Un coucher de soleil avec le voyage de l'eau

---------- Introduction

Dominique, on ne quitte pas les ciels, les cieux on dit, les cieux du nord.

Ce n’est pas religieux non plus.

Ah c’est ça tu crois la différence ?

Ah ben oui, les cieux c’est  …

On ne quitte pas les ciels du nord, ça me fait drôle mais …

Les ciels du nord qui sont magnifiques.

Plus riches d’inspiration, de vie, d’énergie.

On a parfois l’impression d’être en pleine montagne tellement les nuages nous forment des choses fabuleuses.

Des fois, il y a du ciel bleu aussi dans le nord.

Et il y a du ciel bleu aussi. Bref, donc là c’est un coucher de soleil.

Tu nous fais un coucher de soleil perso, vous avez la photo, un petit travail de couleur, de recherche. Et ensemble, on y va.

---------- Démonstration

Dominique, cette fois, tu travailles sur un support, sur un châssis sur lequel tu as tendu un papier

après l’avoir trempé voilà c’est le papier 300 grammes de montval.

On a une vidéo qui explique ça.

Donc ça permet une grande liberté, ça permet de sentir l’humidité du papier par en dessous plutôt que de le mettre sur une plaque de contrecollé où il est fixé et moi je n’ai pas la sensation de sentir cette humidité là en dessous. Pour moi, c’est un monde de liberté personnelle. Je vous propose donc un petit coucher de soleil du nord sur le châssis.

Donc quand vous avez décidé de peindre, la veille si vous n’avez pas eu le temps, vous ré humidifiez vos couleurs pour les avoir bien moelleuses. Pas noyées mais moelleuses comme si elles étaient vraiment sorties du tube. Vous voyez ici, elle est moelleuse la couleur tandis qu’ici, elle est sèche. Vous voyez, il suffit de remettre un petit peu d’eau pour avoir des couleurs moelleuses.

Donc ici, j’ai prévu donc le jaune de naples, l’or quinacridone, le violet de pérylène que je vais recharger car elle est vraiment sèche la couleur, mon violet de pérylène. Je le veux bien moelleux, le jaune citron, il manque donc je vais le recharger. Donc ça vous permet une palette comme ça ou une autre d’avoir toujours vos couleurs au même endroit, c’est fort important la classification des couleurs. On en reviendra. On apprendra à former votre palette.

Avec plaisir. Là, les yeux fermés, tu sais où sont tes couleurs.

Oui, il faut pouvoir travailler les yeux bandés et prendre vos couleurs comme si vous preniez le sel et le poivre dans la cuisine.

D’accord. Un peu plus compliqué quand même, n’exagère pas.

Oui peut être que le sel et le poivre, on ne sait pas très bien où on les a rangés aussi. Donc le bleu winsor vert et mon outremer. Voilà le matériel, toujours la même chose.  Mon papier a été tendu hier soir donc il est sec sur mon châssis. Mais la prochaine fois, je vous montrerai comment monter le châssis et travailler directement avec le papier mouillé sur le châssis puisque le but c’est quand même de travailler dans l’humide.

Donc ici, je vais le remouiller parce que le papier a été tendu hier. Donc là, je vais bien remouiller. On peut aussi le mettre directement dans une petite bassine mais il faut pour ça que le bois de votre châssis soit vraiment très sec autrement ça va vriller. Je prends le temps, il faut que l’eau pénètre dans les fibres du papier. Ça prend un certain temps.

C’est beau un papier tendu sur un châssis.

Oui, c’est beau, c’est élégant, c’est émouvant et puis c’est une liberté.

Et pour le déplacer, on pourrait le bouger.

Oui. Enfin c’est plus simple, oui. Moi, je préfère encore la liberté de rien, mon papier, la feuille vraiment libre. Mais tout est bien pour arriver à votre travail et à votre expression.  Donc voyez, la surface ici est miroir, on peut vraiment se mirer dessus, dedans. Donc normalement, il faut patienter un petit peu pour que l’eau pénètre, refaire un deuxième passage avec de l’eau pour avoir vraiment le temps après de travailler avec le papier vraiment bien humide. Voyez ici quand j’ai fait mon premier passage, je ne sens pas encore le froid à l’arrière donc l’eau n’a pas encore pénétrée dans les fibres. Mais ici, pour accélérer un peu, on travaillera directement.  Bien observer à ras de la lumière autrement vous ne voyez pas la brillance du papier. On y va.

Alors je vais commencer avec mon or quinacridone puisque c’est la lumière dominante de mon travail. Tout au début du travail, je place mes masses. Je ne pense pas encore vraiment à la finalité de mon sujet. Je joue avec mes couleurs. Alors mon violet de pérylène associé à l’outremer. Le mélange s’opère sur la feuille et non pas, donc c’est ce que j’appelle des mélanges non mélangés, les mélanges se font sur mon papier. Vous voyez qu’avec les mêmes couleurs, on peut avoir des ambiances complètement différentes suivant le nombre de travaux que vous réalisez. Une petite pointe de chaque couleur sur mon pinceau et les couleurs vont se former d’elle-même. Il y a beaucoup plus de richesse que de faire le mélange sur ma palette. Enfin c’est mon avis personnel. Ce n’est pas interdit de les mettre sur sa palette. Faire vivre les couleurs. On dirait que la ligne dominante de mon ciel est une horizontale donc je vais balancer les pigments de la droite vers la gauche, je la bouge vers la droite mais pas de haut en bas. Bien laisser le temps au pigment de bouger.

