La Sculpture : Un personnage assis

 

---------- Introduction

Jocelyne, tu nous montres quoi aujourd’hui la sculpture ?

Alors aujourd’hui, je vais vous faire une petite esquisse d’un modèle qui est assis et basculé sur le côté droit. Donc je vais vous montrer comment faire, comment d’abord faire la structure.

Oui, c’est important.

Et je vais terminer par une esquisse parce que.

On fait une esquisse.

En fait, c’est l’essentiel de la pose.

L’essentiel est là. Et après, on a des vidéos trop longues, des séances trop longues, tout ce qu’on veut c’est choper l’essentiel.

Après vous la coifferez comme vous le voulez.

On peut avoir le nez qu’on veut.

Exactement.

Ce n’est pas le sujet. C’est la pose qui compte.

C’est l’élan de la pose.

C’est parti Jocelyne, au boulot, on y va.

---------- Démonstration

C’est parti. Alors Jocelyne, première étape.

Oui, donc là, j’ai mis ma terre dans un sachet en plastique.

D’accord. J’ai préparé un petit bloc que je vais mettre en boulettes.

D’accord.

Pour travailler, j’ai préparé une pose assise. J’ai mon modèle donc je vais vous montrer comment commencer.

Très bien.

Alors là, je vais faire ma première boulette. Alors quand je commence, souvent je me fie à la colonne vertébrale.

Comme repère ?

Comme repère, oui. Parce qu’en fait, il faut prendre une bonne assise comme si je construisais ma maison. Je commence comme ça.

Toujours avec toi Jocelyne.

Et petit à petit, je vais monter mes boulettes en commençant par ce qui pose sur le sol c'est-à-dire la fesse droite.

D’accord.

Et petit à petit, j’arrive à la colonne vertébrale. Je vais remonter tout doucement.

Jamais tu ne pars d’un gros bloc que tu …

Ah, jamais. Non parce qu’en fait, j’ai peur qu’il y ait des bulles d’air et que la sculpture se fende ou se désagrège pendant la cuisson.

D’accord.

Parce que s’il y a une bulle d’air, c’est un petit peu embêtant.

Donc là, je prends ma terre, je la mets en boulettes et je vais monter. Alors au début, c’est un peu forme totem mais petit à petit, il va venir. Alors si je continue comme ça, ça va tomber en avant donc petit à petit, je vais tourner mon modèle pour avoir la forme. Je vois qu’il y a une petite courbure derrière du dos.

Dès le départ, très concentrée.

Oui, j’essaye de travailler bien.

Je prends ma terre et je vais continuer un petit peu. Alors quand je fais comme ça, je suis de dos mais déjà je monte la colonne vertébrale et j’essaye d’être déjà dans la forme. C'est-à-dire qu’il y a une jambe qui est levée et je sais où elle doit être. Je vois où elle doit être. Je surveille mon modèle.

Toujours, c’est très important.

Il faut avoir toujours l’œil sur le modèle. Au début, on fait la structure de la sculpture. Quand la structure est juste, c’est beaucoup plus facile de bien terminer. On peut poser la chair si on travaille avec le modèle.

Ma sculpture repose sur la fesse droite et la jambe va me donner l’assise là et au fait, ça ne va plus bouger. Ma sculpture va tenir. Alors quand on commence un travail comme ça c'est-à-dire par la colonne vertébrale, les jambes, l’assise, on a toutes les possibilités de la faire beaucoup plus grande parce qu’en fait, il n’y a rien de déterminé. Par contre, comme on travaille en proportion bien sûr, quand j’arrive au genou par exemple, je me dis là c’est le genou. Alors tout le reste du corps va être en proportion de cette cuisse. Il faut travailler avec le compas comme point de repère.

