Linogravure application simple

---------- Introduction

Bon Marie, une application ? En lino ?

Oui, on va continuer la lino en faisant un petit exercice où on va voir comment faire des motifs en positif et des motifs en négatif sur la même plaque en fait suivant qu’on enlève ou qu’on laisse de la matière,  le résultat que ça va donner sur l’impression.

Belle exercice, on va essayer de faire un truc sympa quand même. Oui, bien sûr.  Mais surtout pour justement maîtriser puis choisir après quel procédé on utilise.

Choisir puis voir suivant ce que l’on grave le résultat que ça donne une fois arrivé.

Ok ça marche, c’est parti. On y va.

---------- Démonstration

Donc voilà le sujet duquel j’ai décidé de partir. Donc je me suis inspiré en fait des feuilles. La nature est un très bon prétexte quand on n’a pas trop d’idée de ce qu’on peut faire. Il y a plein de sujets. Il suffit de ramasser quelques feuilles mortes et ça fait un très bon sujet.

Alors, ici ce dessin-là, moi je l’ai fait sur ma tablette ce qui permet de faire très facilement des dessins en noir sur fond blanc et des dessins en blanc sur fond noir. Mais vous pouvez aussi bien le faire avec des feutres ou sur un logiciel de dessin, sur un ordinateur. On fait comme on veut.

A partir de ça, comme j’avais fait ça assez rapidement, je l’ai en fait regriffonné de façon traditionnelle pour essayer de combler un peu mieux l’espace et que mes feuilles en fait, comme on fait de la linogravure et qu’il y a des pleins et des vides, essayez de vraiment combler la surface pour éviter d’avoir ces zones qui étaient un peu trop vides à mon goût.

Donc je l’ai redessiné. Et ensuite sur du calque, je suis venu vraiment préciser les traits vraiment de manière très précise de ce que je voulais comme dessin. On voit bien qu’on s’éloigne quand même un peu ici. Les feuilles ont pris beaucoup plus d’importance et en fait, tous ces vides ici sont réduits.

Donc là-dessus, pour mon pense-bête, en fait il fallait que je me souvienne parce que les traits sont identiques, où je dois enlever la matière et où je dois la laisser. Donc là le petit e là signifie enlever. Donc ça c’est un pense-bête.

Pour s’aider, on peut aussi doubler les traits par endroit si vraiment, on pourrait ici je vais le faire. Ça peut aider de doubler le trait pour se souvenir que là, on a besoin de laisser une épaisseur par exemple, au moins au démarrage du trait parce que c’est vrai que, quand on a le dessin à l’envers, je rappelle que dans la linogravure le dessin est à l’envers, on est quelques fois un peu perdu.

Donc ici, par exemple je peux simplement épaissir un peu mon trait pour me rappeler en fait quand je vais graver que, ça, ça va rester en plein. Ça suffit en fait, il ne faut pas forcément le faire partout. C’est au démarrage quand on démarre avec sa couche. Une fois qu’on a démarré après, on ne peut plus remettre. Donc ça, ça peut être à laisser.

Une fois que j’ai préparé mon dessin comme ça, je vais prendre ma plaque qui est coupé au format et je vais utiliser en fait le calque pour décalquer mon dessin sur ma plaque. Donc je retourne, mon trait de crayon est par ici, je retourne sur ma plaque pour décalquer. En fait, ce qui fait que quand je vais retourner réimprimer ma plaque, mon dessin final sera dans ce sens-là. Il sera donc dans le même sens que mon modèle.

 Avec, ici c’est un petit sujet, on peut le tenir avec sa main. Si c’est plus grand, on peut scotcher pour le tenir. On peut utiliser un dos de cutter ou reporter en fait le crayon. Il faut une surface dure pour reporter le crayon sur la plaque de lino.

