Le siècle de Michel Ange 1. Les débuts à Florence et à Bologne, 1475-1496

Nicolas.

Frédéric bonjour.

Bonjour. On démarre une série extraordinaire. Là il y a un petit cadeau de début d’année on va dire c’est ça ?

On a voulu un petit peu changer la manière de faire habituelle et on va partir un petit peu sur l’idée d’une série…

Oui.

Un peu plus longue de plusieurs tournages.

Ce n’est pas un hasard vu le sujet quand même.

Non non non ça méritait.

Oui oui.

On ne pouvait pas passer que très peu de temps avec ben peut-être un des plus grands artistes de la renaissance. Tu vas me dire peut-être Léonard de Vinci. On l’a déjà faite celle-là.

Et ce n’est pas lui.

Donc et bien c’est Michel Ange.

 Génial.

Michel Ange qui va avoir une vie très longue. Il meurt à l’âge de 90 ans.

Donc oui beaucoup de productions quoi ?

Une production énorme considérable, très célèbre de son vivant très apprécié et puis un artiste complet : un peintre, un sculpteur, un architecte. On va voyager également au sein même de l’Italie dans la géographie. Ses débuts sont à Florence. D’ailleurs ici on voit une première image.

Donc pour recentrer le premier épisode ? première…

Les débuts à Florence.

Les débuts à Florence.

Les débuts à Florence et sa formation.

La formation oui c’est ça c’est sûr.

C’est un artiste qu’on connait très très bien. De son vivant il a déjà deux biographes qui publient son histoire.

D’accord.

Mais à la fin de sa vie alors on est déjà dans un artiste considérable qu’on appelle déjà le divin. Donc c’est un peu fabuleux. On gomme un petit peu les épisodes de son début.

D’accord.

On ne retient que la fin la gloire.

Et nous on va repartir du début ?

Et nous on va repartir du début.

Tu vas nous le resituer dans l’époque ?

Bien sûr il est né en 1475.

D’accord.

Et il meurt donc en 1564.

Deux siècles.

Deux…

Deux siècles

Il est à cheval sur deux siècles. C’est intéressant que tu parles de ça parce qu’effectivement on est à la fin de ce que l’on appelle le quattrocento en Italie, le ciel 1400 donc le XVème et il largement déborde sur le XVIème siècle puisqu’il arrive jusqu’à la moitié.

La moitié oui.

Et là on a une évolution stylistique dans ce que l’on va appeler la haute renaissance. Nous on va voir un petit peu ce qui s’est fait avant, ce qui l’a influencé et ce qui va permettre de mieux comprendre les œuvres qu’il va réaliser.

Ok très bien c’est parti.

 

Première image.

Oui.

Alors ici et bien nous sommes à Caprese. C’est la maison natale où Michel Ange naquit. Et cette maison donc et bien son papa il était ce qu’on appelle Podestà. Le Podestà de Caprese et le Chiusi. Ce sont des petits villages tout autour de Florence à quelques kilomètres.

Et sa fonction alors c’est quoi ?

Podestà c’est-à-dire qu’il était maire.

D’accord.

Maire de ces villages…

D’accord.

Mais il avait aussi la fonction d’être le premier magistrat de la cité et puis un rôle de police également. Alors donc Michel Ange vous l’aurez compris il est né dans une famille assez importante : la famille Buonarroti, Buonarroti Simonie. C’est une famille qui a connu des revers de fortune à l’époque du grand père de Michel Ange.

D’accord.

Et ils ont un titre un nom assez important mais le papa est assez désargenté malgré tout. Et à peine un mois après sa naissance dans cette maison, le papa retourne à Florence. Et il avait déjà un frère Michel Ange. Quand il est né il avait déjà un frère qui avait un peu plus d’un an et demi.

D’accord.

Ensuite pour le situer dans la fratrie, il aura trois autres frères. Il n’y a que des garçons, cinq garçons. Et la maman de Michel Ange va décéder très tôt. Il a à peine 6 ans. C’est un choc comme Léonard de Vinci d’ailleurs. Il va être envoyé par son papa qui a une relation apparemment assez dure avec l’enfant… C’est un homme assez… qui rudoie beaucoup ses enfants. Michel Ange parle qu’il était parfois peut-être même battu sévèrement. Il va l’envoyer donc en pension.

