Salvador Dali Avida Dollars

Tu vas nous dire cette fois-ci Nicolas pourquoi le sous-titre sur cette séquence sur Dali ?

Alors, on va parler ici d’Avida Dollars.

Avida Dollars.

C’est l’anagramme génial trouvé par André Breton avec lequel il s’est fâché comme on en parlait à l’instant dans la première séquence…

Oui.

Et qui va avec les lettres de Salvador Dali, former Avida Dollars.

Et effectivement Dali d’ailleurs il ne le cachera pas au contraire il revendique de manière très provoquante un goût très prononcé pour l’argent et particulièrement l’or. Et il se met en scène beaucoup notamment il a mis une photo très célèbre où ses fameuses moustaches.

Ses moustaches d’ailleurs sont une référence à un de ses peintres préférés qui était Velasquez. Et quand on regarde un autoportrait de Velasquez et une photo de Dali, on pourrait presque les emboiter l’une dans l’autre.

D’accord

Et donc dans cette image célèbre, cette moustache forme le S du dollar et qu’il va barrer de deux pinceaux. Et ça forme effectivement…

Il assume quoi ?

Avida Dollars totalement.

Avide.

Totalement.

Avide.

 

Alors la première image que je vais te montrer dans cette séquence, c’est ce très très bel objet.

Magnifique.

Il est aux Etats-Unis. Il va y rester 8 années. Alors là il vit de manière très bourgeoise à New York.

D’accord.

Il est un des membres de la grande bourgeoisie locale.

D’accord.

Il fait des portraits mondains notamment Helena Rubinstein. Il va au théâtre il fait des grands décors pour des théâtres. Il fréquente la jetset on dirait.

Ok.

Et il a cette occasion de travailler on a parlé tout à l’heure d’objet surréaliste, ici on a des objets de luxe. C’est une montre ne l’oublions pas, avec des pierres fines et précieuses et puis l’image tout à fait Dali avec cet œil dont la larme coule également.

Oui magnifique très beau.

Qui fait penser un peu à la Metro gold.

Ok, ça marche c’est cohérent.

On a l’occasion parfois dans des expos Dali de voir qu’il va travailler l’or 18 carats et qu’il fait des petites broches, des bagues, des bijoux qui sont des motifs extraits de sa peinture.

Dans un musée d’ailleurs ?

On les voit dans son musée. Alors quelques fois extrêmement petits et précieux comme les bijoux comme Picasso l’avait fait d’ailleurs si tu te souviens on en avait aussi parlé mais également parfois complètement démesurés par la taille. C’est quelqu’un à en parler de la rupture d’échelle très souvent. Donc ces objets vont également faire sa célébrité et sa fortune.

 

Il rencontre parmi ces personnalités Walt Disney…

Ah ?

Avec lequel il a un projet de dessin animé.

Ah ?

Il fait des dessins. Et ce dessin animé devait s’appeler Destino, destin. Et finalement il ne verra pas le jour du vivant de Dali et de Walt Disney. Par contre il ne faut pas désespérer, en 2003 il a été monté ce dessin animé d’après les dessins les séquences réalisées par Dali. J’aimerais beaucoup le voir ici on n’en voit qu’une petite séquence.

Ce n’est pas Destino ? Tout court ?

Destino.

En 2003 ?

En 2003.

Je chercherai. Cherchons.

On essayera de le voir à l’occasion. Ça doit être vraiment aussi un dessin animé pour les amateurs d’art et pour les adultes aussi certainement. Et on voit bien d’ailleurs cette imagerie ici qui est totalement inspirée de l’univers de Dali.

Oui.

Il s’intéresse aux médias. Quand il est aux Etats-Unis, il comprend que c’est le pays du business. J’ai envie de dire il est au bon endroit. C’est la bonne personne au bon endroit. Et il est dans cette démarche j’ai envie d’employer l’expression « quand l’attitude devient forme » c’est-à-dire qu’en fait il va moins peindre mais il va plus jouer à l’artiste.