Alors les deux cuisses étant égales, je mesure pour trouver le genou de celle-là. Je vais de l’aine au genou. Quand je suis face à ma sculpture, je vois qu’elle est vraiment basculée sur la droite. C’est pour ça qu’elle repose sur sa fesse droite. Alors je prends quelques petites mesures. Donc ma mesure de référence c’est de l’aine au genou. Même si ce n’est pas bien déterminé, moi je le sais. Alors comme mon genou est un petit peu soulevé, je mets une petite boulette dessous parce que sinon ça ne va pas tenir. Puis je renforce l’articulation. Donc j’ai ma référence, je vérifie. Alors de la cuisse au genou, j’ai une distance que je vais retrouver du genou à la cheville. Donc le pied va commencer ici. Et je dois avoir la même chose de l’autre côté. Je vais du genou à l’aine, c’est bon. Et après, du genou à la cheville. Je vais baisser un tout petit peu, à peine.

Pour bien travailler, il faut travailler de tous les côtés à la fois, c’est important sinon ça peut être bon d’un côté et pas de l’autre. Alors là, on commence à voir la petite sculpture se monter. Pour trouver la hauteur du cou, je vais mesurer. Alors là, j’ai ma distance du genou à la cuisse. C’est ma distance de référence donc je vais voir où est-ce que je peux la mettre ici. Où est-ce que je peux la mettre ? Je peux aller de la raie des fesses jusque presque un petit peu au-dessus de la taille. Donc je me mets là, je prends les mêmes mesures un petit peu au-dessus de la taille donc la taille, elle va être à peu près là. Après de la taille, je vais arriver au cou. Parfait. Donc là, il manque tout ça.

Je continue avec mon repère de la cuisse au genou, du genou à la cheville, de l’aine au genou, du genou à la cheville. C’est un petit peu court. Je vais pousser, comme ça il va être plus  … après on le remontra. Ensuite, je vais repérer sur ma sculpture de la taille … Voilà, je suis là, à l’épaule et à la taille, c’est bon. La taille à l’épaule alors je ne suis pas assez haute pour le moment.

Quand j’utilise un grès chamotte fine, chamotte ça veut dire qu’il y a de la terre cuite à l’intérieur de la terre crue qui ait un tout petit grain et qui donne de la consistance à la terre qui permet de faire de la sculpture. Disons que c’est moins mou. Je vérifie. Même mesure de référence. Elle est là. Et là je tombe ici. Je suis un petit peu trop haut. Il faut que je prenne mon couteau. Sur une petite taille, ce n’est pas facile le compas. Là je suis un petit peu au-dessus de la taille. Si je prends la taille, je peux arriver aux épaules. Ce n’est pas encore assez haut. Alors si je regarde comme ça, je vois que l’épaule gauche est légèrement plus haute que l’épaule droite.

Quand je suis comme ça, maintenant, j’étudie bien, je redresse un petit peu. Je vais renforcer les genoux, la cuisse, prendre ma petite boulette. Alors je regarde bien les angles aussi par rapport au modèle de référence.

Maintenant, je commence à bien repérer mon travail. J’ai la taille ici. Ca fait une espèce de petit arrondi comme ça. Moi, je me sers beaucoup des lumières. Après, je vais voir cette partie-là bombée qui prend bien la lumière aussi. Et à partir de la taille du bassin, la cage thoracique vient en avant. Donc tout ça, je le repère et je le note. Je le note par un petit trait. Je vois qu’ici, il y a les omoplates, le cou. Alors pour que ça ne soit pas fragile, je vais continuer à faire la cage thoracique c'est-à-dire qu’il y a des côtes qui passe là. Et la sculpture de référence n’était faite avec un modèle vivant. Alors je fais bien attention aux angles. Là, j’ai mis son pied mal fait mais bien au bon endroit.

Pourquoi on sent bien la bascule ? Il y a le muscle de sous cuisse que l’on voit bien qui se détache. Et là, on a la fesse. Et cette fesse est soulevée. La fesse gauche. Je tourne un petit peu pour bien voir à nouveau le dos.