 

En nourrice je vais te montrer la deuxième image. C’est un petit village c’est un regroupement de maisons…

Pas mal

On appelle ça un frazione. Un frazione c’est un ensemble de petites maisons qui dépendaient ici de Florence.

Un hameau quoi !

Un hameau un hameau. Et ça s’appelle Settignano.

Magnifique là !

C’est magnifique !

C’est prêt à peindre !

Ah oui c’est un très très beau paysage toscan…

Oui oui.

Comme on les aime. Et là c’est un déclencheur malgré tout finalement assez important pour lui assez riche. Sa nourrice et bien elle est elle-même fille de tailleur de pierre et épouse d’un sculpteur. Et c’est là certainement qu’il attrape le virus…

D’accord.

Parce qu’on disait Michel Ange peintre c’est vrai. On le verra à la Sixtine un peu plus tard à dans d’autres épisodes mais c’est surtout le sculpteur. Et à Settignano il y a les carrières de pierre dure qui sont disponibles et là et bien il fait ses premiers essais certainement même si ses biographes n’en parlent pas. On n’a aucune information là-dessus.

D’accord.

Mais le contexte géographique est relativement important.

 

Il ira à l’école à l’âge de 10 ans. C’est ce que disent certains historiographes. Certains disent à l’âge de 7 ans. Bon il aura fait des études relativement courtes. Certains alors ça fait partie de la légende quand je te disais on va vouloir faire la légende d’un artiste un génie né immédiatement avec le talent.

Le don le talent oui oui.

Ben c’est un peu plus compliqué que ça parce qu’on disait à l’école il n’aimait pas les leçons il préférait dessiner dans les marges du cahier. Bon c’est peut-être un petit peu exagéré malgré tout parce que Michel Ange il a une autre corde à son arc c’est qu’il est également un très grand poète. Il a écrit plus de 300 poèmes.

Ah c’était beau.

Et il a écrit également 500 lettres qui sont des documents assez importants pour nous. Et on voit qu’il a une très très belle écriture. D’ailleurs ce sera un artiste très cultivé.

Ok.

Alors donc il va se faire… ici on va regarder une autre image. Ce n’est pas Michel Ange. Aujourd’hui Michel Ange on va en parler en le montrant moins, mais plutôt le contexte environnant.

Très bien. On a le temps de découvrir tout ça.

Exactement.

Et plein de choses à dire. Ok vas-y. Alors là ?

Et ici c’est une peinture de Francesco Granacci.

D’accord.

Granacci c’est son contemporain. Il est né quasiment à la même date que lui et c’est un premier ami. Michel Ange a une vie très compliquée socialement. Ce n’est pas quelqu’un d’intégré, de très ouvert à l’extérieur comme a pu l’être avant lui un Léonard de Vinci qui est très ouvert sur le monde.

Un peu génie.

C’est un génie assez tourmenté.

D’accord d’accord.

Et Francesco Granacci lui est déjà un artiste enfin un élève d’un grand peintre. Et il va conseiller à Léonard… à Michel Ange pardon d’entrer en formation chez ce maitre.

Dans l’atelier de ce dernier d’accord.

Alors ici on voit une peinture de ce Granacci qui est intéressante malgré tout même si on a tendance à dire que c’est un élève un peu médiocre de ce peintre Ghirlandaio. Je te montrerai après. C’est l’histoire de Joseph, Joseph dans l’ancien testament, celui qui avait le pouvoir de comprendre les rêves et ainsi pour pharaon notamment de l’aider à prendre de très grandes décisions. On le voit quand il est ici arrêté parce qu’il est vendu par ses frères.

Médiocre parce que quoi ? Un peu laborieux comme truc c’est ça ?

Ben moi je ne trouve pas justement j’ai choisi cette peinture que je trouve très intéressante.

On le réhabilitait ?

Ben c’est un oui effectivement un artiste finalement qui a une belle ambition c’est-à-dire qu’il peint de la peinture religieuse avec beaucoup de facilité il a un sens du mouvement assez certain, l’intégration dans une architecture qui permet de dater également.

On parlera d’architecture avec Michel Ange. Ici on a une architecture renaissante très belle, l’inspiration également de l’antique. On a une colonne au-dessus de laquelle est installée une statue.

Oui.