Et c’est vrai qu’il a toutes les cartes dans son jeu. Il est célèbre il est riche il a une muse. Voilà il va jouer…

Il a un look.

Et il répond à toutes les sollicitations. Et en ça c’est l’homme pour les médias.

Il est comédien et il est à l’aise devant les caméras et…

On l’appelle Mister Surréalisme. Et d’ailleurs il dit oui le surréalisme c’est moi enfin vraiment au contraire d’un Picasso qui va plutôt se cacher…

Oui.

Protéger sa vie privée et sa création. Picasso apparait mais ponctuellement. Il n’est pas farouche aux médias. Dali en fait trop. Et d’ailleurs cette démarche va de desservir vis-à-vis des critiques de l’art. Il ne fait pas et ça c’est une critique objective je pense, de rupture, de séparation entre l’art et le business.

Oui.

L’image précédente avec l’objet, est-ce que c’est un objet d’art ? est-ce que c’est un objet commercial ? Ce sont les deux à la fois.

D’accord.

A force d’en faire trop finalement, il décourage

Un sujet est cher.

 

Alors ici c’est Dali qui est un très fin lecteur un bibliophile. Il va illustrer beaucoup de livres dès qu’il était étudiant. On n’en a pas parlé tout à l’heure mais il avait créé une revue qui s’appelait « Studium » dans laquelle il donnait des dessins et il écrivait également des articles sur ses peintres préférés, les génies qui étaient Velasquez, Vinci qu’il aime beaucoup, Picasso auquel il donne 20/20. Lui se donne seulement 19 légèrement en dessous.

N’importe quoi.

Alors ici il s’attaque à un monument effectivement. Il y a beaucoup d’humour en même temps.

Oui

C’est vrai. Je pense que…

Un peu de dérision quand même ?

Oui.

Voilà il y a un peu…

Alors c’est très désarmant parce que autant parfois il y a cette humour qui est vraiment premier degré mais désarmant de sincérité dans la seconde du tissu. Et c’est ce mélange-là qui est vraiment très improbable qui fait qu’on ne peut jamais le cerner complètement.

Oui.

C’est ça qui est intéressant. On ne peut pas l’enfermer dans une boite unique.

Alors là il s’attaque…

Pardon.

Oui…

Effectivement.

Aux mythes

A un monument…

Oui.

De la littérature espagnole de Cervantès qui lui tient particulièrement à cœur. Et c’est vrai qui lui émigré espagnol à ce moment-là il est encore indésirable en Espagne. Il ne va pas tarder à y retourner parce que dans le même temps où il fait fortune, il a tellement envie de revenir en Espagne que finalement il ne sera plus censuré par Franco. Et ce dictateur va finir même par le décorer de la plus haute distinction du temps de ce régime de dictature.

D’accord.

Donc finalement il va quand je parle de contradiction il est double Dali. Si on pense à la psychanalyse on ne va pas parler de bipolarité je ne suis pas un spécialiste dans le domaine. Mais il passe de sa jeunesse dans les milieux politiques de gauche…

Oui.

A un bourgeois qui finalement s’entend très bien enfin collabore ou je ne sais pas quel mot utilisé est approprié mais enfin ça l’arrange bien.

D’accord ça arrange bien la dictature en place.

 

Ici ce tableau il est très intéressant. C’est un tableau qui appelle « Poésie d’Amérique – Les Athlètes cosmiques ». Et ce tableau nous montre… on fera un zoom sur certains détails pour que l’on puisse voir à quoi s’attaque ici le peintre.

D’accord. Dis-nous. Expliques-nous.

On va regarder dans la partie supérieure…

Oui.

L’artiste qui montre la corne de l’Afrique un peu comme la montre molle de tout à l’heure.

Oui.

