Crique de Provence à l'Huile au couteau

---------- Introduction

Edmond.

Oui ?

On continue et on va toujours dans la Provence et tu nous fais cette fois-ci ?

Un bord de mer encore mais beaucoup plus escarpé avec une partie rocailleuse.

Une variante. On a déjà fait un bord de mer avec des pins parasol.

Je parle un peu de crique avec en premier plan également des pins parasol.

On a trouvé que ce sujet était intéressant pour continuer à apprendre à maîtriser le geste, les couleurs sur un exercice simple.

Exactement.

On y va. Au boulot.

Au boulot.

---------- Démonstration

Je vais réaliser sur un carton toilé un paysage de Provence du sud de la France, un paysage assez escarpé, des rochers et la méditerranée bien évidemment et en premier plan également des pins parasol sur ce terrain escarpé. C’est une scène et une image assez classique qu’on retrouve dans le sud du côté de Lavandou bordés de mimosa, ces endroits-là qui sont magnifiques.

Et alors j’utilise comme couleur du bleu outremer, du bleu de cobalt, de la terre de sienne naturelle pour peut-être casser un peu le bleu je vais voir un peu ou donner des touches de lumière, de l’ocre jaune, de la terre de sienne brûlée, de la terre d’ombre brûlée, du jaune de cadmium clair, du jaune de cadmium moyen, deux blancs, d’un côté pour les bleus et l’autre blanc pour les couleurs jaunâtres et brunes.

Alors comme couteaux, des couteaux pointus, un couteau assez petit qui fait environ 2 cm de longueur de forme triangulaire, l’autre dont la lame est un peu plus longue d’environ 4 cm également de forme triangulaire, l’autre dont la lame est un peu plus longue d’environ 4 cm également de forme triangulaire. Un couteau peut-être pour représenter les parties rocailleuses donc de forme rectangulaire.

Je ne pense pas en avoir besoin aujourd’hui peut-être pour représenter le sommet des pins parasol et un autre couteau pointu que j’ai oublié de citer précédemment.

Voilà de l’essence de pétrole ou de térébenthine désodorisée c’est préférable pour la santé et même quand on travaille dans un atelier, un pinceau en soie de porc de forme pointue pour réaliser l’esquisse. Je vais faire une esquisse sommaire de cette scène que je vais représenter. D’abord matérialiser juste un petit peu de diluant. Environ au tiers je vais poser ma ligne d’horizon. Je vais prendre un repère. Voilà.

La partie escarpée maintenant.

Les pins parasol qui sont au premier plan.

Je vais réserver cette partie du sommet des arbres.

Voilà donc maintenant avec un jus c’est-à-dire un peu de peinture et puis de diluant, je vais recouvrir la partie qui va représenter le ciel.

L’esquisse est terminée et je vais donc maintenant pouvoir commencer à travailler au couteau pour représenter ce paysage. Je vais utiliser un couteau de forme triangulaire comme l’espace est assez réduit. Je vais utiliser une lame assez courte qui fait environ 2 cm de longueur. Pour représenter le ciel, je vais utiliser un mélange et de bleu de cobalt avec du blanc.

On peut procéder au mélange sur la toile mais là vu que la surface est assez limitée, il est préférable de le faire sur la palette.

Toujours un bourrelet de peinture sur le tranchant sur le côté de la lame. Et on fait glisser ensuite.

Alors maintenant je vais représenter la mer en utilisant un couteau de forme triangulaire mais un peu plus grand dont la lame mesure environ 4 cm avec l’extrémité arrondie.

Toujours avec le même mélange : bleu outremer, bleu de cobalt et un peu de blanc.

Je vais représenter maintenant le massif de terre, cette crique notamment la terre et les rochers qui l’entourent avec un mélange d’ocre jaune et de terre de sienne brûlée.

Je vais représenter maintenant le sommet des arbres avec un vert réalisé avec du bleu outremer et un peu d’ocre jaune, valeur foncée.

Maintenant je vais réaliser le tronc des arbres avec un mélange de terre de sienne brûlée et de terre d’ombre brûlée mais pour les parties les plus claires, j’éclaircie avec un peu de jaune de cadmium. Prendre un bourrelet de peinture sur le côté gauche de la lame.

Maintenant je vais réaliser la partie rocailleuse de ce bord de mer en mélangeant de la terre de sienne brûlée avec du blanc pour représenter des rochers, un terrain escarpé irrégulier où il y a de tout : la végétation, les rochers, les herbes.

Vous voyez qu’avec certains empâtements on a même l’impression de sculpter un peu la couleur pour représenter le relief.

Je vais terminer ce tableau en y ajoutant quelques traits de lumière, quelques traits d’ombre aussi. Voilà. Je vais terminer en rectifiant les petites irrégularités, les petits manquements de matière de part et d’autre mais travailler au couteau n’est jamais totalement homogène je veux dire ou là en travaillant sur les grandes surfaces des couches très épaisses.

Oui ce n’est pas l’objet en fait.

Non.

Pour suggérer je crois.

Laissez des traits de lumière de temps en temps pour faire vibrer un peu l’eau qui n’est jamais vraiment uniforme.

 

Toujours peinture dans le frais. C’est très très frais. C’est plein de poissons.

Oui.

Des couteaux. Alors ?

Voilà le tableau réalisé avec des couleurs assez vives et je me suis permis donc de travailler à certains endroits par épaisseur un peu plus importante. On a même l’impression parfois de sculpter la couleur. Ça donne beaucoup plus de relief à certains endroits. Evidement ça ne se fait pas pour la mer ou le ciel mais la partie rocailleuse c’est également l’avantage du couteau.

C’est tout l’intérêt oui bien sûr, tout l’intérêt du couteau et c’est adapté.

Et ça donne beaucoup d’éclat également à la couleur à la peinture.

Voilà.

Il n’y a pas de parasite. Il n’y a pas d’essence il n’y a rien donc la couleur n’est pas ternie par une autre matière. On écrase les molécules de la couleur avec la lame du couteau, ce qui donne beaucoup d’éclat à cette matière.

D’intensité.

Intensité.

Super. Très bien. Voilà, tout est dit. A vous maintenant, au travail et au plaisir tout le temps.

Edmond Zienowicz

Edmond Zienowicz

Peintre français d’origine polonaise né en 1947 formé à l’école de Beaux Arts de Roubaix. Il est influencé par l’école flamande et l’époque des impressionnistes ses thèmes de prédilections sont les paysages, les natures mortes, les marines et ... les carnavals.

En tant que peintre du Carnaval de Dunkerque une de ses toiles intitulée « la bande place Jean Bart » a été acquise par le musée des carnavals du monde à Hertogenbosch (Pays- Bas) où elle représente le folklore dunkerquois. La touche nerveuse et dynamique de cet excellent coloriste est parfois ponctuée de rehauts et exprime le strict nécessaire. Ses œuvres sont référencées dans le dictionnaire Drouot cotation. Il est lauréat de plusieurs concours et a reçu en 2009 la médaille d’argent attribuée par l’Académie des Arts, Sciences et Lettres de Paris. L’une de ses toiles a été distinguée « Toile d’Or » de l’année 2015 au cours de l’exposition qui s’est déroulée au Grand Palais à Paris par la Fédération Nationale de la Culture Française.

  • [Georges Lesur le 21/04/2017]

    je suis une fois de plus émerveillé par la peinture au couteau ! surtout avec cette dextérité . merci à vous tous

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Discipline Huile
Difficulté Expertise
Genre Les Applications
Style Paysages
Durée de la Vidéo 19mn07