Alors toujours cet écrasement de fesse là. Donc c’est le passage qui va jusque-là et après vers la cuisse avec cette partie là qui marque l’articulation. Le ventre, là c’est rond. Ici, il y a un petit os qui part de l’épaule et qui va jusque-là derrière le cou. Ça fait un petit plat comme ça.

Cette cuisse, est-ce qu’elle est assez relevée ? Une cuisse est toujours relevée. Si quelque chose a tendance à se détacher, je pousse et en même temps je soutiens.

Alors on est parti donc on continue cette pose. Alors je vois que j’ai fait une erreur parce qu’en fait, si je regarde comme ça, cette épaule gauche est un petit peu plus bas donc je vais baisser un petit peu et remonter l’autre. Alors maintenant, j’ai toute ma structure qui est faite. Donc je peux m’appuyer dessus. Maintenant je passe plus à la chaire.

Alors donc là maintenant, je vois j’ai bien ma structure. Je vais commencer à donner de belle forme par exemple à ce pied qui est dans le prolongement de la pose.

Tout est là.

Tout est là.

C’est magnifique.

Comme je vous ai dit, c’est une esquisse. Et comme la terre est molle, alors vous voyez, j’ai mis une petite boule là pour tenir la jambe parce que sinon elle s’effondrerait.

Le temps que ça sèche.

Le temps que ça sèche un petit peu parce qu’on va lui mettre un petit plastique dessus ou un petit chiffon. Et il faut la laisser sécher tout doucement. Alors moi, je la laisse sécher à peu près un mois et demi avant de la cuire.

D’accord, tu ne l’évides pas.

Non je ne l’évide pas parce que j’ai utilisé de la terre chamotte donc je n’en ai pas besoin et puis j’ai bien serré ma terre. J’ai fait attention.

S’il y a un truc à retenir, c’est voilà, les gestes initiaux. C’est important.

Il faut bien serrer la terre.

Ok.

L’essentiel y est. Vraiment, c’est plus que du bonheur de finir les seins, finir la tête, les mains mais tout est là.

Super. A vous maintenant, allez-y, au travail.

Cliquez sur chaque image pour l’agrandir afin de la visualiser ou l’imprimer.

Jocelyne Vaunaize-dupuis

Jocelyne Vaunaize-dupuis

J’ai étudié le dessin du modèle vivant et l’histoire de l’Art à l’école des Beaux-arts à Lille en qualité d’étudiante libre, dans les années 1990.

Depuis ces années d’études, j’ai toujours la même passion pour le dessin du modèle, j’ai besoin de cette rencontre ; je dessine régulièrement avec différentes techniques.

J’ai ensuite expérimenté le modelage – sculpture, toujours avec le modèle ; ça a été un plaisir sans cesse renouvelé ;

J’ai suivi les cours de Norbert Tréca à l’Ecole d’Art de Douai, puis à l’ESAAT à Roubaix avec Armand Debève . Ses remarques parfois cruelles mais pertinentes ont contribuées à mon avancement et sont la base de mon travail

Depuis dix ans, je dispose d’un atelier «  l’atelier Bleu » dédié à la sculpture et au dessin.

J’accueille régulièrement quelques amateurs pour des stages de modelage. Ils se déroulent sur un WE et toujours avec le modèle car c’est la meilleure façon d’apprendre et de progresser .J’ utilise du grès chamotté, cette terre à une tenue idéale pour le modelage.

Je fais la cuisson dans mon four et l’on peut ensuite passer à une séance de patine afin de terminer l’œuvre!!.

  • [EPINOUX Anne-Marie le 19/03/2016]

    belle démonstration cela donne envie de s'y mettre! Merci beaucoup.

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Discipline Sculpture
Difficulté Initiation
Genre Les Bases Techniques
Style Personnages
Durée de la Vidéo 32mn40