On est au moment où effectivement on va bientôt penser à la question des décolonisations. On voit bien que l’Afrique est un continent qui est complètement exploité par l’occident. Et ici dans la partie basse de l’image, on a une grosse tâche noire qui coule sur le linge blanc et qui est assez connoté également.

On y a également la fascination des Etats-Unis et puis également de cette société des années 30. On est en 43 excuse-moi mais enfin bon c’est le début aussi des sports qu’on va lancer aussi par les médias. Et ici c’est le rugby que tu vois au second plan.

D’accord.

Alors les personnages cette tête me fait beaucoup penser à celle de Magritte parfois, qui remplace un objet par un autre ou par un mot.

Ceci n’est pas une pipe ?

Non ce n’est pas une pipe on ne peut pas la fumer. Là ce n’est pas un visage ce n’est pas une chandelle non plus c’est autre chose. Et puis alors quelque chose qui est très avant-gardiste c’est ce motif que tu reconnais très bien : une bouteille de Coca Cola.

Ah oui.

Et oui. Et il est déjà pop artiste on peut dire…

Mais oui.

20 ans avant les autres. Et ça ça va fasciner Warhol. Warhol le dira d’ailleurs, c’est à la fois Marcel Duchamp et Salvador Dali.

D’accord.

Et lui il fait un peu la jonction entre les deux. Le fait aussi d’être une star…

Warhol ?

Voilà Warhol a mis sa vie…

En scène

En scène exactement. On sera tous un jour célèbre quand on passera à la télé un instant ou peut-être avec cette vidéo qui nous mènera à la prospérité

Oui bien sûr ben oui tout à fait.

Voilà.

Ok.

Donc il annonce beaucoup de mouvement Dali même si sa peinture est toujours peinte de manière académique ça il faut… ce sera une constante chez lui.

Dans les sujets ?

Mais dans les sujets et dans les thèmes qu’il aborde…

Oui.

Et dans la démarche il est vraiment très intéressant.

Alors ça c’est surprenant.

Alors on va regarder maintenant.

Tu veux voulez me surprendre. Je sais que tu vas nous surprendre.

 

Oui effectivement il est toujours surprenant Dali.

 

Ici nous avons une peinture très violente qui nous invite à regarder le titre.

Qui est ?

Un oxymore « Idylle atomique », « Idylle atomique ». L’Idylle annonce la sensualité et l’érotisme que Dali aime à montrer. Mais là qu’est-ce qu’il y a de plus éloigné que l’atome ? Il est fasciné. Je vais utiliser le mot qui est peut-être le mieux approprié par Hiroshima et Nagasaki effectivement comme un phénomène spectaculaire aussi bien au même plan qu’un raz de marée ou qu’une éruption volcanique.

C’est pour ça quand je disais qu’il ne fait pas de séparation entre un phénomène…

Naturel ?

Et un drame politique provoqué par des hommes mégalomanes.

D’accord.

Et ici ben effectivement l’image nous plonge bien dans cet univers quand même malgré tout. Il y a des petites ouvertures ces petites fenêtres qui montrent un ciel qui pourrait être bleu.

Oui d’accord.

On voit au loin apparaître cet éléphant démesuré avec ses pattes qui pourraient être celles d’un cervidé.

Oui.

C’est cette image-là qu’il reproduit en bijoux notamment.

Et puis également ce B52 qui est en train de larguer ses bombes, ces visages qui sont squelettiques. Tout est dans ces gris dans ces noirs, plongé dans l’horreur. Mais c’est une fascination pour lui.

 

Et puis alors effectivement l’atome c’est quelqu’un qui va être passionné par les sciences. On va avoir l’occasion de constater que Dali s’intéresse à la physique nucléaire…

D’accord.

Qu’il s’intéresse à la fission de l’atome, qu’il s’intéresse également quand on regarde l’image suivante…

Oui.

