Contrastes et superpositions

---------- Introduction

Valérie, encore un hommage à Soulages aujourd’hui.

Oui, toujours avec deux couleurs : le bleu et le noir. Là aussi, un exercice pour apprendre à superposer les couleurs et à jouer justement de ces différentes superpositions. Tantôt on va mettre la couche de noir en dessous, tantôt le bleu en dessous. Ça permet vraiment de créer un effet un petit peu optique à la fin qui me semblait intéressant justement et qu’on pourrait exploiter pour d’autres travaux d’ailleurs. Mais ça permet de bien faire comprendre avec une réalisation assez simple.

On y va.

---------- Démonstration

Alors on va prendre deux couleurs, un bleu cobalt et un noir, un peu de bindex ou medium, principalement un spalter caoutchouc et un pinceau poilu.

On va démarrer par des zones de noir. On va placer la couleur de façon uniforme sur une bande. L’intérêt de ce spalter c’est qu’il étale bien la couleur qui glisse en fait toute seule. Il permet de faire de grands aplats. L’idée ici c’est de faire une zone de couleur sans texture.

Toujours avec le spalter, on va créer des traces. L’idée c’est de prendre un petit peu de couleur et d’appuyer mais de façon irrégulière. Ici par contre, je vais faire une zone de couleur assez diluée donc couleur mélangée au medium et au bindex que je vais cette fois-ci étaler au pinceau. L’idée ici est d’avoir un peu de luminosité donc pas trop diluée et pas trop intense.

En dessous, je vais mettre une couche de bleu pure. Et je vais terminer par une zone toute noire. Voilà, je vais sécher.

Là ici, on va mettre une petite peau de couleur sur cette partie-là. Donc on va faire une sorte de glacis. On va utiliser de la peinture mélangée avec du bindex. Ce faisant, on a mis une couche transparente pardessus le noir mais en faisant passer un peu de noir à l’arrière-plan, ce qui fait qu’on a une espèce de devant-plan et arrière-plan de couleur.

Maintenant, on va venir placer de la couleur bleu pur au spalter caoutchouc sur la zone de noir. Alors on fait glisser comme ça le spalter pour avoir des traces irrégulières. Toujours avec la même technique, on va faire la même chose mais sur cette partie-là avec la couleur noir. Donc on va faire des traces noires avec le spalter en caoutchouc et on va délimiter cette zone-là avec la couleur noire et le spalter pour dégager des formes. On fait ça en haut et en bas et on va remplir de couleur noire certaines zones de façon à créer une sorte de bande de couleur.

Ici, je vais venir placer de la couleur noir en variant l’outil et le geste. Cette fois-ci, on va utiliser un couteau de façon un peu différente. Avec la couleur bleu de la même façon, je vais venir faire des traces sur le noir. Avec le couteau, je vais délimiter une zone en faisant une sorte de ligne droite. Donc j’appuie en inclinant le couteau et je tire de façon à avoir une ligne.

Et je vais terminer par de la couleur que je vais donc placer sur le noir en exploitant justement les accidents de gestes. Ce qui va être intéressant dans cette méthode c’est vraiment justement de laisser faire les choses et d’accepter que les choses ne soient pas complètement linéaires. Et je vais venir créer des dessins dans cette couleur. J’enlève la couleur avec mon spalter de façon à laisser découvrir le fond.

A ce stade, les couleurs sont posées. On a créé des avant-plans, des arrière-plans. On peut rectifier les motifs en agrandissant plus ou moins les zones marquées au spalter notamment dans cette zone-ci. On peut agrandir un petit peu les motifs et de s’inspirer de ce qui a été fait pour continuer.

Magnifique. Mais encore.

Mais encore. Moi, ce qui me semble intéressant là-dedans c’est vraiment ce jeu de superposition c’est-à-dire qu’on créé des fenêtres dans la couleur. Quelquefois, on rentre dans la couleur. Quelquefois c’est la couleur qui sort du fond. Moi, j’aime assez ce jeu de contraste qui permet de donner vraiment du caractère. Et encore une fois avec des gestes hyper simples qui permettent de vraiment se laisser aller et d’accepter l’accident.

Oui, on accepte tout ça mais plutôt dans un cadre particulier chromatique qui fait que ce n’est pas inratable.

Voilà, on prend peu de risque donc c’est aussi l’avantage.

Bel exercice pour apprendre la technique, pour faire un truc vachement sympa à la fin.

Et redécouvrir le bleu de cobalt qu’on sous-estime quelquefois et qui est très vibrant avec le noir contrairement à un autre bleu.

A vous maintenant. Prenez plaisir. Allez-y !

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Valérie Telesca

Valérie Telesca

C’est dans le métissage que Valérie Telesca, plasticienne franco-italienne, trouve sa véritable expression…

D’abord photographe (un calibrage de l’œil aux formes et aux couleurs !), elle se consacre ensuite à la peinture pour exprimer sa vision du monde.

 

Au cœur de sa démarche : un dialogue entre matières et couleurs, le processus chromatique étant considéré comme agent de transformation de la matière, capable de la révéler et de la transcender. 

 

Membre d’un mouvement international d'expérimentation artistique depuis 2012, l’artiste consacre ses actuels travaux de recherche sur les matières de récupération telles que papier et carton à travers œuvres en 3D et installations. 

Intervenante en arts plastiques dans des structures auprès de publics variés, son approche de la pratique artistique vise à stimuler la créativité, à ouvrir la sensibilité à de nouveaux horizons et surtout…à apprendre à oser !

Dans son atelier lillois, elle propose des cours et stages autour de la matière et sa transformation par la couleur.

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Discipline Techniques Mixtes
Difficulté Expertise
Genre Les Applications
Style Abstrait
Durée de la Vidéo 11mn37