Alors évidemment, là j’ai fait un sujet graphique que j’ai voulu un peu étudié mais on peut aussi dessiner directement sur la plaque ce que l’on veut. On n’est pas obligé de passer par les étapes. On peut être plus spontané que moi et faire les choses directement. Tout est permis.

Je vais quand même vérifier que tout s’est bien reporté. Utilisez plutôt un crayon gras pour faire votre dessin. Il se reportera d’autant mieux. Je pense que là c’est bon.

Donc j’ai mon dessin qui est sur ma plaque. S’il y a des endroits où il y a des manques, on peut toujours revenir un petit peu. Et donc ici, il faudra bien surtout au départ bien faire attention de ce qu’on enlève et ce qu’on garde.

Je rappelle ici les lieux sont à l’envers mais ce n’est pas grave. On enlève ici, on enlève là. Par contre tout ça, ça doit rester ici et on enlève l’intérieur. Non, je vais dire des bêtises. Donc on enlève ici l’intérieur de la feuille, on enlève çà. Et là, ça va rester noir.

Je vais commencer avec une gouge assez fine, parfaire vraiment le contour de ce trait ici parce que c’est celui qui est peut-être le plus délicat. Donc toujours avec ma main, bien derrière, je vais creuser de l’intérieur et l’extérieur en laissant donc une épaisseur pour le dessin de la feuille qui sera donc imprimé.

Ici dans les angles, je vais utiliser une gouge en V qui permet de faire des angles bien nets au moins pour le démarrage. Par contre cette gouge, c’est une gouge qui ripe très facilement donc il faut faire attention. Donc là, je change. C’est permis d’avoir des angles ici bien pendus.

Pareil, les nervures de la feuille, je les laisse en épaisseur puis je viens enlever tout ce qui se passe autour. Je vais l’enlever tout de suite. Je vais attaquer l’autre. Comme ça, tu pourras filmer. Après, je vais arrêter parce qu’il faut que je montre comment je grave la deuxième feuille.

Donc ici cette feuille-là, on laisse le trait qui sera visible. Par contre sur celle-ci, le trait doit être enlevé. On est à l’envers. Celle-ci, on enlève, celle-ci il faut laisser la feuille en plein. Et ce trait-là doit être évidé avec une gouge assez fine. Donc ici, il faut le faire d’un seul trait on va dire. C’est un peu délicat de mettre ses mains devant.

Voilà, de la même manière, la nervure centrale. Ici, je l’ai laissé apparente. J’ai creusé autour et ici j’enlève. On commence à voir la différence entre les deux, entre la feuille qui est évidée et celle qui va être pleine avec le contour en blanc.

Donc voilà, la plaque terminée. C’est un travail de patience. Il ne faut pas vouloir allez plus vite. On voit bien ici toute la partie qui est blanche ici qui est creusée donc qui ne sera pas imprimé. Et ici, toute cette partie noire-là qui est donc pleine avec simplement au trait les motifs des glands et de la feuille.

Donc on va imprimer, cette petite plaque. Alors ici, on va faire un petit mélange de couleurs, une petite couleur un peu automnale. Je mets de l’encre régulièrement sur mon rouleau et j’applique sur ma plaque. Attention d’être bien uniforme. S’il y a des manques, il aura des manques sur le papier.

Je mets ma plaque sur le côté pour ne pas imprimer là où j’ai sali. Et j’appuie fortement sans bouger avec un chiffon, c’est bien. Ce qui est important c’est que le papier ne bouge pas par rapport à la plaque.

Et voilà. Donc on obtient bien notre effet positif négatif avec la matière de la linogravure, par rapport à un dessin qui est fait comme ça qui est quand même un peu froid et pas très vivant. On a là cette matière, ce côté un peu inattendu à chaque tirage de la linogravure.

On peut maintenant on va refaire un deuxième tirage avec une autre couleur. Je peux la frotter un petit peu pour enlever le surplus. C’est pareil, si je voulais faire du bleu ou du vert, il faut que je nettoie mon rouleau ici. Je peux le réutiliser.

