Le mariage du pigment et de l'eau à l'aquarelle

Résumé de la vidéo :

Cet exercice montre le mariage du pigment et de l’eau sur le papier. Des feuilles de début d’automne avec des couleurs rouge, jaune et vert fraîchement cueillies vont servir de sources d’inspiration pour les formes et les teintes.

Le matériel

Pour démarrer, il faut se munir de papier Arche à grain fin, d’un petit bout de feuille pour tester les peintures, d’une palette comprenant les couleurs qu’il faut : bleu, vert, jaune, rouge, brun, etc. d’un chiffon, de pinceaux à poils de martre et de petits gris selon les différents effets à obtenir et enfin de feuilles d’automne. C’est d’ailleurs le sujet.

La feuille de vigne

Comme c’est le mariage du pigment et de l’eau, la surface de la feuille de vigne est mouillée généreusement avec du petit gris et de l’eau claire. L’effet lentille fait tout de suite son apparition. Si on rajoute du pigment dans cette phase, qu’il soit liquide ou pâteux, tout va être absorbé par l’humidité. C’est typique du premier cycle puisque le travail à l’aquarelle est quand même une histoire d’eau.

Pendant que la feuille de vigne absorbe l’eau, il faut passer à l’humidification de la feuille d’hortensia. Comme l’effet miroir est passé sur le premier dessin, le pigment circule moins. S’il y a un surplus d’eau, il faut l’absorber avec un pinceau réservoir c’est-à-dire le petit gris.

Pour le mariage de couleur, le rouge se trouvant sur les bords de la feuille de vigne est réalisé avec du brun pérylène et le vert avec du bleu de prusse et du green gold. Quand le papier est mouillé, il faut amener moins d’humidité puisqu’il a déjà son coefficient d’eau. Le pinceau à poils de martre est donc le plus approprié pour sa précision. Le geste est également très important. Et tant que le papier est mouillé, il est toujours possible de travailler, d’amener de la couleur, de donner des variations, de rehausser avec de la couleur plus pâteuse. Lorsque la feuille est pratiquement mate, un pinceau fin humide en martre permet de tracer des nervures au milieu. En repoussant le pigment, l’eau va créer des auréoles volontaires. Il est possible de réaliser un travail en négatif pour poser de la couleur dans les nervures et estomper avec de l’eau.

La feuille d’hortensia

Tout d’abord, il faut assécher l’excédent d’eau en gardant les délimitations. Comme ce modèle est dans le ton vert très clair avec du rose au bord, il faut commencer par poser du jaune avec un soupçon de green gold sur l’ensemble de la surface. Et du bleu va venir par-dessus.

Pour créer des nervures, il faut faire des retraits francs. La peinture est ramassée avec un pinceau synthétique humide. L’outil doit être essuyé après chaque raclée. Ce travail ne peut être réalisé que lorsque le papier est mat. Et dans les blancs venant d’être crées, il est possible d’injecter de la couleur pâteuse, du vert contrasté, qui ne va pas se diffuser mais créer un effet de velours.

La feuille de tilleul

La technique humide sur sec va être utilisée pour cette feuille. Donc, il est plus facile de garder du blanc sans drawing gum.  Il y a moins de fondu mais le travail est plus nerveux. Une fois que le papier est mouillé avec un lavis, il est possible de rajouter du pigment. C’est un exercice à faire puisque ça permet de laisser libre cours à l’imagination. La queue est réalisée avec un cordon d’eau et du pigment. Les deux vont se mélanger automatiquement.

La feuille d’érable

Il faut commencer par mouiller le papier. Ensuite, il faut poser des couleurs et utiliser du sel. Pour obtenir un vert profond, de l’indigo est mélangé avec du green gold. Et pour le rompre, il faut rajouter du rouge et du cramoisi d’alizarine. Après avoir versé une grande quantité de pigment sur la feuille, celui-ci va se propager dans les parties humidifiées et suivre la forme de départ sans déborder. Pour obtenir le ton grisé de ces effets brûlés, il faut mélanger les trois couleurs primaires : du cobalt bleu, de la garance brune et de la terre de sienne naturelle. Pour obtenir des gris différents, il faut rajouter l’un de ces couleurs selon la nuance souhaitée.

Le sel est déposé uniquement sur les bouts où le papier est déjà mat. Il ne faut pas le faire trop tôt sinon cet ingrédient va apporter de l’eau. En s’humidifiant, il va créer des auréoles volontaires minuscules. Le travail se termine avec la pose des petites nervures.

Conclusion

C’est le mariage magnifique du pigment et de l’eau sur papier où tout est sous contrôle. Les feuilles de vigne, d’hortensia, d’érable et de tilleul sont réalisées avec différentes techniques et divers coloris. Comme tous les artistes, il faut avant tout s’amuser et se faire plaisir pendant l’exercice.

Evelyne Leroy

Evelyne Leroy

é une bonne partie de ma jeunesse, mais c’est à l’âge adulte que je me suis décidée à suivre un cours d’aquarelle pour en découvrir les règles et les mystères ;

J’ai été élève à l’école d’art de Douai quelques années, et parallèlement, j’ai suivi un cours de techniques mixtes à l’atelier « Cantin de la Cour » pour libérer mon dessin et aller plus loin à la rencontre de moi-même…
Je poursuis cette recherche notamment au cours de stages, de rencontres et de moments de partage avec des aquarellistes confirmés tels David Chauvin, Patrick Larcebal, Joelle Krupa-Astruc, Thierry de Marichalar, Victoria Prischedko ou Cao Bei An ;
J’anime un atelier aquarelle depuis plusieurs années, pour partager ma passion et permettre à d’autres de s’exprimer avec couleurs et pinceau ;
J’organise régulièrement des sorties « carnet de balade » pour saisir sur le vif un paysage, une silhouette, un petit coin de nature et transcrire sur le papier l’émotion ressentie.

Mon parcours m’a amenée à participer à de nombreuses expositions à titre collectif ou individuel, parfois récompensée de prix, mais pour moi la plus belle récompense c’est l’attention, l’intérêt que le public porte à mes aquarelles !!

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