Dans le même temps il va vouloir dans ses images, ici c’est un bon exemple, c’est son épouse Gala que tu reconnais : « Leda ». Leda c’est un sujet mythologique. Zeus qui est un grand séducteur va ici se transformer se métamorphoser en cygne pour séduire Leda.

D’accord.

Donc ici on est vraiment dans le thème le plus ancien qu’ont repris beaucoup de peintres classiques. Mais lui se réfère comme on le voit dans le dessin préparatoire de droite…

Oui.

Beaucoup à ses proportions de ces grands artistes mathématiciens de la renaissance. On pense au dessin de l’homme de Vitruve qu’avait repris Léonard de Vinci qu’on avait commenté d’ailleurs.

Oui.

Ça c’est quelque chose de très facile particulièrement. Alors se confronter au sujet ancien ici c’est la mythologie, ce sera beaucoup la religion. Après 45 il a une période dite mystique mais également en même temps il essaye de concilier à la science. Et il va parler d’un mysticisme scientifique ou mysticisme corpusculaire, corpusculaire en rapport avec les particules…

Les particules.

La physique des particules.

D’accord.

 

S’est mise en scène dans cette image « la Madone de Port Lligat » où encore une fois apparait invariablement Gala en vierge en majesté dans un trône mais qui est lui aussi la désintégration de l’atome.

Qui explose qui est en train d’exploser qui est en train de... oui.

Alors Port Lligat on va en parler. Port Lligat quand il s’est mis en ménage avec cette femme mariée à l’époque à Eluard, c’est la séparation c’est la rupture avec son père et sa sœur.

D’accord.

Et donc il ne peut plus revenir à Cadaquès. Et c’est là qu’il achète dans un petit village de pêcheur, une maison de pêcheur Port Lligat, très important parce que c’est la toile de fond de beaucoup de ses peintures.

Durant cet exile américain, même s’il aborde des thématiques américaines, le paysage les couleurs rappelleront beaucoup l’Espagne et Port Lligat. Il n’y a que là-bas à Port Lligat que je me sens chez moi. Alors cette petite maison de pêcheur, au fur et à mesure de sa fortune grandissante, elle devient un palais.

Voilà.

Et aujourd’hui…

Il rachète au fur et à mesure les voisins les voisins les voisins…

Et il l’a agrandi

Voilà il crée des ponts entre…

C’est son Versailles entre guillemets.

Voilà oui.

C’est un artiste qui a l’occasion la chance et ça c’est très rare, d’ouvrir deux musées de son vivant, un en Floride et l’autre c’est le musée Dali à Figueras qu’on va regarder dans quelques minutes.

Superbe aussi.

 

Et donc effectivement reprendre l’iconographie catholique, il est reçu en audience privée par Pie XII en 1949. Et il va à la fois être aussi contradictoire c’est vrai on se souvient de la provocation dans le Chien Andalou dans beaucoup d’images où il attaquait le clergé de manière très radicale.

Ici…

Oui.

On voit un Christ…

Super connu ça

Le Christ de saint Jean de la Croix.

Oui. Avec une vue.

Saint Jean de la Croix lui est un mystique qui avait eu une vision d’un Christ qu’il avait dessiné. Et Dali se plonge dans ce Saint très célèbre et il va proposer sa lecture, sa vision avec une perspective…

Incroyable.

Incroyable, un raccourci très étonnant.

Oui.

Alors il faut…

Vue de plongée ?

C’est une contre-plongée effectivement.

Contre-plongée

Enfin en plongée oui.

C’est une plongée ? c’est le bon geste ? Plongée vertigineuse quoi !

Voilà tout à fait. Parfois il l’inverse. Alors ce détail est intéressant. Il faut peut-être préciser que dans son atelier, il a une pièce où le parquet est vite fait. Ce qui lui permet de voir par transparence et de pouvoir effectuer ses plongées vertigineuses comme tu le disais…

D’accord.

De travailler cette perspective.

Ok d’accord.

