam et Eve…

Sacrément exploité oui.

Sont en train de commettre la faute. Eve tient le fruit elle va passer un second fuit à Adam. Elle a déjà croqué la pomme et effectivement c’est la chute de l’homme. C’est la fin du jardin d’Eden.

Oui oui.

Alors effectivement la bible a cette tendance à faire porter la faute d’abord sur Eve sur la femme. Il y a un certain dénigrement qui va dans la pensée judéo chrétienne marquer très longtemps.

Notes bien que dans le Coran, l’épisode est également évoqué et là… pourtant on a quelques fois tendances à croire que la place de la femme dans le Coran est moins large que dans nos sociétés occidentales.

Oui oui.

Et bien là le Coran dit que Adam et Eve commettent ensemble en même temps la faute alors que nous on dit que l’homme …

C’est elle qui tente.

 C’est d’abord le serpent le serpent que tu vois ici…

Oui oui c’est vrai c’est vrai

Qui va tenter Eve…

Oui.

Eve qui va craquer et qui va aussi dans un second temps indirectement…

Tenter Adam.

Tenter Adam.

Ok.

On voit d’ailleurs la chute de l’humanité c’est très beau dans cette image avec ce paysage qui descend sur la droite du côté d’Eve où là la nature est en perdition. Elle est complètement éteinte on est dans des marrons ça devient aride. Très très belle image mais là la femme n’a pas le bon rôle entre guillemets.

 

Alors l’image suivante toujours dans l’imagerie chrétienne : « la danse de Salomé ».

On est quand ?

Alors là c’est un très bon sculpteur c’est un artiste qui s’appelle Jules Desbois.

D’accord.

Il a été praticien chez Rodin…

Un français en plus.

Et effectivement on voit d’ailleurs  cet art moderne en sculpture dans le mouvement dans l’expression du mouvement dans cette sensualité, la danse de Salomé on se souvient tous de l’épisode biblique, elle dans devant le roi Hérode…

Oui.

Il est séduit  parce que la femme c’est lé séductrice ce sera souvent l’image de la tentatrice dans l’art. Et effectivement pour la remercier, demandes moi ce que tu veux. Elle ne sait pas quoi demander. Et sa mère très sournoise lui glisse à l’oreille demande la tête du prophète Jean Baptiste qui vient d’être arrêté par le roi Hérode.

Et lui est coincé  il doit obéir à sa promesse et il contraint à faire exécuter le prophète Jean Baptiste.

D’accord.

Et c’est là qu’on entre dans les catégories de femmes fatales au sens premier du terme, fatales pour l’homme en tout cas en tout cas pour Jean Baptiste. Et ces grandes héroïnes bibliques vont être très nombreuses. On regardera juste après si tu veux la tête de Julite qui est un petit peu la même histoire qui se répète…

D’accord.

Chroniquement.

D’accord oui c’est actualisé oui d’accord.

Alors la sensualité effectivement ça c’est l’image de la femme le plus dans l’art. On rappellera aussi que longtemps les artistes ont été homme, et leur sujet favori c’était de montrer la femme.

Oui oui.

 

Voici justement un thème qui est très proche : « Judith et Holopherne ». Alors Judith de Métuli, la ville de Métuli en Israël va être envahie par Nabuchodonosor.

Oui.

Il envoie son général Holopherne qui conquiert la ville. Judith, pour essayer de contrer cet envahisseur va s’introduire chez lui la nuit dans sa tente pour le séduire. Et au moment où celui-ci serait séduit, c’est la scène que l’on voit très violent  on a un peu l’impression d’assister aux faits divers. Elle va profiter du fait qu’il ne se méfie plus pour venir l’égorger avec sa servante.

Et là…

Très crue.

C’est une image qui est très intéressante parce que l’artiste qui a réalisé ça ce n’est pas n’importe qui, c’est une femme justement.

Ah d’accord.

Artémisia Gentileschi artiste italienne…

D’accord.

Qui a travaillé dans la période du ténébrisme à peu près contemporain de Caravage…

D’accord.

Au moment de la contreréforme. Et cette femme avait une histoire incroyable.

Allez racontes.

En 2 mots on va la raconter.

Oui.

