Une montagne au pastel

---------- Introduction

Allez Françoise tu nous as préparé quoi pour aujourd’hui ?

On va travailler sur la montagne, un petit paysage de montagne.

Oui, très bien.

Le papier j’ai pris du pastel mate. Il faudrait faire attention au niveau de la couleur puisque la vidéo on a l’impression que c’est bleu mais enfin de compte c’est vert clair.

C’est la faute de la vidéo bien sûr d’accord. C’est un vert clair, pastel mate, un travail différent, techniquement c’est différent.

Oui parce que j’ai travaillé sur les fondus, l’éloignement et puis pastel mate. Au départ si on met une petite couche de pastel, on voit un petit peu les traces donc il faut fondre.

D’accord tu vas nous monter ça.

Oui.

Allez on y va.

---------- Démonstration

Alors on va commencer à travailler sur un paysage de montagne, les Pyrénées pour les citer, les nommer. Sur la photo on voit au premier plan des arbres mais je ne sais pas suivant l’évolution du travail si ces arbres vont être placés ou enlevés, on verra en cours de travail puisque quand j’ai réalisé, j’ai fait des petits croquis et au premier plan je mettais ces arbres et ça gâchait bien sûr le travail sur les montagnes donc on verra si on les met ou on ne les met pas.

Ok, d’accord.

Le tout c’est de montrer un petit peu au niveau des couleurs le contraste, le volume, la pente et un mélange avec le ciel.

Ok super. Très bien c’est parti.

Déjà le papier c’est un papier bleu clair pastel mate.

C’est du pastel mate d’accord.

Pastel mate voilà et j’ai fait des petits croquis avant bien sûr et toujours. Je vous rappelle qu’il faut toujours faire des croquis pour mettre le sujet en place et surtout avant de travailler, savoir ce que l’on veut dire, dire est-ce que c’est l’ensemble de l’image ou est-ce que c’est vraiment la montagne ou autre chose. Ça c’est très important au niveau des croquis de faire la sélection.

Ensuite le choix du support, la couleur du support donc bleu clair puisque c’est un petit peu l’harmonie de l’image mais on aurait pu prendre un blanc cassé, on aurait pu prendre une terre de sienne naturelle. Bien sûr on recouvre pour le ciel et puis il n’y a pas de souci.

On va commencer tout doucement par retravailler un petit peu le ciel même si déjà le ciel nous avons le bleu du papier pour montrer un petit peu la profondeur parce que c’est un paysage donc on va mettre un petit peu de rosé, rosé violet au niveau de la ligne d’horizon pour donner cette profondeur.

Je prends un pastel assez dur enfin dur mais pas trop tendre si vous voulez pour marquer un petit peu la ligne d’horizon c’est-à-dire la ligne d’horizon est toujours un petit peu flou donc je mets toujours un petit rosé violet pour ici. Je vais mélanger avec un petit peu de bleu très doux bien sûr.

Je reprends mon rosé violet. Je n’hésite pas à passer sur les petites zones marquées de mon croquis parce que bien sûr je ne veux par un contour. Je ne veux pas laisser un contour donc si je ne vais pas légèrement au-dessus, il va y avoir une petite marge, une petite limite qui ne fera pas très jolie sur le travail. Je prends un bleu différent et je retravaille sur l’ensemble.

Vraiment ne pas copier le document. Faites ce que vous avez dans la tête c’est-à-dire votre idée principale. Là pour l’instant mon idée c’est profondeur au niveau du ciel. Après, si les couleurs ne correspondent pas à l’image, ce n’est pas grave du tout du moment que ça corresponde à ce que vous avez dans la tête. Je travaille légèrement en oblique mais en même temps je peux travailler verticalement. Le tout c’est de mêler les pigments. Pour l’instant je n’ai pas passé mon doigt du tout.

S’essuyer de temps en temps les mains, et là puisqu’il y a quelques séparations donc je vais prendre mon doigt et j’écrase.

Je m’essuie et je reprends dans un sens différent. Et ça c’est aussi suivant le papier que vous utilisez. Etant avec du pastelcard, je n’ai pas besoin de mon doigt, que là avec le pastelmat il faut vraiment qu’il n’y ait pas ces traces qui gênent un petit peu le sujet. Je vais mettre encore un petit peu plus de bleu au niveau du ciel.

