Découverte de la linogravure

---------- Introduction

Alors Marie, ça y est, on se lance. La linogravure.

On y va. Je suis impatient, j’adore cette technique. Première vidéo.

On va commencer par les bases, voir les outils, et puis voir les gestes en fait. Comment on s’en sert mais de manière basique, simple.

Petite application simple pour rentrer en contact avec l’univers. D’ailleurs c’est magique et puis tout ce qu’il y a derrière qui est extraordinaire.

Voir en fait le principe, comment ça fonctionne.

On y va. C’est parti.

---------- Démonstration

Donc le principe de la linogravure en fait c’est un système d’impression qui est assez simple puisqu’en fait, ce sont des plaques de linogravure qui a une matière un peu spéciale. Au départ, je pense qu’on utilisait le même linoléum que celui qu’on mettait sur le sol. Mais aujourd’hui, c’est une matière qui est fabriquée spécialement pour les arts graphiques. Donc ce sont des plaques avec une matière de linoleum au-dessus et en dessous une trame de lin, je ne sais pas, qui permet de consolider la plaque. Et en fait cette plaque, on la grave avec une gouge pour enlever simplement ce que l’on ne veut pas imprimer.

Ça c’est le principe vraiment de base qu’on verra bien sur tout au long de cette vidéo.

Donc il existe différents types de plaques, différentes couleurs, différentes duretés. Il existe aussi de la gomme à graver qui est en fait plus molle et derrière laquelle il n’y a pas de tissu enfin de trame. Donc un peu plus fragile, un peu plus facile à graver. Pour les enfants par exemple, c’est bien. Mais aussi un peu moins précise.

Donc la première chose, c’est de choisir la taille de la plaque que l’on va graver suivant le motif que l’on va faire. Et forcément, les formats qui sont vendus dans le commerce, il existe toutes sortes de formats, ne correspondent pas toujours à ce que l’on veut faire. Donc je vais vous montrer simplement comment découper cette plaque de lino qui est assez dure. Donc en fait, on fait ça avec un cutter. Ici, si je veux par exemple la couper en carré, j’ajuste simplement. Donc simplement donner quelques coups de cutter ici sur la plaque du côté du lino en fait. Je n’essaye pas de passer à travers et puis d’un coup sec, je casse ma plaque. Et ensuite avec mon cutter, je viens découper le tissu en fait. Et j’ai un carré. Alors quelquefois, on a un peu de fils, on les enlève. Il ne faut pas qu’ils viennent interférer dans la pression. Et j’ai donc mon format.

Donc le principe de gravure de la lino, il est très simple. On utilise des gouges. Donc il existe vraiment différents types de gouges. Alors il existe différentes qualités. Des gouges comme ça sont de meilleures qualités que ces gouges là. Pour démarrer, des gouges comme ça, c’est très bien. Donc suivant en fait le profil ici de la gouge, on va faire des creux différents.

Je vais prendre la plus grosse. Donc le geste est très simple. Alors il est très simple mais peut être dangereux. Donc il faut toujours garder sa main derrière l’outil.

Au début, ce n’est pas évident et après, on s’habitue.

Oui, et on fait tourner la plaque suivant … c'est-à-dire qu’il ne faut jamais graver comme ça parce que forcément, de temps en temps ça ripe même quand on a l’habitude, ça arrive. Et bien sûr quand ça ripe, c’est coupant. Donc on se tape dans la main. Donc toujours avoir sa main derrière l’outil. Et puis en fait on exerce une pression sur l’outil avec un angle, ici, c’est une gouge qui est assez grosse, il faut exercer quand même pas mal de pression pour enlever la matière. En fait le principe c’est d’enlever la matière là où on ne veut pas imprimer puisqu’ensuite, on mettra de l’encre, on verra bien sûr ça après. On mettra de l’encre, on va imprimer. Donc partout où la matière est restée, ce sera imprimé. Là où on enlève, ce sera blanc. Donc on va simplement ici faire une petite démonstration des différents résultats, très dur, suivant les gouges. Donc on ne va pas faire quelque chose d’artistique, là tout de suite.

Cette gouge-là est très grosse, on va en prendre une un peu plus fine ici. Voilà, ça va déjà beaucoup mieux parce qu’on enlève moins de matière donc c’est moins dur. Celle-ci qui est très fine, très anguleuse alors attention parce que plus les gouges sont fines et plus elles ripent en fait. Donc en bougeant un tout  petit peu la gouge, ça permet d’avancer. Donc on voit bien que la matière qui sort n’a pas du tout la même taille. On regarde les différences ici. On en a une quatrième ici qui a une forme un peu particulière, qui permet de ne pas aller trop profond en fait. Ici, c’est simplement pour montrer différentes tailles de creux en fait. On obtient vraiment des creux complètement différents suivant la taille de la gouge.

