Un paquebot au port à l'huile au couteau

---------- Introduction

Edmond.

Oui ?

Tu nous fais toujours voyager. Je pense qu’on va être dans un paysage maritime là. Qu’est-ce que tu as choisi comme sujet pour aujourd’hui ?

C’est un paysage de mer du nord avec l’entrée d’un paquebot au port en l’occurrence au port de Dunkerque à partir d’une photo que j’ai prise. Et ce bateau est tiré par un petit remorqueur.

Ok. L’intérêt alors là-dedans ?

C’est une grosse… vaste bon c’est…

D’accord.

Une composition des contrastes entre les couleurs grises et la couleur la force du paquebot par la couleur et puis la masse, cette masse métallique par rapport au petit remorqueur qui arrive à le tracter.

Intéressant à travailler au couteau ça en plus.

Très intéressant.

Super. Allez on y va au travail.

---------- Démonstration

Edmond on commence toujours par le matériel. Décris-nous ça.

J’ai préparé une toile en lin et je vais utiliser une gamme de couleurs assez simple pour réaliser donc le tableau qui représente un paquebot qui rentre au port. On va utiliser une gamme de couleurs un peu grise donc je vais poser de la peinture bleu outremer, de la terre de sienne naturelle, de l’ocre jaune, ensuite du cadmium, du jaune de cadmium foncé et de la terre de sienne brûlée également et du blanc de titane.

Les couteaux ?

Les couteaux, c’est difficile de donner des numéros parce que d’abord certains fabricants n’ont pas de numéro.

Oui et d’une marque à l’autre ça change.

Et d’une marque à l’autre ça change donc disons plutôt les formes il y a les couteaux de forme rectangulaire. Comme la toile est d’un format assez petit, on ne va pas utiliser de grands couteaux mais de premier abord d’abord un pinceau pour tracer le contour du paquebot et ensuite je vais utiliser un couteau de forme triangulaire assez pointue pour commencer le tableau.

Et au fur et à mesure s’il y aura une plus grande surface qu’il faudra travailler donc je vais prendre un couteau avec une lame un peu plus grande. Mais sur ces couteaux, tout dépend du fabricant. Il y a des fabricants qui n’ont pas les mêmes formes, qui n’ont pas les mêmes numéros donc il y a beaucoup de personnes qui nous demandent la taille des couteaux. C’est assez difficile. Par exemple celui-là il fait…

1 pouce ?

1,5 centimètre vous voyez.

Et ça se voit. On le voit de toute façon.

Oui on le voit

Ok, très bien.

On va visualiser un peu la taille du couteau quoi.

Ok.

Je vais d’abord tracer au pinceau, un pinceau assez fin en soie de porc, une couleur assez neutre donc mélange de bleu outremer et de terre de sienne naturelle et je vais tracer la forme du paquebot.

Je mets très peu de peinture.

La partie supérieure du paquebot va être de couleur un peu différente.

Si je fais mes dessins au pinceau c’est parce qu’il y a des formes un peu particulières.

Oui c’est particulier. Tu ne fais pas ça d’habitude.

Non il n’y a pas de perspective.

D’accord.

Ici je vais matérialiser le remorqueur qui va tirer ce paquebot. Là maintenant je vais être prêt à appliquer la peinture au couteau. On va commencer par la partie supérieure de la toile donc je vais utiliser un couteau de forme triangulaire assez pointu. Il mesure environ 3,5 cm – 4cm.

Mélange de bleu outremer et de terre de sienne naturelle pour casser un peu le bleu, le griser un peu disons.Alors comme ça a déjà été précisé mainte fois, je vais commencer par le côté droit de la toile donc je vais poser un bourrelet sur le côté droit de la lame, une petite pression et je fais glisser le couteau.

Là, toujours le même principe, poser un bourrelet de matière sur le côté de la lame. Je vais partir du côté gauche donc je mets la matière sur le côté gauche de la lame. On se positionne. On exerce une petite pression donc la lame environ à 45 degré et on applique la matière.