N’oubliez pas, très important, il faut bien garder de côté les couleurs que l’on a utilisées pour le ciel puisque tout à l’heure on va les utiliser pour la montagne pour avoir un rappel de couleur de nuance donc bien savoir lesquelles on a choisi. Je vais reprendre un peu celui-là.

Sur mon image, la montagne se confond avec le ciel donc là comme il y a une petit troué lumineuse, je trouve que cet effet de nuance est intéressant, je vais étirer cette couleur-là un petit peu sur la montagne dès maintenant.

Toujours bien s’essuyer les mains. Là ça me gêne. L’idée c’est de donner le mouvement sur la montagne donc le mouvement c’est-à-dire la pente. Là je me suis arrêté avec un trait vertical. Bien sûr tout à l’heure je vais repasser dessus mais déjà dès maintenant ça me gêne donc je le vois autant le faire tout de suite donc je vais m’arrêter en oblique. Je reprends le petit bâtonnet qui donne de la lumière et en même temps je vais commencer directement la mise en place de la pente neigeuse.

Je rappelle, ce n’est pas dessiner au détail, c’est vraiment suggéré. Quelques fois je repasse et je décale un petit peu le croquis, ce n’est pas gênant du tout. Vous voyez pour l’instant je reprends toujours les mêmes couleurs. C’est extrêmement important pour le travail au pastel, ne pas choisir trop de bâtonnets. Il faut essayer de faire avec ce qu’on sort.

Ce petit bâtonnet bizarre c’est un bâtonnet que j’ai fabriqué moi-même avec des restes de pastel. Je ne sais pas si vous voyez bien là et c’est utile. Garder les chutes.

Je ne vais estomper. Pour l’instant je laisse comme ça. Je vais chercher un bâtonnet un petit peu plus foncé.

N’hésitez pas aussi à travailler avec la tranche. Là ça peut être utile pour la pente pour donner une direction. Vous posez le bâtonnet comme ça et après vous étirez. Surtout évitez de dessiner avec le petit bout.

Maintenant je vais prendre un bâtonnet dans les blancs cassés mais assez lumineux pour donner un petit peu de lumière. Je n’hésite pas à repasser au-dessus de la surface déjà recouverte de pastel.

Toujours aller avec modération parce que si on commence à saturer là on ne s’en sort plus alors il vaut mieux en mettre un petit peu et après revenir dessus.

Pour travailler aussi il faut aussi bien aller à droite qu’à gauche c’est-à-dire quand vous avez une couleur, ne pas s’arrêter à un petit endroit mais surtout y aller un petit peu à l’opposé.

Là j’ai travaillé en oblique parce que c’était la pente de la montagne mais là au niveau du ciel, je trouve que cette lumière est assez intéressante donc je vais l’étirer jusqu’au ciel.

Maintenant je vais prendre une couleur violette un petit peu terne, toujours un bâtonnet assez dur pour marquer un petit peu plus les contrastes.

Là j’ai pris un bâtonnet assez dur et donc je le tiens à peine de manière à ne pas appliquer, enfoncer le bâtonnet dans le papier mais surtout le tenir de façon très légère pour pouvoir le tourner, de dessiner à droite à gauche avec en oblique, que montrer mon geste ne soit pas répétitif.

Là au niveau du creux de la montagne je force un petit peu ce côté foncé.

Là avec mon bâtonnet assez foncé, j’essaye de donner un petit peu plus de force au dessin c’est-à-dire que ça soit un petit peu plus précis. Et bien sûr ça je ne vais pas le faire à l’arrière-plan puisque c’est au lointain donc ça doit être un petit peu plus flou avec moins de contraste.

Là on travaille avec toujours le même bâtonnet. Je n’appuie presque pas. Je passe un voile dessus. Regardez bien aussi au niveau du geste, je ne fais pas toujours le même geste. Je fais dans un sens, dans un autre. Il ne faut surtout pas que ça soit répétitif. C’est vraiment extrêmement important.

Là à ce niveau-là mon geste est toujours en oblique pour montrer bien sûr la pente de la montagne. Pour l’instant je ne coupe plus c’est-à-dire à la base j’ai fait un travail et j’ai mis un petit croquis mais vous voyez je peux passer au-dessus étant donné que le sujet est gelé dans la tête je l’ai en image donc ce n’est pas grave si je passe au-dessus de mon croquis sans suivre exactement le dessin.

Ce n’est pas grave du tout du moment que le sujet vous l’avez dans la tête. Après si c’est plus grand ou plus petit, ça n’a pas d’importance du moment que l’on retrouve une montagne au final.