Voilà, mon pinceau est sec. Je prends ma peinture crémeuse pour stabiliser le pigment puisque l’eau est déjà en suffisance sur le papier. Plus la peine d’en rajouter. Alors l’idéal c’est d’être debout pour prendre du recul sur son travail mais là, c’est impossible. Regardez le voyage de l’eau, regardez ce qui se passe. C’est une jubilation, c’est des grandes joies, des grandes colères parfois. C’est toute une histoire d’émotion, quand on n’arrive pas ou qu’on en fait trop. Quand vous êtes dans … vraiment quand vous faites partie de votre travail, supprimez votre photo, supprimez votre recherche et laissez-vous aller à ce qui se passe dans votre propre travail. Donc je rince mon pinceau parce que si vous enlevez de la matière plusieurs fois de suite sans rincer votre pinceau, et bien vous allez chaque fois replacer la couleur que vous enlevez. Vous allez griser, vous allez souiller votre travail.

Donc là patience, laissons faire les pigments. C’est trop tôt pour agir. Je balance encore un peu. Regardez tous les beaux mélanges qui arrivent et qui n’ont pas été mélangé à part sur ma palette mais sur mon papier. Donc on a beaucoup plus de subtilité. Chaque couleur garde sa propre personnalité que si vous les mélangez, pour obtenir un beau… Pour moi, personnellement, elles sont plus pauvres. Patience, il y a trop d’humidité. De la matière crémeuse. Donc les parties qui sèchent en premier, c’est toujours le cœur du papier qui va rester humide le plus longtemps. Donc il ne faut pas oublier que c’est l’eau qui travaille, vous voyez ici, je pose la petite goutte d’eau. Cette petite goutte d’eau va raffiner le pigment, emporter la couleur avant de la diriger. J’avais trouvé que la goutte d’eau est trop importante. Vous la pompez avec un petit gris. Patience patience.

On peut mettre une cale derrière si on veut que les pigments partent vers la gauche. On doit continuer le mouvement, vous mettez une petite cale à droite et vos pigments vont glisser tout doucement vers la gauche de votre travail. Prenez votre temps. Parfois dans nos beaux ciels du nord, on a l’impression d’être en pleine montagne tellement les nuages forment des mouvements, des strates, on se dit mais où est-ce qu’on est ici, on n’est pas dans le nord. Vous voyez, je dirige l’eau sans fatiguer mon papier, c’est une caresse l’aquarelle et ce n’est pas pour cela qu’elle n’est pas énergique. Le trait doit être énergique.

C’est le bon moment là, c’est ça ?

Oui. Ça répond. Moi, avec mon pinceau chargé d’eau pure, j’ai ouvert une lumière. J’ai ouvert un blanc et dans ce blanc, je vais aller mettre une couleur.

Moi, j’adore le travail sur châssis. Tu dis qu’il y a un peu moins de liberté peut-être c’est ça tout de suite ?

Il y a quand même plus de liberté que sur plaque.

Je trouve ça est extraordinaire.

Mais, on est vraiment en osmose avec le papier, avec la couleur.

Il y a un objet tu sais.

Il y a un moyen de l’incliner pour demander que la couleur sèche plus vite d’un côté que de l’autre. Tandis que quand j’ai mon papier libre, comme je vous le montre parfois, là on ne sait pas l’incliner.

Tu domptes

J’adore ça.

Oui, j’ai vu. Superbe.

Donc donnez de l’émotion, donnez de la vie, donnez votre propre ressenti face à nos cieux magnifiques.

Je sais que ça rend bien en vidéo, mais de près, c’est une tuerie, c’est extraordinaire. Et ça va encore …Ne vous inquiétez pas, vous suivez tout ça, c’est magnifique, c’est un vrai beau cadeau de Dominique.

Merci et partagez tout ça avec nous.

Voilà, à vous maintenant.

Dominique Coppe

Dominique Coppe

Dominique Coppe est peintre avant tout, et l'aquarelle est son médium de prédilection: "car l'eau c'est la vie qui coule tout au long de mon travail, c'est le mouvement et l'énergie".

Dès sa plus tendre enfance, elle baigne naturellement dans un milieu artistique ouvert à toutes les influences. Son père, Roger Coppe, maître-verrier et peintre expressionniste de renom, l’initie à l’art du beau sans toutefois lui imposer ses propres visions esthétiques.

L’artiste allie avec brio l’observation stricto sensu des choses naturelles et les tatoue de concepts aux origines plus orientales. Aquarelles pleines de force, d’énergie et de lumière. L’artiste joue avec les propriétés d’absorption du papier pour réaliser des œuvres fougueuses et envoûtantes. Palette chromatique délicate et très nuancée.

Pas de questions pour le moment.

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