Dessiner une tete de zebre

---------- Introduction

Marie, on a une série sur les animaux.

Oui.

Et là je ne sais pas si c’est facile, difficile, un challenge ou pas.

On va faire un zèbre.

Oui c’est génial.

Je pense que c’est assez difficile parce que les rayures du zèbre viennent contrarier les volumes et c’est assez compliqué à dessiner en fait. Il ne faut pas s’y perdre.

D’accord. Le sujet est magnifique.

Oui.

C’est graphique ?

C’est un sujet qui est très graphique.

C’est un animal graphique le zèbre.

Intéressant à faire ce noir et blanc qui vient trancher mais il faut arriver à ne pas se perdre dans justement toutes ces rayures.

Pronostics ? Non, pas de pronostics. Allez on y va au travail.

On va tenter.

Oui allez on y va.

---------- Démonstration

Donc je vais travailler ce dessin sur un papier mi teinte. Je vais l’utiliser du côté le plus lisse (Il y a un côté qui est légèrement plus lisse que l’autre) avec un crayon pierre noir et deux crayons blancs. J’en ai un, celui-ci qui est un pastel en fait, un crayon pastel qui est un peu plus tendre et qui marque un peu plus que l’autre, et puis bien sûr ma gomme mie de pain indispensable.

Je vais commencer par esquisser mon dessin alors normalement, faites-le très légèrement pour pouvoir le gommer. Ici je vais appuyer un petit peu plus que ce qu’il faudrait pour la vidéo mais il faut vraiment l’esquisse la faire extrêmement légère. Je ne vais pas travailler trop grand pour que ça ne soit pas trop long à faire mais suffisamment grand pour qu’il y ait quand même un peu de détail.

Donc je vais comme d’habitude faire la structure générale. On a la forme de la tête du zèbre un peu en triangle donc je vais partir de l’oreille et je vais donc dessiner.

Ce crayon a quand même l’avantage de se gommer assez facilement.

Donc assez rapidement là je vais dessiner la structure des motifs qui vont m’aider à comprendre à la fois les volumes et ce qui est intéressant dans ce dessin. C’est ce qui est aussi difficile parce que cette structure gène un peu à la lecture des volumes du zèbre si je me fais bien comprendre.

Donc voilà j’ai terminé de faire la structure alors je ne n’ai pas beaucoup donné d’explications pendant que je dessinais parce que c’est assez complexe et c’était difficile de parler en dessinant.

D’accord. Un petit commentaire alors.

Je vais donner quelques explications. Il faut bien structurer les zones de blanc et le zones qu’on va mettre en noir après. Quand j’étais un peu perdu, j’ai mis un petit peu de blanc pour me rappeler que ces parties-là étaient blanches pour me retrouver.

Oui c’est troublant. C’est troublant ce qui se passe en fait.

Voilà parce que quand tout est tracé uniquement au trait, on n’y comprend plus rien, donc ça et puis aussi faire attention à suivre le volume en dessinant les formes notamment ici, ici qu’on sente bien qu’il y ait le dessus du cou par exemple. Alors il y a des endroits où les formes du zèbre vont à contresens du volume donc ce n’est pas toujours évident mais par exemple il faut ici qu’on sente bien quand même l’épaisseur du cou.

Oui. On a envie de s’arrêter là. C’est déjà très beau non ?

On ne va pas s’arrêter là.

Non je sais.

On va quand même continuer et renforcer tout ça donc maintenant je vais jouer aussi bien avec du noir et du blanc. Je vais continuer avec ce crayon-là et à la fin je viendrai mettre des blancs plus forts avec l’autre crayon.

D’accord.

Je vais continuer tout ça donc maintenant je vais dessiner un petit peu son museau là puisque ça je ne peux pas le faire en blanc.

Parce qu’il est sombre par rapport oui.

Parce qu’il est sombre en fait donc il faut jouer avec des zones foncées et un tout petit peu de blanc pour les lumières mais très peu.

Toute la particularité de l’exercice justement.

 

Là je vais une petite pause pour tailler mon crayon parce qu’on travaille dans quelque chose d’assez précis et donc il vaut mieux avoir des bons outils.

Ok.

Donc je reprends. Je vais en même donner quelques petites indications donc vous avez vu que je passe du noir au blanc mais je fais quand même attention de ne pas trop appuyer sur mon noir aux endroits où je ne veux pas être trop foncé donc je joue avec des noirs plus ou moins foncés. Et pour le blanc c’est pareil à certains endroits où je veux avoir des gris où je ne vais pas trop appuyer sur mon crayon blanc.

Par exemple ici j’ai une ombre donc j’appuie un peu moins sur mon crayon blanc. La différence n’est pas frappante mais quand même par contre là ici je suis un peu plus dans la lumière. Je vais appuyer un peu plus.