Le deuxième tirage est un petit peu plus régulier que le premier parce que souvent, le premier tirage fait des zones comme ça. On obtient ce côté très sympathique de la linogravure qui a des petits accidents, qui est assez vivant parce qu’artisanal en fait.

Donc on a vu qu’on pouvait bien sûr imprimer en positif, couleur foncé sur du blanc. Toutes les couleurs sont possibles. Mais on peut aussi imprimer en clair sur du papier foncé, on va le mettre dans le même sens, ce qui va donner un résultat inverse qui aussi est assez sympathique.

Et ici, j’ai fait un essai en fait en imprimant sur un papier demi-teinte. Une fois en blanc et en le décalant légèrement, avec une couleur un peu plus foncée. On peut créer comme ça des motifs à l’infini uniquement avec une plaque. Ici, un sujet qui est un peu graphique en fait, ça permet de mélanger les couleurs.

On pourrait faire ça aussi avec deux plaques associées. Des feuilles d’automne par exemple. Mais ici, ce qui est assez intéressant c’est d’avoir le clair sur le mi ton et le foncé sur le mi ton qui crée des images différentes.

Superbe, j’adore la lino, j’adore le résultat. Il y a tout plein d’univers différents possibles avec la même technique.

En fait c’est aussi un petit peu le but de l’exercice. C’est montrer qu’avec quelque chose de relativement simple, on est en positif négatif. On peut le tirer sur du papier clair, foncé.

Inverser l’effet.

Ou s’amuser avec des superpositions.

Et puis la plaque reste encore une fois, la plaque est là. C’est très noble, c’est un travail noble. Il y a une partie artisanale et une partie art derrière, c’est génial. C’est la magie de l’impression.

A vous maintenant, allez-y, au boulot.

Cliquez sur chaque image pour l’agrandir afin de la visualiser ou l’imprimer.

Marie A. Dubois

Marie A. Dubois

Née dans une famille passionnée et militante où la liberté de parole était la règle, il a fallu jouer des coudes pour s’affirmer. La musique, la peinture, le théâtre, tout était prétexte à se réaliser et le monde des arts s'ouvrait à nous. Mon penchant pour le dessin et la peinture s’est imposé très rapidement, il accompagnait régulièrement mes jeux d’enfance pour illustrer les histoires que j’inventais, dessiner des personnages et créer leurs costumes pour me construire un monde imaginaire.


Tout naturellement, je me suis orientée vers des études artistiques qui m'ont permis de maîtriser le dessin d'observation, la perspective, les différentes techniques et médiums, la composition, l'étude du modèle vivant. Cette formation m'a conduit vers un parcours professionnel dans la communication visuelle, loin des chemins de bohème, tout en continuant à pratiquer ardemment ma passion.


En 2011, j'ai voulu transmettre ce savoir-faire en créant Eskisse, un cours de dessin dont la pédagogie s'appuie exclusivement sur l'observation du réel. De même qu'un musicien apprend à respirer, ma conviction est qu'un dessinateur doit d'abord apprendre à voir, prendre le temps de s'arrêter pour regarder le monde qui nous entoure et le comprendre. 


Ma pratique personnelle est, elle aussi, basée sur l'observation. J'ai fait le choix de dessiner et peindre sur le motif, souvent dans des lieux insolites, mais toujours porteurs de sens, et sources de créativité.

  • [Karine BRAGARD le 02/07/2017]

    C'est très intéressant ! J'apprécie beaucoup tous les conseils judicieux et la démo de Marie.

    [Marie]

    Merci Karine, nous essayons toujours de vous aider à tester ou à approfondir des techniques.

  • [Mams le 19/05/2016]

    Très joli sujet, Le mariage de plusieurs impressions dans différentes couleurs est une super idée à exploiter.Merci

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Discipline Gravure
Difficulté Initiation
Genre Les Bases Techniques
Style Abstrait
Durée de la Vidéo 22mn10