Il faut faire attention vous voyez ça fait un petit moment que je travaille toujours avec le même bâtonnet, ce violet assez foncé mais il faut travailler en appuyant un tout petit peu, en appuyant moins pour varier l’intensité sinon vous allez avoir quelque chose de complètement uniforme et ça ne va rien donner, que là j’appuie plus, j’appuie moins comme pour une descente, et ça va donner des effets de creux et de bosse.

Même si ce n’est pas exactement le document ça n’a pas d’importance. Je vous répète qu’au final il faut que ça soit une montagne ou quelque chose surtout en pente donc c’est en variant la pression. Et surtout ne vous tracassez pas si mettons ça ne ressemble pas au document c’est-à-dire il y a un petit creux là, vous ne l’avez pas, ce n’est pas grave du tout.

Vous voyez j’ai failli m’arrêter ici. Vous avez là un genre de trait horizontal donc il faut éviter comme tout à l’heure donc ça ne va pas si vous faites quelque chose d’horizontal ça va couper un petit peu cette pente que vous voulez donner. Et surtout ne pas mettre cette couleur partout. Laissez des petites troués où l’on voit aussi la couleur du papier.

Je vais prendre cette couleur. Je vais donner quelques petits coups, quelques petites nuances pour qu’on retrouve la couleur un petit peu partout mais vraiment en légèreté.

En général quand on fait un travail on a toujours une couleur de base mais je crois que ça va être ce violet-là qui va être intéressant pour reprendre, redessiner ou retracer.

Là j’avais eu des petits gestes saccadés plus ou moins marqués pour donner l’effet des petits rochers, toujours donner de l’illusion.

Juste toujours le même pastel je vais redessiner ou mettre si vous voulez mettre en évidence ce petit sommet-là.

Là pour travailler je tiens à peine le pastel, vraiment tout en légèreté.

Maintenant je prends un pastel assez tendre assez lumineux et je vais donner des petites touches pour superposer et donner l’effet de la neige, pareil tout doucement sans trop appuyer.

Vous voyez là j’ai appuyé un petit peu plus fort comme c’est un bâtonnet extrêmement tendre donc j’ai mis beaucoup plus de pigment sur cette surface-là que je vais étirer tout à l’heure. Je n’en ai mis pas mis partout, juste au centre.

J’en mets un petit peu dans le ciel pour qu’on ait bien ce fondu.

Je vais me servir de la tranche du bâtonnet.

Et vous voyez ces petites lignes vont augmenter la vision de cette pente. Bien sûr il ne faut pas faire des lignes très régulières. Variez la dimension, l’épaisseur. Vous voyez ce que je viens de faire ici exactement-là c’est-à-dire il y avait une ligne trop forte en violet et donc j’ai fait on appelle ça un passage. J’ai coupé cette ligne pour qu’on ait l’illusion de la profondeur et surtout que ça soit moins régulier et toujours avoir une ligne, une couleur, une ligne, une couleur.

Et là comme j’ai mis un petit peu de jaune, je vais légèrement… regardez bien, avec mon pouce propre… avec la tranche de mon pouce je vais l’étirer vers le haut pour donner un fondu. Je vais doucement. J’essuie, je continue. Donc j’ai étiré vers le haut, maintenant je vais faire légèrement en oblique. Faîtes attention de ne pas mélanger en même temps le violet sinon ça va vous donner une couleur sale.

Tout à l’heure je vous ai dit de bien faire attention de bien appuyer les pastels et de mettre de côté les pastels utilisés pour le ciel. J’ai utilisé du bleu tout à l’heure, celui-là. Je vais en remettre un petit peu sur les pentes de la montagne, pas partout bien sûr.

Là avec ce bâtonnet, j’essaye d’appuyer un petit peu plus fort par endroit pour donner un petit peu de… je ne vais pas dire d’énergie mais que ça soit moins fondu.

Je reprends l’autre bleu que j’ai utilisé pour le ciel. Je le prends en aplat et je laisse trainer.

Je prenais ce bâtonnet-là pour essayer de couper cette ligne assez foncée mais le résultat n’est pas trop valable donc je vais reprendre. Je trouve que cette ligne était trop identique trop monotone donc je vais reprendre mon bâtonnet violet puisque quelques fois au lieu de l’enlever il faut modifier. Je vais l’élargir.