Parfois il travaille aussi sur le principe d’anamorphose. C’est quelque chose qu’il aime beaucoup, toujours le relier à ses calculs à ses compositions très savantes.

D’accord.

 

Alors ici c’est une autre… ben ça illustre bien ce qu’il a appelle son mysticisme corpusculaire. Il s’attaque oui l’image est très difficile à voir à reconnaitre dans un premier temps, c’est l’« étude paranoïaque critique de la dentellière de Vermeer ».

Il est fasciné par Vermeer c’est vrai que Vermeer, on en parlera aussi certainement à l’occasion.

Je suis impatient d’en parler.

L’artiste qui peint avec ses compositions l’intérieur cette femme isolée dans cette pièce qu’on voit dans un jeu de miroir, une fenêtre ouverte, une porte décalée. C’est une relecture mais passo vitrio. Tout explose littéralement.

Alors la dentellière apparait dans beaucoup d’images autant que l’Angélus de Milet dans ces images. Mais autant Picasso cubisait certains sujets…

Oui.

Il a refait l’Olympia de Manet avec ces personnages très cubiques, cubistes ici à la manière corpusculaire, le figure éclate dans toutes les directions.

 

« Corpus hypercubus », un Christ en croix. Mais il est intéressé plus que la 3D, l’hyper cube qu’on appelle également le tesseract. Alors je ne suis pas un fort en maths mais effectivement il y a ce cube en 4 dimensions qui le fascine énormément et avec lequel il va beaucoup jouer.

Et ici c’est l’occasion de montrer un Christ avec au pied de la croix les saintes femmes ici sont incarnées ben c’est… il y a… ce n’est pas Marie Madeleine ce n’est ni la vierge c’est encore Gala qui revêt le rôle du personnage.

C’est très bien très bien peint tout ça toujours.

Est-ce que c’est lui-même qui se met en scène ? alors là le visage est un peu caché…

Oui.

Je ne saurai te le dire.

D’accord.

Mais sur un fond sombre et puis un dallage noir et blanc extrêmement étrange.

Oui.

On est en 1954 à ce moment-là.

D’accord.

 

Alors il peint un peu aussi sur de très grandes formes parfois. Ici c’est le tableau qu’il intitule « La découverte des Amériques par Christophe Colomb ». Et par contre là on sait qu’il figure en autoportrait dans le bas de l’image. C’est cette manne qui est ici voilà en prière…

D’accord.

Avec ce crucifix qu’il exhibe et qui nous rappelle complètement l’image qu’on vient de regarder précédemment.

Finalement la figure du Christ l’intéresse. Je ne vais pas remettre en cause sa foi mais comme un motif au même titre que l’obsession pour la figure d’Hitler quelques années auparavant.

Oui.

Et alors il y a sans doute aussi… c’est pour ça que je te disais peut-être dans l’image précédente il y aurait une incarnation de l’artiste dans le Christ en croix, l’artiste est toujours en souffrance, on le voit bien Dali il provoque mais c’est quelqu’un qui cache certainement beaucoup de douleur profonde et impossible à cicatriser.

Oui.

C’est un peu ce qu’on dit avec les grands comiques sont souvent des personnages très torturés. Lui effectivement il a besoin d’exorciser tout çà et voilà c’est une manière un peu cathartique d’expulser.

Oui.

Et ici je pense qu’il se voit très bien dans cette image puisque au même titre que Christophe Colomb va découvrir l’Amérique, incarner le Conquistador, Dali quand il arrive aux Etats-Unis c’est un peu aussi quelqu’un qui prend à bras le corps New York, et qu’il en fait finalement sa ville de référence. C’est lui la star c’est lui.

Oui oui.

Et puis Gala qui apparait sur la bannière brandie fièrement par les conquistadors.

Ok.

Je crois qu’elle est très grande celle-ci des peintures. Si j’ai le…la… Elle fait plus de 4 mètres… plus de 4 mètres de haut,

Ah ? De haut ?