Elle est élève de son père. On évoquera d’ailleurs au cours de nos vidéos, comment dans quelle situation les femmes sont artistes dans l’art. On verra qu’il n’y a pas beaucoup de solutions au départ.

Elle est élève de son père Orazio Gentileschi. Et dans l’atelier elle apprend avec d’autres élèves. Et lors de cet apprentissage, elle racontera qu’elle a été violée par un des élèves. Et effectivement cette image quand je parlais de revanche…

Oui.

De manière un peu humoristique, finalement ça incarne un petit peu son autobiographie où elle se sentait agressée elle-même par les hommes. Et elle a produit beaucoup d’images avec un élan revendicatif certainement personnelles très très fortes. J’ai choisi de te montrer…

Féministe oui ?

Un peu féministe tout à fait.

Oui enfin… on la voit.

 Le terme est…

 

Et c’est encore cet artiste-là que je te montre dans l’image suivante.

D’accord d’accord.

Qui montre encore un sujet biblique : « Suzanne et les Vieillards ». On est à Babylone…

Oui.

La belle Suzanne elle est au bain.

Oui. Nue oui.

Innocente jeune jolie et elle se croit seule. Et les vieillards de la ville qui sont censés être les sages, ceux qui font régner la justice et l’ordre l’observent l’épient  ce sont des voyeurs.

Oui

Et ils essayent d’obtenir ses faveurs.

D’accord.

Comme elle se refuse, vexés ils vont au contraire l’accuser d’adultère. Ce qui est condamné à mort. Elle risquait de mourir Suzanne.

Heureusement le prophète Daniel d’ailleurs dans le livre de Daniel dans la bible c’est là où on évoque cette histoire, va réussir à confondre les deux traitres  finalement ces deux hommes lors d’un procès. Et là effectivement on voit très bien cette opposition qui est séparée par le goût d’ailleurs.

Par les couleurs aussi et tout ça également.

D’un côté il y a l’homme pervers et de l’autre côté cette femme innocente bafouée.

Pure claire blanche.

Effectivement et les clivages sont vraiment très très marqués. On parle aujourd’hui de l’égalité homme femme. Il faudrait voir encore dans quelles circonstances on en parle. Selon les régions du monde selon les pays c’est quelque chose qui reste encore à établir et donc les images nous le montrent bien.

 

Une autre image qui montre une autre iconographie de la femme dans l’Art.

Oui.

Dans quelle circonstance on peut montrer la femme dans l’Art ? Alors on l’a vu comme femme forte. On l’a vu comme une héroïne biblique.

Oui.

Et là on va la voir incarnant une allégorie. L’allégorie c’est la personnification d’une idée.

D’accord ok.

Par une personne. Et ici on a une très très belle sculpture baroque d’un artiste flamand qui s’appelle Guillaume Kerricx. Et l’image s’appelle « la Pénitence ». Et la Pénitence effectivement moi ça me fait beaucoup penser dans la bible à cette image de la femme qu’on voit beaucoup qui est le symbole même de la pénitence, c’est Marie Madeleine.

Marie Madeleine on dit c’est la courtisane qui va se mettre au service du Christ. Elle part du vice pour aller vers la vertu. C’est une image très positive. Certaines interprétations modernes d’ailleurs en font l’épouse de Christ. Si on reprend Dan Brown notamment, Jésus aurait peut-être eu une descendance  on n’est pas là aujourd’hui pour le préciser définitivement,

Ah lala oui.

Mais effectivement l’image, l’interprétation d’une femme comme Marie Madeleine aujourd’hui peut encore évoluer. Alors ici c’est une image qui est dans le cadre justement j’en parlais à l’instant de la contre-réforme, c’était pour des confessionnaux dans une église qui s’appelle Saint-Paul à Anvers. Et là et bien on y voit cette femme qui a l’air un peu... peut-être mélancolique en tout cas en pleine pensée en pleine réflexion en rédemption.

A ses pieds il y a le pélican. Ça c’est très intéressant comme image le Pélican. C’est aussi un symbole du don de soi. Et l’animal a la réputation de se percer le côté avec son bec pour se faire saigner et nourrir ses petits. C’est aussi l’image du Christ qui se sacrifie sur la croix. Donc ici bon c’est une petite figurine en terre cuite mais qui annonce de manière assez forte visuellement la psychologie de celui qui va entrer dans le confessionnal.