Alors pour faire des courbes, en fait on va à la fois tourner son outil et la plaque. Par exemple, si je veux faire une courbe ici, je tourne mon outil et en même temps, je tourne ma plaque. Voilà, j’ai ripé.

Terrible.

Donc vous voyez, je laisse toujours mes mains derrière l’outil. Parce que comme on appuie fort, quand ça ripe, ça risque de faire très mal. Voilà, j’ai ripé donc. On ne peut pas remettre la matière. Je vais en profiter, j’oriente mon outil dans l’autre sens. Alors ici, c’est un peu plus difficile parce que forcément je n’ai pas de prise.

Donc pour faire des ronds par exemple, si je veux faire un rond, et bien je prends une gouge arrondie et puis je vais tourner ma plaque. En fait je fais un trou. Donc ici, je fais un trou rond qui est assez gros avec une gouge plus fine. Je vais faire un trou rond qui est plus petit. Donc mes traits que j’ai faits là, je peux les rectifier un peu. Là, je les ai fait un peu rapidement donc je peux revenir dedans, les élargir, rectifier. Et puis, cette grosse gouge en réalité que j’ai utilisée là pour faire un trait qui ne sera pas très beau à mon avis à l’impression sert essentiellement à évider des surfaces. Il fait plus qu’à faire des traits. Il sert à enlever de la matière quand on veut avoir de grandes surfaces.

Donc voilà le principe de base de la linogravure. Alors bien sûr le motif, je l’ai fait vraiment au pif directement. L’idéal c’est de le dessiner avant. On verra ça dans d’autres exercices.

Là, j’ai recoupé un peu ma lino pour recadrer puis enlever les lignes que j’ai mises sur le côté. Donc une chose aussi c’est qu’ici, j’ai fait un dessin en creux qui va être blanc sur un fond imprimé. Mais bien sûr, on peut aussi enlever de la matière par endroit pour avoir le dessin en positif sur un fond blanc. Donc par exemple, je vais faire un petit morceau, on va faire un petit morceau ici mais on fera d’autres exercices. Par exemple, je peux ici laisser un trait de couleur. Je vais faire juste sur le coin. On ne va pas le faire sur toute la surface. Donc ce trait là que je viens de faire va délimiter la zone que je vais évider. Et on verra après à l’impression le résultat donc de chaque partie du motif. Alors on peut mettre sa plaque un peu sur le radiateur, un petit peu au chaud. Ça la ramollit un peu, ce qui la rend plus facile à creuser.

Donc ici, j’enlève tout ce que je ne veux pas imprimer. Vous voyez, je dirige la gouge vers l’extérieur et non pas vers mon motif. Comme ça, si je ripe, ce n’est pas grave. Là c’est la gouge très profonde. Elle va jusqu’à la toile. Vraiment très grosse. Je vais quand même vérifier. Ça va être pas mal. On va essayer d’imprimer ça. Et puis de toute façon, après le premier tirage, on peut toujours rectifier sa plaque. On peut toujours enlever de la matière. Bien sûr, s’il y a un endroit où il y a trop de blanc, on ne peut pas le remonter mais on peut toujours rectifier sa plaque.

Maintenant, on va passer à la phase d’impression proprement dite. Donc pour ça, on a besoin des encres. Donc il existe beaucoup de marques différentes. Pour la linogravure, on utilise de l’encre à l’eau. Donc il y a des encres de toutes les couleurs qui se mélangent entre elles. Donc on peut créer des tas de couleurs différentes. On a besoin d’une plaque pour étaler l’encre. Alors ici, un petit support en plastique. On peut utiliser une plaque de verre, ça va très bien une petite plaque de verre. C’est très pratique. Donc un couteau si vous voulez mélanger les couleurs. Un rouleau pour étaler l’encre et la mettre sur la plaque. Et puis du papier. Alors le papier, on pourra démarrer avec un papier tout simple, un canson léger. Mais après, on peut faire des tests, on peut imprimer sur du papier couleur. On peut vraiment faire des choses très variées. Et le grain du papier va donner des effets différents.

Donc le principe est extrêmement simple. Donc on va commencer par mettre de l’encre, un peu liquide. Je la remélange un peu parce qu’elle est un petit peu liquide. Alors ce que je vous conseille vivement c’est de séparer votre plan de travail en trois. D’avoir un endroit où vous préparez votre encre, un endroit où vous allez encrer votre plaque et un endroit où vous allez imprimer. Ce qui fait qu’on ne doit pas bouger les choses, enlever, remettre. On va dire qu’ici, c’est sale, là c’est propre. Donc ça permet de travailler dans un environnement qui sera propre et de ne pas tout salir.

