Peindre un portrait, épisode 5 : Les effets de texture

---------- Introduction

Amandine, épisode numéro 5.

Oui.

Mais tu l’avais déjà dit d’ailleurs, c’est ça ?

C’est ça c’est les effets de texture donc ici on a un chapeau en feutre, on a un pull en laine, on a des cheveux lisses et raides et une barbe grisonnante et ondulée.

La totale.

Donc c’est tip top.

Ça elle adore.

Il y a tout en un. Ce sujet est super pour ça parce que c’est un très bon exercice pour justement arriver à comprendre de nouveau comme je le disais pour le regard. Là c’est une compréhension du sujet c’est-à-dire que selon la texture qu’on veut rendre, on ne va pas utiliser ses pinceaux de la même manière. On ne va pas utiliser les mêmes pinceaux déjà parce que chaque outil aussi a une fonction donc on va voir tout ça. C’est une méthode aussi. Ce n’est pas si compliqué. C’est une méthode comme tout

Allez on y va au travail.

Au travail.

---------- Démonstration

Dans cette nouvelle étape nous allons passer maintenant à la texture donc là essayer de rendre justement le rendu du chapeau, ce côté un peu feutrine, la laine du pull, les cheveux, déjà les cheveux et la barbe qui sont déjà bien différents donc du coup on va passer aux effets de texture donc là c’est vraiment la technique dans le sens où on a la forme, on a la couleur, là c’est vraiment la manière dont on va utiliser le pinceau.

On va commencer par le chapeau. Pour ça on va prendre une petite brosse. Pour rendre ce côté feutrine, déjà la grande chose à faire est d’observer et essayer de comprendre comment fonctionne le matériau. Là c’est donc du feutre.

A quoi on pourrait résumer ça ? C’est simplement un peu comme du velours c’est-à-dire que quand la lumière se pose dessus, ça fait une multitude de petits pointillés un peu comme une pelouse où là vraiment c’est comme une multitude de pointillés entre la lumière et l’ombre donc finalement on s’aperçoit que si on veut rendre du pointillé, c’est évident qu’on ne va pas lisser la peinture.

Là on ne va pas vraiment l’étendre. On va essayer de travailler plutôt en touche comme ça plus en pointillisme. C’est plus l’idée. Pour le pull, là c’est de la laine donc il y a une maille et la maille on va essayer de la rendre déjà par cet effet de rayure. Déjà il y a donc ces rainures-là.

On va éviter comme pour les cheveux quand il y a une multitude comme ça d’infimes éléments, on ne va pas tous les représenter. Ce serait perdre son temps alors qu’on comprend très bien l’effet simplement par suggestion.

Ce qu’il faut c’est arriver à comprendre par exemple qu’à partir du début de l’épaule jusqu’au bras, on a vraiment des rainures foncées alors qu’à l’inverse sur le dessus à côté des cheveux en dessous du col, là on a des rayures qui sont plus lumineuses. C’est la maille qui est tendue et détendue, la lumière ne se pose pas pareil donc avant de se lancer comme ça à vive allure il faut essayer de comprendre ce qu’on voit.

Pour ça, ça veut dire que ça va se traduire par des rainures plus foncées en enchainement de lignes claires et de lignes foncées et avec ça on va justement pouvoir suggérer la maille par simplement des petits effets comme ça d’ombre et de lumière donc non seulement par des rainures et en plus par cet effet de maille mais pas partout, simplement aux endroits les plus évidents où on voit le plus c’est-à-dire au niveau ici de l’épaule là et donc l’autre effet de matière sont la pilosité.

Là on s’aperçoit que les cheveux et la barbe sont complètement différents. Déjà le cheveu est fin, il est léger, il est droit, il est raide donc on ne va pas s’amuser à tracer chaque cheveu, ce serait une perte de temps donc de nouveau c’est une suggestion.

