Un oignon comme prétexte pour le voyage de l'eau

Résumé de la vidéo :

Dans ce voyage de l’eau, un oignon va servir de modèle car il a beaucoup de forme, de volume et de mouvement. L’exercice consiste à rechercher son graphisme, sa tonalité de couleurs et les teintes complémentaires qui vont permettre de réaliser les ombres. Ce légume sera intégré dans un fond. C’est une bonne application du cycle de l’eau avec plusieurs couleurs mais pas en monochrome. En amont, il faut travailler le dessin, le graphisme et les valeurs afin de pouvoir se lâcher une fois que le papier est mouillé.

Le matériel

Un papier aquarelle Montval 300 grammes grain fin sert de support. Le travail est réalisé avec deux types de pinceaux : du petit gris et du kolinsky. Le choix des couleurs est important. Sur le cercle chromatique, la teinte de l’oignon se situe dans les jaunes orangés et les rouges orangés avec une pointe de violet. Pour assombrir le sujet en restant en harmonie, il faut prendre l’opposé de la couleur dominante sur le cercle chromatique. La palette va donc contenir de la gomme gutte, de la terre de sienne brûlée, du violet de pérylène, du bleu outremer en tant que complémentaire du jaune et du vert winsor nuance bleu comme complémentaire du violet.

La recherche de couleur

La recherche de couleur doit être effectuée pour voir si la gamme choisie correspond aux besoins. Comme le but n’est pas de réaliser un dessin documentaire donc chacun peut trouver l’expression qu’il souhaite donner à l’oignon. Il est tout à fait possible de faire un oignon vert par exemple à condition de garder des tons harmonieux.

La pose des couleurs doit suivre le cercle chromatique. Après la gomme gutte, il faut appliquer la terre de sienne brûlée puis faire un petit lien entre eux pour obtenir une gamme douce. Le violet de pérylène prend la place du rouge. Le bleu outremer servira à faire les ombres. Le mélange entre les deux permet d’obtenir de beaux gris rompus très intéressants. A la fin, il faut prendre le temps de noter toutes les couleurs dans le but de constituer un dictionnaire par la suite.

Le travail préparatoire

Avant de commencer, il faut passer par la recherche de croquis pour mieux comprendre le sujet. La palette doit être rechargée en couleurs fraîchement sorties des tubes. L’utilisation de matières sèches n’est pas conseillée car elles nécessitent beaucoup d’eau et comme le travail s’effectue sur papier mouillé, la noyade est inévitable. Cette étape doit être réalisée en amont car une fois que le support est humidifié, ce sera trop tard. L’usage de la même palette d’année en année permet d’éviter le gaspillage et de mémoriser facilement les couleurs même les yeux fermés.

Le voyage de l’eau avec un oignon

Ce n’est que quand tout est prêt qu’il faut se lancer dans le voyage de l’eau. Après avoir mouillé le papier, la couleur jaune peut être balancée sur le haut puisque la lumière vient de cette direction. Ensuite, de la terre de sienne brûlée est introduite au centre en sachant qu’elle va bouger. Pendant la pose des couleurs, il faut faire attention au séchage du papier. A ce stade, c’est le balancement qui gère les teintes et non pas le pinceau.

Lorsque l’humidité est uniforme partout sur le papier, il faut utiliser de la matière plus crémeuse avec un pinceau plus sec. Pour former l’oignon avec de la gomme gutte, il faut commencer par l’intérieur et non pas par le contour. L’hygrométrie du pinceau par rapport au papier doit être testée sur un brouillon. Les ombres prennent forme avec le petit gris. Même en n’étant pas dans le dessin académique, le résultat doit quand même ressembler à un oignon. Le surplus de liquide doit être pompé pour ne pas avoir des auréoles sur le bord.

Toutes ces étapes sont très importantes. Le stress est à éviter car il est tout à fait possible de ne pas réussir du premier coup. Mais comme le but n’est pas de faire un chef d’œuvre, il faut seulement faire de son mieux en sortant le sujet de ses tripes pendant le lâcher prise. Peut être que ce sera l’explosion du premier coup, c’est d’ailleurs le souhait de chacun.

Dominique Coppe

Dominique Coppe

Dominique Coppe est peintre avant tout, et l'aquarelle est son médium de prédilection: "car l'eau c'est la vie qui coule tout au long de mon travail, c'est le mouvement et l'énergie".

Dès sa plus tendre enfance, elle baigne naturellement dans un milieu artistique ouvert à toutes les influences. Son père, Roger Coppe, maître-verrier et peintre expressionniste de renom, l’initie à l’art du beau sans toutefois lui imposer ses propres visions esthétiques.

L’artiste allie avec brio l’observation stricto sensu des choses naturelles et les tatoue de concepts aux origines plus orientales. Aquarelles pleines de force, d’énergie et de lumière. L’artiste joue avec les propriétés d’absorption du papier pour réaliser des œuvres fougueuses et envoûtantes. Palette chromatique délicate et très nuancée.

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