Effectivement.

Alors on peut dire qu’il est un hyperactif également dans tous ces superlatifs qu’on donne depuis tout à l’heure il est trop ceci trop cela…

Oui.

Mais c’est quelqu’un qui est en perpétuelle activité. Et la peinture on l’a dit les autres techniques on en a un petit peu parlé également. Il a eu un projet tient on n’en en pas parlé on a parlé de Walt Disney pour le cinéma.

Oui.

Il a fait les décors du film d’Hitchcock « la maison du docteur Edward ». Ça c’est intéressant. Il avait envoyé un scénario un genre d’abat en 41 pendant cette période américaine. Ça devait s’appeler « la Péniche de l’amour » ça n’a pas eu de suite.

D’accord.

Il a rencontré les marques Brother avec lesquels il avait aussi un projet. Donc il est toujours sur des tas de projets différents. C’est sa vie c’est son œuvre.

 

Un tableau très célèbre très intéressant : « le torero hallucinogène ». Alors Dali est surréaliste à l’état naturel il n’a jamais eu besoin d’utiliser des drogues…

D’accord.

Ni de moyens psychotropes comme le font parfois certains.

D’accord rassure-nous. Rassure-nous oui.

Alors effectivement ici une image obsessionnelle obsédante chez lui qui est aussi un classique malgré tout c’est « la Vénus de Milo » dont on parlait tout à l’heure…

Oui.

Qui apparaît dans un rythme ici tu vois… qui forme cette oblique dans l’image et qui permet aussi de donner naissance à ce visage qu’on voit dans un second temps, c’est celui de ce torero. Alors là bien sûr rappelait ses origines espagnoles certainement.

Oui.

C’est un sujet qu’a beaucoup abordé aussi Picasso. On voit les arènes ici derrière qui rappellent également un autre artiste mais lui Italien qu’il aimait beaucoup. C’est Palladio, Andrea Palladio. Il a travaillé beaucoup à des théâtres à ses villas. Tu connais Palladio quand tu vois la maison blanche. C’est une architecture à New York palladienne.

D’accord.

D’allure de temple grec.

D’accord.

Et Palladio a composé beaucoup d’églises à Venise et dans le Canal de la Brenta qui remonte jusqu’à Venise et de Venise jusqu’à Mantoue notamment.

D’accord.

Et ici donc cette image qui est tout à fait typique de la répétition des motifs.

Oui à peu près quoi.

Alors il y a un motif également assez dérangeant assez obsessionnel qu’on voit dans cette image…

Dis-nous.

Qui sont les insectes. On n’en a pas encore parlé des insectes.

Ah oui c’est vrai. Des fourmis beaucoup de fourmis.

Oui ça fourmille d’insectes.

Oui ça fourmille d’insecte.

C’est comme je dis.

Alors il était enfant terrorisé par les sauterelles. Et ses camarades de classe n’auront rien trouvé d’autre à faire que de l’agresser avec des sauterelles qu’ils lui mettaient partout sur le visage et dans les poches.

 

Oui d’accord.

Et finalement pour réussir à s’en libérer, il leur a fait croire qu’il était allergique phobique aux cocotes en papier. Du coup les gamins avaient abandonné les sauterelles pour lui mettre des cocotes en papier qui lui faisaient beaucoup rire puisque là il n’y avait aucun problème.

Excellent.

Alors il y a aussi une obsession pour l’aliment. On aura peut-être l’occasion d’en parler mais Dali associe aussi beaucoup la nourriture dans son univers, parfois de manière assez provoquante. Alors la sensualité dans l’amour autour de l’aliment ça arrive parfois on a parlé du sexe caché par un homard tout à l’heure et par rapport aux religieux, ça se justifie plus ou moins bien. Il a comparé le Christ à du fromage à une montagne de fromage. En même temps…

Il y a des côtelettes…

Oui.