Donc je ne fais pas du pur coloriage en fait. A chaque fois je me reporte à mon modèle. Ce n’est pas parce que j’ai fait les traits mais je garde toujours à l’œil modèle, et donc je joue sur les valeurs en appuyant plus ou moins. Après à la fin quand tout sera rempli, on accentuera ses contrastes et on remettra de la lumière là où il faut et des ombres là où il faut en appuyant plus ou moins ou en changeant de crayon donc je vais continuer.

Je ne sais pas si je vais aller jusqu’au bout ici mais au moins finir la tête et puis après on équilibrera les lumières.

C’est presque terminé. Ce que je vais faire c’est que je vais maintenant ramener un tout petit peu plus de lumière par endroit avec mon crayon pastel. Je vais essayer de renforcer un petit peu les blancs par endroit, peut-être noircir certains noirs on verra, déjà ramener un petit peu de lumière donc sur cette partie-là avant je vais renforcer un petit peu. Par contre là il faut faire attention à ne pas trop effacer ce qu’on a fait avec ses doigts.

En fait le fait de remettre un peu de blanc ça fait tourner le volume et on n’est pas juste plaqué noir et blanc. En fait les endroits où j’ai moins appuyé passent dans l’ombre. Donc pour le blanc, il faut appuyer dans les lumières et pour le noir c’est l’inverse. Je vais lui mettre un tout petit peu de lumière ici pour faire ressortir un tout petit peu le nez un petit peu plus que sur la photo en fait, très peu alors là il faut y aller extrêmement légèrement.

Ici aussi je vais mettre une petite lumière qui frise sur le bord de son oreille là. Avec mon crayon pastel je vais renforcer cette lumière-là et le bout de l’oreille.

Je pense qu’on va s’arrêter là. Ici peut-être quelques petits poils sur l’oreille.

Si je voulais lui ranger un tout petit peu le regard, en fait ici on a des cils un peu baissés. C’est un petit risque que je prends là. Je ne sais pas trop ce que ça va donner. Et

 

Je ne sais pas si c’est le plus beau dessin que j’ai jamais vu mais ça me fait souvent cette impression avec Marie mais regardez. Vous l’avez déjà vu mais regardez ça. C’est génial. C’est sublime. Il n’y a rien à dire non ?

Sur le dessin même je pense que j’ai donné pas mal d’explications. Simplement une petite chose au niveau du fixatif parce qu’en fait c’est un dessin qui est fait à la craie enfin c’est au crayon mais c’est comme de la craie donc il faut le fixer mais très légèrement pour ne pas éteindre les blancs.

En fait le fixatif éteint les blancs.

Il l’estompe.

Il atténue…

Oui d’accord.

Oui voilà les blancs donc si on veut garder cette fraicheur…

Vous avez vu il va finir là.

L’idéal c’est de le mettre sous verre…

Je ne sais pas où on va le mettre. Je ne sais pas qui on va dégager. Je montre aux personnes mais je peux vous assurer que ça ne rentre pas chez toi Marie ça reste ici. C’est super. J’adore. Bravo. Et puis il faut vraiment travailler le sujet parce que c’est propice c’est vraiment graphique. C’est un travail intéressant.

Oui c’est très graphique.

A vous.

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Marie A. Dubois

Marie A. Dubois

Née dans une famille passionnée et militante où la liberté de parole était la règle, il a fallu jouer des coudes pour s’affirmer. La musique, la peinture, le théâtre, tout était prétexte à se réaliser et le monde des arts s'ouvrait à nous. Mon penchant pour le dessin et la peinture s’est imposé très rapidement, il accompagnait régulièrement mes jeux d’enfance pour illustrer les histoires que j’inventais, dessiner des personnages et créer leurs costumes pour me construire un monde imaginaire.


Tout naturellement, je me suis orientée vers des études artistiques qui m'ont permis de maîtriser le dessin d'observation, la perspective, les différentes techniques et médiums, la composition, l'étude du modèle vivant. Cette formation m'a conduit vers un parcours professionnel dans la communication visuelle, loin des chemins de bohème, tout en continuant à pratiquer ardemment ma passion.


En 2011, j'ai voulu transmettre ce savoir-faire en créant Eskisse, un cours de dessin dont la pédagogie s'appuie exclusivement sur l'observation du réel. De même qu'un musicien apprend à respirer, ma conviction est qu'un dessinateur doit d'abord apprendre à voir, prendre le temps de s'arrêter pour regarder le monde qui nous entoure et le comprendre. 


Ma pratique personnelle est, elle aussi, basée sur l'observation. J'ai fait le choix de dessiner et peindre sur le motif, souvent dans des lieux insolites, mais toujours porteurs de sens, et sources de créativité.

  • [Karine BRAGARD le 31/03/2017]

    Superbe ! J'adore !

    [Marie]

    Merci Karine, Fred aussi adore ce dessin !

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Discipline Dessin
Difficulté Expertise
Genre Les Applications
Style Animaux
Durée de la Vidéo 22mn25