Il faut savoir qu’au couteau on utilise plus de peinture que lorsqu’on travaille au pinceau bien évidemment puisqu’on applique des épaisseurs plus conséquentes donc mélange de bleu et toujours de terre de sienne naturelle pour obtenir un gris bleuté. On va prendre assez de matière quand même sur la lame de manière à pouvoir l’étaler.

Là on va vers la ligne d’horizon. Tout à l’heure on va superposer donc de la peinture sur le ciel. Le couteau permet de faire ça aisément afin de matérialiser le quai du port où se rend le paquebot. Il faut bien mélanger évidemment il y a diverses possibilités mais là je mélange la peinture du la palette. On peut bien évidemment aussi mélanger la peinture sur la toile en direct mais comme je confectionne un gris, il est préférable de le travailler d’abord sur la palette.

Si j’utilisais bien sûr une couleur pure, le bleu pur sorti du tube, je n’aurai pas besoin de faire ces mélanges bien sûr sur la palette.

Voilà donc le ciel est posé. On va travailler le paquebot maintenant avec un couteau de même forme mais plus petit. Et peut-être que même ici pour faire la cheminé je vais prendre un couteau de forme plus allongée. Je prends de l’ocre jaune, un peu de terre de sienne brûlée.

Maintenant je vais commencer la partie arrondie de la coque en utilisant du jaune de cadmium foncé et une terre de sienne brûlée.

Là je procède au mélange des peintures sur la toile par eux-mêmes.

On va terminer de représenter la partie supérieure de paquebot donc on ne rentre pas dans les détails. Il s’agit plutôt de transcrire une atmosphère et cette masse qui se déplace sur l’eau. Maintenant je vais représenter le reflet du paquebot dans la mer et ensuite on va travailler la mer donc là devant le paquebot il y aura un remorqueur qui tire ce navire vers le port. Alors mélange de terre de sienne brûlée avec du bleu outremer pour représenter le reflet du paquebot.

Je mets une couche assez superficielle assez fine de matière. Au couteau on peut travailler de diverses manières c’est-à-dire qu’on peut appliquer de couches épaisses ou des couches fines. Là à la limite même je gratte un peu la peinture pour revenir dessus et on fera apposer des tâches d’eau, de vague ou de lumière sur ce reflet. Si je mettais une couche très importante, j’aurai plus de mal à le faire.

Par exemple je vais montrer un peu en appliquant une couche de peinture plus épaisse. Là je couvre complètement la toile. Le grain de la toile est caché mais si je veux mettre des touches de lumière, ça ne leur a pas donné un effet que si je gratte, je laisse apparaître un petit peu le grain de la toile et je vais revenir ensuite dans cette partie-là et vous allez comprendre pourquoi j’ai procédé de la sorte.

On va faire donc pour présenter l’eau, la mer un mélange du bleu gris initialement composé avec un peu de terre de sienne brûlée. Je rajoute un peu de jaune de cadmium pour faire la partie la plus éclairée et de l’ocre jaune. Je laisse juste cette petite tâche-là pour tout à l’heure matérialiser le bateau qui remorque ce paquebot.

Il ne s’agit pas de mettre une couche uniforme. On fait vibrer un peu avec une touche plus claire.

Là je vais changer de couteau pour faire la partie la plus importante qui représente la mer. Je prends ce couteau-là un peu plus large et également de forme triangulaire mais dont la base est plus large.

Pourquoi j’ai mis une couche pas trop épaisse pour représenter le reflet du bateau dans l’eau ? Ça permet de donner un peu de fondu pour représenter ces reflets qui ne sont pas réguliers.

Chose que je n’aurai pas pu réaliser si la couche de peinture était vraiment supérieure, plus épaisse.

Maintenant je vais suggérer certaines structures du navire avec des bras qui servent à lever les conteneurs ou des antennes aussi. Je vais prendre pour ça une lame très fine.

Là ici il suffit juste de tremper la lame dans la matière, dans la peinture, là en l’occurrence c’est de la terre de sienne brûlée, de l’appliquer en donnant l’orientation souhaitée et de représenter une partie.

On va foncer un peu cette partie-là qui est juste à la base de la coque en appliquant une couche de terre de sienne brûlée et un peu de bleu outremer.