Et la renaissance pour la résumer en 2 mots peut-être c’est la redécouverte de l’antiquité, l’héritage gréco-romain. Et ça très tôt Michel Ange va avoir également cette fascination pour cette période ancienne qui est également de sa région même si effectivement la renaissance est plutôt inspirée de l’antiquité à Rome…

Oui ?

Florence était à l’époque une cité moins importante pendant l’antiquité.

D’accord. Et donc là ça cette œuvre-là…

Oui ?

Elle est l’œuvre du gars qui accueille Michel Ange dans son atelier ?

Alors non c’est Granacci le peintre qui est un ami de Michel Ange.

Oui.

Et…

Ah oui qui lui conseille d’accord.

Qui lui conseille.

J’ai perdu le fil…

Non.

Excuse-moi.

 

D’accord.

Mais c’est vrai que je ne suis peut-être pas très clair dans mes…

Non non.

J’aurai peut-être dû montrer le professeur avant.

C’est parfait. Tout… c’est parfait comme ça.

 

C’est juste moi…

Tu as raison.

Qui emporté par ton histoire, attend on est parti d’où là ? Maintenant qui a peint quoi ?

C’est vrai C’est vrai.

Ok

On va beaucoup partir dans les comparaisons…

Non non c’est bien.

Et il faut vraiment bien suivre.

Ok vas-y d’accord ça marche.

Alors Granacci finalement n’est pas si inintéressant que cela.

 

Et voilà la peinture de son professeur…

Çà ce n’est pas mal.

Domenico Ghirlandaio. Domenico Ghirlandaio a un atelier à Florence. On le sait à ce moment-là Florence on en avait parlé avec Léonard de Vinci, c’est la plus grande cité italienne en ce qui concerne l’art.

L’art.

C’est la plus peuplée également. C’est la plus riche. Et donc c’est le phare à partir duquel va [.] toute la renaissance dans la péninsule.

D’accord d’accord ok.

Ghirlandaio c’est un artiste important puisque quelques années plus tard il va être appelé à la Sixtine. Et il va découvrir sur les murs quelques fresques. Ici nous avons une fresque de Ghirlandaio dans une chapelle dans l’église Santa Maria Novella à Florence.

D’accord.

Et c’est la technique alors c’est sur plusieurs mètres carrés si bien que c’est un travail considérable c’est un cycle qui va évoquer plusieurs scènes de la bible. Evidemment il faut travailler avec des collaborateurs. Et il dessine des cartons où il représente certains motifs que les élèves vont appliquer sur le mur.

Contre le mur quelques petits trous

Voilà tout à fait exactement. Alors on voit l’artiste finalement effectivement il est intéressant parce que… il y a déjà un certain progrès qui se manifeste dans l’art même si on a tendance à dire qu’effectivement chaque époque est différente du nôtre, on est dans une maitrise parfaite de la perspective, de l’intégration des figures dans un paysage avec ce mur également magnifique.

Alors on a parlé du sujet évidemment, c’est la visitation. La visitation c’est le moment où la vierge Marie qui est enceinte de l’enfant Jésus va rendre visite à sa cousine Elisabeth elle-même enceinte. Et on les voit ici donc en train… alors Marie tu la reconnaîtras toujours avec ce manteau bleu. C’est une tradition iconographique de lui attribuer cette couleur-là.

D’accord. Ce qui est marrant c’est que tu parlais de l’architecture enfin pardon de la perspective, c’est presque forcé c’est-à-dire qu’on a l’impression qu’il y a des éléments de perspective très prononcés pour bien… voilà

Oui.

Faire franchir le pas entre le travail à plat et puis…

C’est très typique.

Tout à l’heure déjà !

C’est très typique de Florence…

D’accord.

Parce qu’à Florence les artistes sont très intellectuels, adorent par-dessus toutes les mathématiques.

D’accord.

Et souvent tu as un peintre sculpteur architecte. On en avait aussi parlé avec Léonard de Vinci.

D’accord c’est ça.

Et on voit d’ailleurs des architectures renaissantes. On regarde en haut à droite un élément de décor avec un bas-relief sculpté.

Oui oui.

Mais les figures sont encore disposées finalement à l’avant-plan.

Oui oui.

Et il y a une séparation avec l’arrière, et des paysages alors ce n’est pas encore la maîtrise du paysage telle que l’avait Léonard de Vinci. Les très belles collines montagnes rocheuses que l’on voit à gauche elles sont un peu plus entre guillemets « carton-pâte » que celles qu’avait maîtrisé Léonard.