D’accord.

 

L’image suivante est encore une autre allégorie. Et là j’ai choisi toujours un artiste baroque un autre grand artiste flamand Laurent Delvaux.

Ok.

« La Charité romaine ». Alors « la Charité romaine » effectivement c’est ce personnage qui va faire ce geste très généreux d’offrir sa poitrine à cette homme qui est un prisonnier. Effectivement on est après l’antiquité romaine donc effectivement c’est bien plus tard mais on sait très bien que les images fonctionnaient comme de la propagande et c’était de faire voir de montrer ou de faire penser que l’annexion par Rome était un bienfait pour les pays colonisés.

Ok. C’est bien on est dans l’allégorie toujours là oui ?

Toujours dans l’allégorie  cette femme généreuse c’est l’abondance c’est le don de soie, une image très belle  dans la composition en oblique c’est ça le baroque un petit peu.

Oui oui.

Cette homme qui est complètement impuissant là on a est renversement  c’est plutôt l’homme fort habituellement et la femme qui est soumise ou qui suit. Ici au contraire c’est elle qui sauve.

Oui et au-dessus qui est au-dessus en plus.

Oui tout à fait qui domine dans l’image. Et puis très beau également, l’artiste nous donne à voir plus que l’image en tournant la tête de la Charité romaine sur le côté, elle qui regarde plus loin et qui…

Ça ouvre ça ouvre.

Voilà, qui réfléchit qui anticipe et qui pense déjà à l’avenir. Je trouvais que c’était une très belle image de la mise en valeur de la femme.

Très bien.

 

Alors on va continuer alors ici on entre dans un cycle gigantesque c’est une peinture de Rubens…

D’accord.

Pour Marie de Médicis. Rubens a beaucoup travaillé pour les cours royales. Il a travaillé un cycle complet pour Henri IV. Henri IV va épouser Marie de Médicis.

Ok.

Alors là effectivement on est dans le cadre d’une allégorie politique où on va mettre en valeur la Reine que tu vois pratiquement au centre de l’image  avec un drap rouge typique de Rubens.

Oui d’accord.

Et elle est mise en valeur directement reliée connectée avec les allégories que tu peux voir dans le bas à droite très rubéniennes très sensuelles dans les chairs rebondies. Evidemment il faut présenter la Reine aux Français sous ses meilleures apparences.

Et ce cycle de 24 images qui sont plusieurs mètres carrés, pas sur toile, chacun. C’est Rubens et son atelier bien évidemment on va raconter toute l’histoire de la vie de Marie de Médicis jusqu’à son arrivé en France. Ici l’image qu’on a choisie c’est son débarquement à Marseille. Alors la première image je pense que c’est l’éduction de Marie de Médicis…

D’accord.

Où elle prend des cours sous la dictée des muses. Et ensuite après cette image il y a le mariage symbolique  puisqu’il y a un représentant d’Henry IV qui arrive à Marseille et ensuite elle va rencontrer le futur Roi.

D’accord.

Donc ici effectivement l’image des femmes de pouvoir. En même temps le pouvoir de ces femmes, celui d’être Reine c’était surtout une fonction essentielle encore une fois c’était de donner la vie, donner une descendance à la dynastie royale. Donc effectivement la marge de manœuvre pour ces femmes même si elles sont très importantes  elles ont une foule de personnes à leur service, sont malgré tout très cadrée.

C’est clair.

 

Alors j’ai choisi de faire… c’est un peu notre principe

On fait un saut là.

De faire des sauts très…

On fait un saut.

Un grand saut dans le temps…

Grand grand saut.

La femme comme muse de l’artiste. Effectivement la femme c’est aussi pour un artiste une source d’inspiration intarissable. Et ici j’ai choisi une très belle photo c’est une des plus célèbre de Man ray, cet artiste américain qui a d’ailleurs commencé par la peinture. Et puis ensuite c’est surtout le photographe qu’on connait aujourd’hui : Man ray l’homme rayon finalement. C’est son pseudonyme.

C’est Kiki c’est Kiki de Montparnasse qui sera la muse de tout ce Paris di XXème siècle  qui aura une vie absolument extraordinaire, qui multipliera les conquêtes amoureuses, qui sera une grande séductrice. Et ici Man ray reprend une image très célèbre d’un tableau de femme par Ingres. C’est cette odaliste que l’on voit de dos.