Là c’était le travail précédent on a mis par zone. On a vu que ça commençait dans l’ombre et ensuite plus on va vers le bas, plus il y a de la lumière et aussi de la couleur donc ça on a travaillé. Ce qu’on va pouvoir faire c’est revenir avec un pinceau fin de ce type-là c’est-à-dire un pinceau rond avec des poils longs parce que plus le poil est long, plus on peut tracer des lignes fines et régulières et là on va pouvoir venir tracer les cheveux les plus déterminants.

J’entends par là de nouveau si on est dans la suggestion, on s’aperçoit qu’il y a des mèches qui sont plus visibles que d’autres. Dans les zones foncées il y a toujours des petites mèches ou des fins cheveux que l’on voit en lumière. Et dans les zones de lumière il y a toujours des mèches plus foncées qui sont plus à l’ombre donc c’est de nouveau cette histoire de contraste qu’on va représenter.

Même chose pour la barbe, là pour le coup on les voit bien tous ces petits poils mais le problème c’est que si on cherche à les représenter, ça se finit souvent en aplat de spaghetti parce que c’est très difficile d’avoir autant de finesse donc c’est de nouveau une suggestion.

On a trouvé la forme c’est-à-dire cette ondulation, on a les couleurs, on a travaillé justement par nuance et là de nouveau comme pour les cheveux comme pour le reste on va venir avec un pinceau rond à poil long et fond pour pouvoir tracer simplement les poils des déterminants. Par exemple si on trace les poils blancs sur le fond ici on va comprendre que c’est une masse de poils avec surtout des petits poils très sauvages ou une touffe un peu sauvage.

Pareil pour la moustache ça va être le mouvement. Ça va être plus dans la suggestion que dans la représentation fidèle. On va donc garder la même couleur, c’était ce turquoise ici fait par du bleu donc bleu de cobalt ou bleu cyan avec un peu de jaune. Là j’ai utilisé du jaune de cadmium foncé ou moyen. Pour la lumière on avait utilisé ce mélange-là. Si on veut assombrir un peu on va rajouter un peu de bleu outremer. C’est un bleu qui parait déjà un peu plus naturel.

On peut rajouter une petite pointe de rouge puisque là on est trop dans le vert.

Là on va de nouveau on va faire des effets de texture donc ok très bien mais aussi ne pas perdre la lumière.

On peut travailler sous forme de glacis aussi avec une peinture très diluée très légère. Et là on a dit qu’on n’étalait pas la peinture. C’est juste une juxtaposition de touches.

Vous voyez là en fait je profite de la trame du support, là en l’occurrence c’est un carton toilé donc de la toile. Je profite des grains en passant une couche très fine de peinture donc là on est presque dans le glacis. On profite de la texture.

On peut voir que c’est avant un travail aussi de rigueur dans le sens où plus on va détailler, plus on va prendre le soin d’apporter à chaque élément ses nuances et ses contrastes, plus notre sujet va prendre vie.

Pareil ici, on est dans un tissus qui est plutôt lisse comme peut-être du coton. En tout cas il est plus lisse que le feutre mais il y quand même pas mal de nuance donc c’est pour ça qu’ici ça se travaille de manière différente. On peut lisser légèrement, ça c’est possible mais quand même laisser quelques traces du support ou du pinceau.

Ce qui va faire toute la différence ici ça va être un peu comme l’éclat de l’œil dans les yeux-là c’est vraiment le cerne noir en fait l’ombre du tissu et l’ombre portée qu’il y a ici notamment.

Là on a fait les rainures pour représenter la laine. Maintenant on va essayer de suggérer les mailles. Pour ça c’est simplement avec quelques touches de pinceau pour représenter ces espèces de petits v là comme ça, pas partout, juste dans les endroits les plus visibles sur la photo. Alors j’essaye déjà de trouver la bonne valeur. La couleur on l’a mais c’est surtout la bonne valeur c’est-à-dire de savoir quelle luminosité.