Et des entrecôtes dans ses œuvres ?

Posées sur l’épaule.

Voilà.

De même qu’une crotte posée en équilibre sur la tête d’un personnage. Tout ce qui est délire scatologique qui remonte à l’enfance…

Oui.

Les insectes remontent à cette époque-là. En même temps il y a aussi l’insecte qui est un élément qui est un facteur de dégradation naturelle du temps.

D’accord.

C’est quelqu’un qui montre… on sent le drame interne de l’artiste dans beaucoup d’images quand on connaît un petit peu ce qu’il a vécu. Quand on s’intéresse aux sciences, c’est qu’un qui s’est passionné pour la fameuse théorie des catastrophes d’un mathématicien qui s’appelait Tom et qu’il va essayer d’illustrer d’ailleurs. Ce sera son dernier tableau que je ne te montre pas mais qui est « la queue d’aronde ».

Alors là il va essayer de formaliser cette fameuse théorie des catastrophes, ce qu’on appelle aussi parfois je crois la loi des séries.

D’accord.

 

Et puis un univers évidemment tu ne seras pas étonné de voir qu’il va illustrer Alice au Pays des Merveilles.

Oh lala.

Lewis Carol.

Oui.

Il a beaucoup fasciné les surréalistes.

Alors André Breton d’ailleurs au début de leur amitié avant que ça ne soit parti en éclat, disait mais Dali c’est le nouveau Lautréamont. Et c’est vrai qu’il a cet univers comme ça qui mélange cet univers à la fois proche de sale dans l’érotisme justement dans la violence dans la brutalité…

Oui.

Mais également une poésie beaucoup plus belle qui est celle d’Alice au Pays des Merveilles.

Je rajouterai également Saint-Exupéry.

« Le petit prince ».

« Le petit prince » parfois. Mais c’est l’association des deux qui forment Dali : l’horreur et… ben en même temps on ne peut pas donner tort. On est fasciné par l’horreur. Il suffit de voir quand il y a un accident au bord de la route…

Oui bien sûr

Cette file d’autos qui s’y arrête…

Oui

Et qui se repait du sang et de cette violence en disant oh c’est horrible et puis alors qu’est-ce qui s’est passé ? qu’est ce qui s’est passé ? voilà Et lui il ne cache pas tout ça enfin il le revendique il l’assume complètement.

 

On va terminer si tu veux avec l’univers de Dali c’est très intéressant quand on a la chance d’aller voir le théâtre-musée qu’il va créer à la fin de sa vie.

Alors il vit dans une tour d’’ivoire il vit comme un ministre plutôt comme un roi. Il engage un gestionnaire de fortune qui dira d’ailleurs finalement Dali a un train de vie plus important que celui du président de la république américaine. Et il rachète un théâtre dont je te montre ici la façade très classicisante sur la place mais qu’il va complètement…

Transformer ?

J’allais dire Daliliser.

Oui pardon.

Je ne sais pas si le terme existe mais bon on peut bien lui inventer.

Et quand tu vois la façade arrière effectivement ça provoque l’hilarité

Excellent.

C’est tout à fait…

Oh lala ce n’est pas vrai !

Corpusculaire.

Pas de limite quoi ?

Aucune limite.

Oui

C’est vrai. La démesure l’étrange le bizarre l’humoristique.

A quel âge il fait ça ?

Ben là on est dans les… oh il a une soixantaine d’année une bonne soixantaine d’année. Et il va y vivre dans cet univers complètement fantastique où il faut là vraiment visiter l’univers. Je vais te donner un exemple qui donnera peut-être l’envie on arrivera peut-être à Figueras. C’est très surprenant mais l’image peut-être la plus belle, elle est tirée d’une peinture très célèbre de Dali, de sa période américaine. C’est le portrait de la comédienne Mae West.

 

Mae West c’est… alors elle ressemble un peu à une Marilyne. Tu vois ?