Donc cette encre, je vais l’étaler avec mon rouleau. Donc ici, elle est un petit peu liquide. J’espère que ça va marcher. Une fois que mon rouleau est bien encré, tout simplement je le passe sur ma plaque. On voit tout de suite apparaitre le motif. Il faut bien répartir uniformément. Ensuite, le rouleau a un support ici qui permet de le poser sans toucher la table. Ça permet donc de ne pas salir. Et puis, je prends ma plaque délicatement en veillant à ne pas salir les doigts, et je viens poser mon papier dessus. Alors ici, c’est un tout petit format donc avec les mains, je peux arriver à presser suffisamment. Sur un grand format, on va utiliser une cuillère en bois ou un chiffon, quelque chose qui va permettre de presser. Ici, avec la main, je presse sans bien sûr bouger le papier par rapport à ma plaque.

Alors très souvent, le premier tirage n’est pas très régulier puisqu’en fait, il faut un peu que la plaque boive. Et donc ce qu’on voit, ce qui est très important, c’est que d’une part, le motif est en miroir. Donc on a gravé un dessin, le résultat est à l’envers. Et puis on voit donc le dessin qui a été creusé qui est en blanc, le coin qui a été enlevé qui n’apparait pas et tout le reste qui est imprimé. On va en refaire un pour essayer d’avoir un résultat un tout petit peu plus uniforme. Mais l’intérêt aussi de la linogravure c’est ces accidents d’impression qui font que chaque tirage est unique. Donc on va en refaire un. On va essayer d’en refaire un pour avoir un résultat un peu plus uniforme. Et le résultat sera différent suivant qu’on encre fort ou qu’on encre moins. Et après, ça c’est de l’expérience, des essais. Je bouge bien ma plaque pour être dans une zone propre. Parce que si je mets ma feuille ici, forcément  je vais avoir des problèmes.

Donc voilà déjà le deuxième tirage. C’est un peu plus régulier que le premier. Donc bien sûr on peut varier les couleurs, les tirages, les supports pour avoir à chaque fois des résultats différents. Donc la plaque est réutilisable autant de fois qu’on veut. On ne va pas dire à l’infini parce que ça finit par s’abimer mais vraiment un très grand nombre de fois. Il suffit de la laver à l’eau. Personnellement, je la frotte avec une brosse à dent légèrement pour enlever vraiment toute l’encre et qu’elle soit impeccable. On la retrouve impeccable pour pouvoir recommencer.

Ça y est, on est rentré dans l’univers.

Ça y est, on a fait un premier petit exercice.

Super sympa.

C’est tout simple mais …

C’est magique, ça reste magique, ce procédé.

En fait, ce qui est sympa, c’est qu’on a quelque chose qui est un peu abstrait et puis on obtient un résultat et chaque tirage est différent. Ce qui fait qu’on obtient des trucs très sympa.

Oui, c’est très fort.

Une petite chose que j’ai oublié de dire lors de la démonstration.

Vas-y.

C’est un peu long à sécher.

Ah oui, les encres ?

Les encres sont … il faut une journée à peu près.

Ça reste poisseux longtemps, c’est l’intérêt de cette encre de Talens pour que ça puisse bien s’imprégner, s’imprimer. Mais à part ça, c’est un grand confort et surtout, la plaque après on me l’apporte toujours, c’est vachement bien.

Oui, après, c’est vrai qu’on peut s’en servir autant de fois qu’on veut.

Donc c’est un investissement pas financier mais le gravage, c’est du temps. Mais alors après, ce n’est pas pour une seule impression. C’est cool. A vous maintenant.

Jocelyne Vaunaize-dupuis

Jocelyne Vaunaize-dupuis

J’ai étudié le dessin du modèle vivant et l’histoire de l’Art à l’école des Beaux-arts à Lille en qualité d’étudiante libre, dans les années 1990.

Depuis ces années d’études, j’ai toujours la même passion pour le dessin du modèle, j’ai besoin de cette rencontre ; je dessine régulièrement avec différentes techniques.

J’ai ensuite expérimenté le modelage – sculpture, toujours avec le modèle ; ça a été un plaisir sans cesse renouvelé ;

J’ai suivi les cours de Norbert Tréca à l’Ecole d’Art de Douai, puis à l’ESAAT à Roubaix avec Armand Debève . Ses remarques parfois cruelles mais pertinentes ont contribuées à mon avancement et sont la base de mon travail

Depuis dix ans, je dispose d’un atelier «  l’atelier Bleu » dédié à la sculpture et au dessin.

J’accueille régulièrement quelques amateurs pour des stages de modelage. Ils se déroulent sur un WE et toujours avec le modèle car c’est la meilleure façon d’apprendre et de progresser .J’ utilise du grès chamotté, cette terre à une tenue idéale pour le modelage.

Je fais la cuisson dans mon four et l’on peut ensuite passer à une séance de patine afin de terminer l’œuvre!!.

Pas de questions pour le moment.

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Discipline Gravure
Difficulté Initiation
Genre Les Bases Techniques
Style Abstrait
Durée de la Vidéo 21mn37