Et le corps très beau de Kiki l’a inspiré ici et évidemment c’est un peu cet œil magique des artistes qui peuvent métamorphoser un sujet  derrière l’image banale de la réalité…

Développer détourner.

Il transcende et il voit apparaître ce violon avec ses courbes du corps qui sont parfaites. Il a juste à rajouter les 2 ouïes pour réaliser cette image.

Alors on verra qu’effectivement à ce moment-là je crois qu’on est en 1924, commence à apparaître de plus en plus fréquemment des femmes artistes. Ça ce sera la tendance qu’on verra évoluer.

Ce n’est pas le cas-là ?

Ça commence au XIXème siècle on comme à faire plus de place aux femmes dans l’Art.

D’accord d’accord.

Avant ça pour résumer un peu, on écarte beaucoup les femmes de l’Art. A quelques exceptions près il n’y en a pas sauf quand elles sont dans un milieu riche ou un milieu artistique. Et là effectivement la carrière de peintre est acceptée pour la femme qui n’a pas besoin de gagner sa vie tout simplement et de se justifier.

Oui d’accord.

 

J’ai choisi cette image très amusante…

Excellent enfin excellent.

Parce qu’effectivement quand on s’attend… quand on pense à la femme dans l’Art, je pense qu’on a tout de suite immédiatement chacun dans notre musée imaginaire mentale, des images très sensuelles de femmes magnifiques avec le nu enfin beaucoup de sujets de ce que l’on a montré d’ailleurs. Et là j’ai voulu partir dans l’antithèse.

Tu ne finis pas là-dessus si ?

Non.

Bon d’accord ça va là.

Après la muse très sensuelle…

Oui.

Après Kiki, je te présente le portrait de cette « vieille femme grotesque ».

Vieille femme grotesque ?

Vieille femme grotesque. Là c’est vraiment un portrait charge…

Oh lala.

Un primitif flamand encore une fois c’est un tableau extrêmement célèbre justement parce qu’il est complètement atypique. Il nous montre une femme comme on n’en voit jamais dans l’Art quasiment. Même si certains ont fait les portraits de… notamment la cour espagnole, de nains de nabots enfin de personnage un peu difformes en contraste simultanée pour mieux mettre en valeur la beauté de la Reine.

Oui souvent souvent.

 

Pas comme sujet principal. Là c’est presque une caricature non ?

Ben oui. Ça a d’ailleurs inspiré l’illustrateur qui travaillera pour la création d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carol, tu sais la vieille Duchesse  cette image a beaucoup inspiré. Alors cette image elle peut inspirer en même temps elle est très subtile je pense, plusieurs sentiments.

La première réaction logique je pense que c’est le rire  effectivement il y a beaucoup de ça peut-être. Mais ensuite et ça c’est beaucoup l’Art Flamand dans un second temps qui nous emmène vers un pensée plus profonde. Elle est très bien habillée cette femme. Quand on regarde elle est très élégante.

Oui.

Et finalement s’en moquer c’est un peu vache quoi. On peut imaginer elle était peut-être très belle dans sa jeunesse et puis le temps est passé. Alors est-ce que l’élégance est simplement réservé aux belles et jeunes et jolies jeunes femmes ? Ben la preuve montrée ici que finalement la beauté n’est pas justement qu’une apparence physique. Il y a un charme qui peut se dégager et qui est ici en tout cas peut-être avec cette riche parure.

D’accord.

La poitrine aussi fait sourire. Tout à l’heure on montrait la charité romaine. Ici cette poitrine flétrie qui fait penser à des cousins un peu écrasés, c’est assez…

Je te laisse le dire mais effectivement…

Certains trouvent un côté un peu masculin.

Alors oui oui ah oui oui oui presque.

Oui. Enfin voilà cette image-là vraiment montrait une autre image de ces femmes.

Bon bon on ne termine pas là-dessus ça va.

 

Non on ne termine pas là-dessus on va aller progressivement chronologiquement avec ici une image que j’aime beaucoup c’est un tableau qui est très peu connu…

Je ne connais pas oui.

Ça s’appelle « Le Serpent ». L’artiste s’appelle Robert Poughéon.

D’accord.

Robert Poughéon.