D’accord oui

Et alors il va la transformer. C’est Mae West pouvant servir d’appartement.

Ah oui !!!

C’est-à-dire que les cheveux blancs deviennent les rideaux,

En vrai ça y est c’est cela que j’ai vu.

Les lèvres sont le fameux canapé-lèvre.

C’est très étrange.

Que tu connais également.

Très étrange.

Le nez dans cette pièce c’est une cheminé. Et les yeux sont remplacés par des tableaux.

Oui.

Tout fonctionne à merveille.

Qu’il faille placer à un bon endroit enfin bon il y a un endroit privilégié pour avoir cette espèce d’impression étrange c’est…

Ah oui.

C’est…

C’est tridimensionnel.

Oui.

Et ça fonctionne.

Oui.

Il s’est beaucoup passionné pour l’architecture également. Et comme les architectes, beaucoup en Espagne d’ailleurs, Dali on peut dire c’est un baroque dans le sens de l’excessif.

Quel bonhomme ! quel drôle de bonhomme de personnage !

On n’a pas fini. Alors c’est vrai qu’on est un petit peu… et c’est ça je te remercie d’avoir voulu consacrer des séquences à Dali parce qu’on est un peu trop attaché à la personne qu’il était et on en oublie parfois un peu de regarder ses images…

Oui.

Mais qui ne sont pas à regarder seulement au premier degré sous l’angle de l’objet mais par rapport à…

L’objet ou un personnage sous un angle de personnage public exubérant.

Il n’y a pas que la psychanalyse…

Oui.

Il n’y a pas que la science il n’y a pas que le religieux. Il y a toujours un univers comme ça qu’il crée et qui permet de dire qu’effectivement on a affaire à un artiste génial.

Alors moi ça m’a marqué c’est une conclusion comme une autre mais pendant toute mon enfance dans ma chambre il y avait un poster de Dali un immense poster : « la métamorphose de Narcisse ».

Exactement.

Magnifique.

J’ai pensé de montrer justement ce portrait.

Mais oui voilà je ne voulais pas t’en parler pour te dire que ça fait partie des éléments fondateurs de ma vie de mon intérêt pour l’art et plein de choses. Et ce tableau j’ai passé des années à le regarder à redécouvrir sans cesse de nouvelles choses.

Bien sûr.

Tu te rappelles ces pierres qui se ressemblent.

Bien sûr.

C’est un truc complétement dingue !

Lubie de l’artiste qui se regarde dans l’eau…

Oui.

Et qui tombe amoureux de son image. C’est un peu Dali.

Tu as très bien conclu et finalement Dali c’est Narcisse.

Oui c’est…

Dali c’est Narcisse.

Tout à fait. Super bonhomme super artiste super Nicolas comme d’habitude qui vous fait passer le temps sans se rendre compte on ne sait plus où on en est.

On est passionné.

Oui génial. Merci beaucoup c’est formidable.

Merci à bientôt.

J’espère que ça vous donne envie d’aller en savoir encore plus sur Dali.

A bientôt.

Nicolas Feliers

Nicolas Feliers

Nicolas est Intervenant en Histoire de l’art à l’Institut Supérieur des Techniques de Communication (Lille) :

 - cours de culture générale, Guide-conférencier des Villes et des Pays d’Art et d’Histoire,

 - vice-président de Vauban Loisirs Animations Culture (Lille),

 - Guide-conférencier au Musée de Flandre (Cassel),

 - guide-conférencier pour l’Office de tourisme de Roubaix.

 

Créations de circuits pédestres, bus et vélo, Conférencier pour l’association Les Amis des Musées de Lille,  

Guide-conférencier au Musée La Piscine, Roubaix,  

chargé de mission pour l’Association des Conservateurs des Musées du Nord-Pas-de-Calais,

chargé de mission pour l’Association des Conservateurs des Musées du Nord-Pas-de-Calais.

Pas de questions pour le moment.

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