Je reprends mon bâtonnet. Je vais superposer. Maintenant je vais essayer de trouver un bâtonnet proche de la couleur du papier donc je regarde. Voilà. Ce n’est pas tout à fait identique mais il est beaucoup plus lumineux mais ce n’est pas grave. Et en même temps ça va me donner de la lumière. Vous voyez il est assez proche plus lumineux mais la teinte fonctionne.

C’est un bâtonnet assez dur. Vous entendez ça raille un petit peu mais ça ne raille pas, ça donne cette impression.

Je vais prendre encore une couleur un petit peu plus lumineuse. C’est un jaune un tout petit peu plus lumineux.

C’est le bâtonnet jaune mais assez dur. Je vais le reprendre pour souligner quelques petits endroits.

Je crois que je vais m’arrêter là parce que le tout c’était de vous montrer un petit peu comment on travaille une montagne, le travail dans le lointain donc important c’est le fondu au niveau du ciel. Important aussi c’est le fondu au niveau de la cime des montagnes ne pas faire trop net. Surtout une erreur que l’on voit beaucoup c’est de faire la cime d’une montagne pointue.

Oui.

Non bien sûr que non. Ce sont des cailloux, c’est de la neige, c’est tout ça donc vraiment donner l’illusion de cette profondeur, cet éloignement. Je vais m’arrêter là, je ne vais pas faire le premier plan parce que je pense que le premier plan avec les arbres c’est un petit peu comme les croquis. Le premier plan va tuer le reste puisque ce n’est pas le sujet le premier plan.

Surtout je vous redis, allez doucement. Vous voyez au niveau des pastels, j’avais mis ça de côté et je ne l’avais pas utilisé, celui-là non plus. Avec très peu de pastel on peut faire quelque chose de cohérent et même je vous incite vraiment à travailler avec peu de pastel mais savoir les manipuler, superposer c’est vraiment ça le plus important et le geste, jamais de gestes répétitifs, un petit peu là on appuie, on appuie moins. Voilà je crois que c’est tout.

 

Et voilà le travail. Regardez ça. Vous avez regardé pendant toute la vidéo mais c’est superbe. Dernier petit commentaire ? Tu as dit beaucoup de choses. Super, regardez, magnifique, du pastel.

Je n’ai pas travaillé le premier plan puisque c’était inutile. C’est surtout le fondu, l’arrière-plan et la profondeur.

Ah oui tu as dégagé les arbres, tu as dégagé tout ce qui n’est pas intéressant.

Ça ne donnait rien.

C’est très beau. A vous maintenant, au travail. Prenez du plaisir.

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Françoise Guillaume

Françoise Guillaume

Je suis née à Tergnier (Aisne).
J'ai effectué des études d’Art.
J'ai été enseignante en Arts plastiques dans un collège de Boulogne sur Mer.
J'encadre des stages de pastel dans différentes associations de la région ainsi qu'à l'atelier Pastel d'Opale de Saint-Léonard.
je suis présidente de l'association "Pastel d'Opale", crée en 2007, et à l'origine du salon international Pastel d'Opale .

  • [Georges Lesur le 28/04/2017]

    j'ai bien suivi la démo, de Françoise, qui est très explicite! mais je pense qu'un premier plan aurait donné de la profondeur! très fan de ses démos... encore merci

    [Françoise]

    Bonjour Georges,
    Au départ je pensais faire un premier plan, mais après réflexion ce premier plan aurait perturbé le travail sur la montagne, qui était le sujet principal.
    Le premier plan aurait créé une profondeur mais aurait aussi enfermé l'élément principal. Je pense qu'il ne faut pas hésiter à revenir sur ses premières idées et se laisser guider par le travail.
    A bientôt.

  • [ fabrice Lefevre le 28/04/2017]

    C'est tout simplement superbe.
    Vers la fin, vous utilisez un pastel proche de la teinte du papier, quel en est le but, c'est pour faire un rappel parce que la couleur du papier restera présente ?
    Merci.

    [Françoise]

    Bonjour Fabrice,
    Oui vous avez raison, je reprends un pastel de la couleur du papier pour créer une certaine unité avec les teintes utilisées et la couleur brut du papier. Cela crée un aspect de "non fini" et en même temps on a l'impression que le travail est moins enfermé, laissant des passages entre le sujet et la couleur du support.
    A bientôt.

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Discipline Pastel
Difficulté Expertise
Genre Les Applications
Style Paysages
Durée de la Vidéo 25mn11