Français ?

Il est Français. Il est devenu Grand Prix de Rome donc il part en Italie. Et le paysage environnant est la campagne romaine.

Ok.

Le serpent c’est un détail sur le drap au premier plan. Alors il y a le serpent, il y a le jardin, il y a ces femme nues. On peut penser à une réminiscence du jardin d’Eden.

Oui.

Sauf qu’on a 3 femmes. Et quand tu lis de la gauche vers la droite…

Oui ?

Comme un texte finalement, tu vois un redressement de la femme…

Oui.

Tu vois 3 fonctions différentes de la femme. Celle de gauche elle pourra incarner celle qu’on voyait au début : la génitrice avec ce corps ouvert et offert.

Oui. Nue complètement nue

Celle du centre c’est un petit peu la vision aujourd’hui qu’on qualifiera de très misogyne de la femme objet de la femme fatale.

D’accord.

Par sa beauté un peu comme Salomé on a vu tout à l’heure, peut séduire et peut obtenir ce qu’elle désire, parvenir à ses fins.

D’accord.

Par contre celle de droite elle est complètement contemporain qui date de 1929. C’est une femme, avec un chapeau melon…

Femme d’affaire enfin oui une femme intime.

Avec des cheveux courts. Elle porte un pantalon, des bottes de cavalières. C’est un peu une amazone C’est vraiment la garçonne.

Oui garçonne.

Et là c’est une… c’est en lien directement avec le nouveau look qui apparait de ces femmes qui au sortir de la première guerre vont non pas se masculiniser parce qu’elles sont très féminines mais avoir une place plus importante dans la société.

D’accord.

Elles remplacent les hommes à la maison. Elles vont travailler à l’usine pendant que l’homme se bat. Et ces conquêtes sociales elles ne vont pas les lâcher et ça va s’amplifier effectivement.

Le cheval ?

Alors le cheval justement il y aurait peut-être ce côté viril…

Ah oui d’accord.

Et justement il a l’air effarouché

D’accord ok ça marche.

Il a un petit côté érotique  dans cette image.

En plus oui oui.

Alors la garçonne pour terminer juste, c’est aussi le titre d’un livre de Victor Marbury qui aura un succès d’estime, un peu sulfureux quand même  parler de cette femme un peu androgyne à l’époque ce n’est pas évident.

Et d’ailleurs entre les gens du cheval, on voit paraître loin une femme qui ressemble un peu avec un chapeau de forme à l’écrivain Nathalie Clifford Barney qui a beaucoup… c’est une poétesse qui beaucoup évoqué les amours saphiques.

D’accord.

Elle était lesbienne…

D’accord

Et elle l’avouait  elle faisait son coming-out avant le… ce qui était extrêmement précoce.

 

On va encore montrer si tu veux 2 dernières images.

Pas de souci.

Celle-ci qui est très célèbre…

Oui.

Pas seulement dans le monde de l’art mais justement comme tu disais très bien par rapport à l’émancipation de la femme, le féminisme est également la cause noire.

Oui oui.

Cette artiste s’appelle Marie Guillemine Benoist. C’est une élève d’Elisabeth Vigée Le Brun, dont on va présenter une vidéo…

C’est prévu.

Très prochainement.

Très prochainement.

Et donc ici elle nous montre un portrait de négresse. Alors c’est vrai que bon elle nous montre une image de la femme noire  qui n’était pas digne d’être peinte pour elle-même à l’époque. Ici elle lui consacre un portrait exclusif.

D’accord.

Auparavant elle était associée à la blanche…

D’accord.

Justement pour incarner…

Faire-valoir ?

Voilà exactement un faire-valoir.

D’accord. Donc là c’est en tant que sujet principal.

Alors on est un 1800…

Très bien

Avec cette très belle image.

D’accord.

 

Et pour terminer et bien ici tu retrouves un petit peu avec le tableau du serpent ce que l’on voyait à l’instant c’est-à-dire 2 garçonnes. Le tableau est de la main d’un peintre cubiste bordelais André Lhôte. On voit d’ailleurs un peu cette géométrie.

Oui oui oui oui ça se sent.

Ça s’appelle les deux Amis. Et là c’est assez équivoque également. Les deux amis, beaucoup dans les Arts de l’époque évoque cette homosexualité alors qu’ici ce n’est pas apparemment le cas il s’agirait plutôt de deux sœurs.