Et puis elles sont en aplat derrière quoi ? Décor

Exactement. Une fresque c’est peint à l’eau. On n’a pas la technique à l’huile qui permet d’avoir un illusionnisme encore plus saisissant.

Oui oui.

C’est vrai.

Ok.

Mais c’était déjà finalement un artiste important. Léonard de Vinci lui était allé chez Verrochio le plus grand atelier de la renaissance à Florence. Mais Ghirlandaio finalement ce n’est pas mal non plus. Alors tu peux imaginer mais on ne sait pas dans cette œuvre-là, Michel Ange ça y est il est entré dans l’atelier et il participe au décor.

D’accord.

C’est difficile aujourd’hui de voir sur ces grands ensembles de plusieurs mètres carrés, où est la main de Michel Ange sur certains détails. Mais il est déjà très doué. Pourquoi je dis ça ?

Il a quel âge ? Il a quel âge ?

Alors il entre à l’âge de 13 ans dans l’atelier.

D’accord.

En général on entrait en apprentissage de peintre à l’âge de 10 ans. Et lui se fait déjà payer. Ce qui montre certainement plus de qualité qu’un simple élève.

D’accord.

Les autres doivent payer pour leur formation. Lui c’est le contraire. Il est déjà payé.

Ça promet ça promet.

Ça promet effectivement.

 

Et il est fasciné par le travail du dessin de Ghirlandaio. Après on regardera un dessin de Michel Ange et je te montrerai justement ce qui l’a intéressé chez son maître.

D’accord.

Il regarde aussi beaucoup c’est vrai les anciens, la première renaissance ce qu’on appelle les primitifs. Et ici je te montre peut-être l’un des plus grands artistes italiens de ce qu’on va appeler le trecento, c’est Giotto.

Giotto c’est aussi un architecte c’est aussi un très grand peintre. C’est l’auteur du renouveau de la peinture Italienne tout simplement. Il est considéré ainsi parce qu’il montre une place nouvelle de l’homme dans son environnement : un homme maitre de son destin. Et son œuvre va passer rapidement à la postérité.

Alors ici le Giotto qui a travaillé également à Florence, donc Michel Ange n’a pas de souci pour aller visiter directement dans les églises, ces églises ces chapelles qui sont couvertes de peintures du sol au plafond. Et ici c’est dans l’église Santa Croce qui est une des plus belles également de la cité florentine qu’il va décorer sur des scènes de la vie de Saint Jean.

D’accord.

Et Saint Jean l’Evangéliste, ici l’image que l’on voit et bien c’est son ascension. C’est l’ascension de Saint Jean. Conformément à ce qui lui avait dit le Christ, il va décéder et il a déjà tu vois au sol préparer la fosse pour y être inséré face aux habitants d’Ephèse. C’est là où il avait passé la fin de sa vie. Mais la lumière divine lui apparait et ici matérialisée par ses anges qui lui tendent la main, prêts à l’accueillir au ciel.

Et hop oui.

Alors chez Giotto, on voit effectivement l’envie de montrer des figures plus réalistes. Les anciens on était plutôt là dans un art médiéval avec beaucoup de mal à présenter les personnages. On avait un peu l’impression qu’ils étaient sur la pointe des pieds, qu’ils étaient mal campés, qu’ils étaient mal installés.

Pas à leur place quoi !

 

Maintenant quand tu regardes et bien il y a encore certains archaïsmes. Le fond du ciel est encore monochrome, un très beau bleu…

Il est beau.

Un lapis-lazuli qui vaut très cher certainement.

Il est beau très beau.

La perspective tu vois également que finalement elle n’est pas encore maitrisée. Il y a…

Elle est basique elle est très primaire quoi !

Ben oui bien sûr elle n’est pas à l’échelle de la figure humaine encore. Il y a un historien d’art qui s’appelait Panofsky qui appelait ça… c’est très beau moi je trouve : des maisons de poupées.

Oui.

Parce qu’effectivement c’est un peu miniaturisé.

Oui oui exactement.

Et les proportions entre les différentes parties ne sont pas accordées.

Oui oui tout à fait

Mais c’est… et puis l’allongement des figures, la proportion par rapport à la tête. Tout ça montre des acquis qui demandent à être encore retravaillés.

C’est marrant.