Matérialiser et représenter un peu des vagues donc la mer est plate et c’est calme.

Avec du blanc pur presque pur.

Je reviens avec du blanc pur sur les parties qui ont déjà été enduites pour donner des tâches de lumière.

Maintenant on va représenter le fond, les quais, le port où se rend le navire. Quelque chose de pas trop précis parce que c’est situé à l’horizon au loin.

C’est juste pour suggérer les bâtiments qui se trouvent à l’entrée du port et maintenant ce bateau remorqueur qui est de forme plus allongée, juste un petit de matière. Il a une forme un peu particulière.

Il suffit d’apposer un petit point de peinture.

Je vais mettre une surépaisseur de peinture blanche juste à la limite du reflet pour donner plus d’intensité au reflet. Là pour apposer une deuxième couche de peinture, il faut évidemment prendre plus de matière sur la lame. Idem ici dans la partie arrière, plus de matière pour recouvrir la couche qui est en dessous. Ça donne plus de force à la masse du paquebot ces traces de peinture-là blanche au bord du reflet.

Vous voyez c’est quelque chose qui n’est pas très précis. Ce n’est pas un travail d’architecte je veux dire. On donne plutôt une ambiance, une atmosphère de cette grosse masse qui rentre au port tractée par un tout petit remorqueur. Le câble je ne l’ai pas représenté. C’est un câble qui n’est pas tellement gros et donc comme le remorqueur se trouve au loin, ce n’est pas la peine de représenter ce câble qui relie le remorqueur au paquebot.

Et j’ai démontré également qu’on pouvait travailler avec des couches de peinture fines par exemple ici pour permettre de suggérer un peu les mouvements de l’eau et les reflets dans l’eau, et des couches beaucoup plus épaisses comme ici la partie de la mer et également la coque du bateau et la base du reflet.

Ces différences d’épaisseur permettent de rendre des effets plus réalistes. Si j’avais mis une grosse couche de peinture ici pour représenter le reflet du bateau, je n’aurai pas pu travailler de cette manière-là même pour suggérer un peu les vagues.

Oui, tout est en suggestion en fait.

Oui c’est ça.

Super. Très bien.

 

Voilà.

Voilà donc l’atmosphère qui a été restitué. Et le couteau permet donc de travailler l’eau, la matière et l’eau bien évidemment.

Dans le frais.

Et tout se reflète dans le frais.

Toujours dans le frais. C’est ça qui est super. Et moi j’aime bien cette masse-là. J’aime bien cette couleur un peu rouille, ce rouge un peu rosé.

Oui exactement. Le couteau permet de représenter plus facilement le mouvement des vagues.

Et puis ça donne une atmosphère d’ensemble un peu étrange.

Etant un peu étrange le retour au port du marin qui est bien.

Oui super. A vous maintenant.

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Edmond Zienowicz

Edmond Zienowicz

Peintre français d’origine polonaise né en 1947 formé à l’école de Beaux Arts de Roubaix. Il est influencé par l’école flamande et l’époque des impressionnistes ses thèmes de prédilections sont les paysages, les natures mortes, les marines et ... les carnavals.

En tant que peintre du Carnaval de Dunkerque une de ses toiles intitulée « la bande place Jean Bart » a été acquise par le musée des carnavals du monde à Hertogenbosch (Pays- Bas) où elle représente le folklore dunkerquois. La touche nerveuse et dynamique de cet excellent coloriste est parfois ponctuée de rehauts et exprime le strict nécessaire. Ses œuvres sont référencées dans le dictionnaire Drouot cotation. Il est lauréat de plusieurs concours et a reçu en 2009 la médaille d’argent attribuée par l’Académie des Arts, Sciences et Lettres de Paris. L’une de ses toiles a été distinguée « Toile d’Or » de l’année 2015 au cours de l’exposition qui s’est déroulée au Grand Palais à Paris par la Fédération Nationale de la Culture Française.

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Discipline Huile
Difficulté Expertise
Genre Les Applications
Style Paysages
Durée de la Vidéo 21mn