Là simplement par exemple pour la fermeture éclair qu’on voit ici en parti, on va juste représenter des petits points blancs en tout cas un blanc chaud

Et bien maintenant il nous reste la pilosité : les cheveux, la barbe et puis les sourcils aussi. Pour ça on va utiliser ce pinceau-là qui est un pinceau qu’on appelle un traceur parce que c’est un pinceau rond, fin avec des poils très long. Et plus le poil est long, plus il stocke de l’eau ou du liant, ce qui fait que vous pouvez facilement tracer les lignes longs, fines et régulières.

A l’inverse si vous prenez un petit pinceau de ce type-là, ça c’est bien pour faire des petits points, des petites retouches. D’ailleurs c’est pour ça qu’on l’appelle un pinceau à retouche parce que le fait d’avoir un poil très court permet de faire des petites pointes ou des petits effets de touche. Par contre il n’y a aucune zone de stockage donc ça ça va être autre chose.

Ici on va prendre donc le pinceau traceur mais avant ça, je vais préférer appliquer déjà de nouveau une couche pour essayer de rendre toute cette zone-là uniforme. Le pinceau traceur on l’utilisera seulement pour justement les cheveux épars et pour ces zones un peu anarchiques comme ça. Par exemple ici on s’aperçoit que pour cette zone, c’est le même noir, c’est l’obscurité et c’est vraiment l’ombre qu’il y a sous le chapeau elle revient jusque sur les cheveux. On a une zone ici en aplat

Pour pouvoir utiliser ce pinceau-là correctement, il faut évidemment beaucoup d’eau puisque tout son intérêt est de pouvoir stocker l’eau. Et c’est justement l’occurrence pour à la peinture à l’eau  donc c’est le seul moyen de pouvoir tracer des lignes continues.

Précédemment on avait dit que justement le rappel de couleurs est important donc là on peut de nouveau le remettre en avant en faisant de mèches qui ne soient bleues mais en tout cas dans une teinte d’un gris bleuté. Ça va donner justement une teinte froide à certains endroits. On va donc falloir faire un rappel de couleurs.

On va faire la même chose avec la barbe du moment que les cheveux sont terminés.

Bien de tout façon cette partie-là peut-être travaillée encore et encore, tout dépend des exigences mais ce qu’il faut retenir c’est avant tout qu’on comprenne qu’au-delà du réalisme, après on va dans l’hyperréalisme si vraiment on s’attache à représenter tout exactement.

Ici le principal c’est qu’on comprenne les matières, qu’on comprenne les textures, les mouvements de cheveux, qu’il ait les cheveux lisses, foncés mais il y a quand même une anarchie, il y a quand même des cheveux qui sont très libres. Même chose pour la barbe, on comprend qu’elle est touffue, qu’elle est grise, nuancée et surtout ondulée.

Pareil pour le pull et le chapeau. Le principal c’est de comprendre ce qu’on voit et d’interpréter et de retranscrire les impressions et surtout les textures et ça ça passe par le jeu d’ombre et de lumière et de nuance.

 

On arrive presque au bout là.

Oui, là ça y est, le sujet prend bien forme.

Là il est bien construit. Dernière épisode la prochaine fois ce sera ?

Ce sera les glacis.

Voilà. La touche la patte finale qui va apporter pas mal de profondeur et plein de choses en glacis.

C’est ça.

A très bientôt

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Amandine gilles

Amandine Gilles

Diplômée en Histoire de l’art à l'Université de Tours et formée dès le plus jeune âge à la peinture traditionnelle au sein d’ateliers privés.

 

Aujourd'hui, artiste-peintre, peintre sur commande et créatrice d'un blog sur la technique de peinture à travers duquel des accompagnements en ligne sont proposés.

 

Mes expériences au sein du milieu artistique de Paris et de Bruxelles, ainsi que le conseil en fournitures de Beaux-arts qui a été mon métier pendant plusieurs années m'ont fortement aidé à mettre tout cela en place.
Mon but est de partager et de transmettre des connaissances d’une passion commune et d’un patrimoine artisanal qu’il est nécessaire de sauvegarder.

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Discipline Acrylique
Difficulté Perfectionnement
Genre Les Applications
Style Personnages
Durée de la Vidéo 25mn57