Mais le fait de faire passer le bras au-dessus de l’épaule de l’autre c’est quelque chose qui bon c’est nouveau  ça apparait dans les images de l’époque. Evidemment les amours homosexuels ont existé bien avant mais les images de l’Art ne le montraient pas. On peut dire qu’il y avait une forme d’autocensure naturelle qui était généralisée.

D’accord.

Et là on est donc dans les années 20.

 

Ben c’était la dernière image que je voulais te montrer alors évidemment on aurait pu faire un balayage un peu plus important.

Oui mais on va revenir de toute façon on va reprendre quelques figures un peu emblématiques de cette thématique-là qui est passionnante, non non super.

C’est une rapide présentation iconographique et maintenant nos petits focus vont détailler davantage…

Certains très beau exemple de vie et d’œuvres de femmes artistes.

Tout est dit. Tout est parfaitement dit formidablement dit. A très très bientôt merci Nicolas.

Merci.

Nicolas Feliers

Nicolas Feliers

Nicolas est Intervenant en Histoire de l’art à l’Institut Supérieur des Techniques de Communication (Lille) :

 - cours de culture générale, Guide-conférencier des Villes et des Pays d’Art et d’Histoire,

 - vice-président de Vauban Loisirs Animations Culture (Lille),

 - Guide-conférencier au Musée de Flandre (Cassel),

 - guide-conférencier pour l’Office de tourisme de Roubaix.

 

Créations de circuits pédestres, bus et vélo, Conférencier pour l’association Les Amis des Musées de Lille,  

Guide-conférencier au Musée La Piscine, Roubaix,  

chargé de mission pour l’Association des Conservateurs des Musées du Nord-Pas-de-Calais,

chargé de mission pour l’Association des Conservateurs des Musées du Nord-Pas-de-Calais.

  • [Nicolas Feliers le 27/01/2017]

    Bonjour Marie-jo. Remarque très pertinente ! Longtemps, par prudence ou par pudeur sans doute, on évoquait peu l'homosexalité en genéral, et les amours saphiques en particulier. Même si beaucoup de peintres illustrent le thème : Fragonard, Courbet ou Toulouse-Lautrec, cela reste un tabou. On n'en parle pas. Dans beaucoup de livres, par cette expression implicite, les écrivains abordent cette sexualité que l'on ne saurait nommer ... Par rapport à André Lhôte, il existe deux versions de cette toile : 1925 (musée La Piscine) et 1927 (Musée des Beaux-Arts de Pau). Même si le geste du bras suggère un couple amoureux, en réalité, il s'agirait plutôt d'un portrait de deux soeurs. On trouve invariablement les deux orthographes sur les cartels qui nomment la peinture. Longtemps, le masculin l'a emporté. Même si, aujourd'hui, le E tend à s'imposer. Ce qui indique bien d'ailleurs l'évolution récentes des mentalités. A bientôt Marie-Jo, pour d'autres échanges. Nicolas Feliers

  • [Marie-jo landes le 25/01/2017]

    Même commentaire que Marie-France ! Trop bien un régal chaque fois renouvelé ! Pourquoi le tableau "les deux amis" et pas les deux amies" est-ce par rapport à l'homosexualité déguisée finalement ?

  • [Nicolas Feliers le 23/09/2016]

    Merci beaucop Marie-France. Nous nous amusons toujours beaucoup en tournant ces séquences et je suis content que cela puisse plaire. La liberté de ton nous autorise des disgressions et quelques touches d'humour parfois. La formule me fait beaucoup penser aux visites des musées quand je me promène avec des amis et que l'on discute à propos des oeuvres exposées. <br/>Enfin, je suis désolé de vous répondre si tardivement mais quelques soucis de connexion m'ont empêché momentanément d'accéder au site. Maintenant tout est règlé. A bientôt.

  • [Prenom Nom le 08/09/2016]

    Merci Nicolas,
    je suis" fan" absolue de vos conférences,chacune d'elle est a la fois instructive,plaisante,spirituelle..;bref rien que du Bonheur!
    Merci encore
    Marie-france

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Discipline Conférences
Difficulté Initiation
Genre Les Conférences
Durée de la Vidéo 24mn28