 

Et là ça y est. On va regarder un dessin de Michel Ange qui copie justement la fresque que l’on vient de regarder de Giotto.

D’accord.

Ce sont les personnages qui sont en train de s’incliner devant Saint Jean et son ascension. Alors si on zoome un petit peu dans l’image tu vas voir ce qui est très intéressant ce qu’il a appris chez son professeur Domenico Ghirlandaio, c’est cette manière très particulière pour composer un corps, de travailler avec des hachures, des fines et parallèles. Et ça on le voit dans tous les dessins sur Michel Ange…

Super. C’est superbe

Il nous a laissé des centaines de feuilles de Michel Ange à toutes les époques. Et alors ce sont ces figures-là effectivement qu’il copie et ce sont des dessins comme ceux-là qu’il effectue également pour Ghirlandaio quand son maître doit découvrir des chapelles avec des cycles de fresques, ça dure plusieurs mois.

Super.

C’est je crois un des premiers dessins certifiés de la main de Léonard, copier les maîtres comme il est d’usage à l’époque.

 

Alors maintenant on va regarder il y passe à peu près un an et demi.

D’accord.

Dans l’atelier de… c’est très très peu. Combien n’en sortent pas de l’atelier de leur maître et ne dépassent pas le maître. On l’a vu avec Léonard. Très vite il a dépassé Verrochio. Et bien pour Michel Ange c’est un peu la même histoire qui se répète. D’ailleurs on les a positionnés un peu comme des rivaux. On verra qu’ils seront parfois opposés. On en reparlera également un petit peu plus tard.

Ok.

Alors quand on situe Florence, impossible de ne pas parler de la famille des Médicis. Cette famille va avoir une emprise sur la cité qui sera considérable sur plusieurs siècles. Mais il est bon de rappeler que normalement… je vais mettre les guillemets, c’est une république Florence. Malgré tout il y a une certaine oligarchie. Quelques familles souvent des marchands ou des personnalités très riches vont tenir le pouvoir…

Qui dirigent tout.

En sous-marin. Et ce sera le cas de cette famille Médicis. Ils se sont enrichis par différentes activités notamment la banque. Au début ils étaient dans la pharmacie d’ailleurs. Médicine/médicament enfin ça vient un peu de là. On le voit d’ailleurs sur leur blason. Ici je te montre le plus important de cette famille qui règne de père en fils, c’est Laurent. Laurent de Médicis surnommé Le Magnifique.

Ah ?

Alors Le Magnifique ce n’est pas par rapport à son physique…

Pas beau non non.

Parce que ce n’est pas un très bel homme mais parce qu’effectivement il va embellir la cité avec des œuvres extraordinaires. On peut parler d’un mécène certainement.

D’accord.

Il commande des œuvres à Léonard de Vinci on en a parlé, à Michel Ange également très souvent et à d’autres artistes. Ici l’auteur de cette sculpture c’est Andrea del Verrochio le maître de Léonard.

On boucle la boucle est bouclée.

La boucle est bouclée finalement tu verras que c’est tout un petit réseau…

Oui.

Qui se côtoient qui rivalisent parfois et qui répondent aux commandes très importantes. C’est un comte de tiers c’est-à-dire qu’il va tenir la ville de manière très militaire. C’est une main de fer qui va diriger cette cité. Mais il est également très ouvert à toutes les formes artistiques. Lui-même également va accueillir des poètes des philosophes des humanistes. Et il va également jouer dans certaines représentations théâtrales, écrire quelques petits vers également. C’est peut-être un peu…

Ce n’est pas une brute ?

Non ce n’est pas une brute épaisse de brute de décoffrage comme on dirait.

Oui oui.

Il a une certaine finesse d’esprit qui est dans l’ère du temps véritablement à Florence il souffle un vent…

D’accord d’accord.

Artistique. Et donc il va très vite repérer notre jeune Michel Ange. A ce moment-là Michel Ange il a une quinzaine d’années quand il sort de l’atelier de Domenico Ghirlandaio qu’on vient de regarder.

 

Et le mécénat qu’il va réaliser va faire qu’il va former une sorte de petite académie. C’est une école un peu informelle qui se trouve près de la place San Marco avec un jardin d’ailleurs où il y a des sculptures antiques. Ce sont des grands collectionneurs les Médicis. Et là Michel Ange est attiré parce qu’il peut y voir des sculptures gréco-romaines de l’antiquité. La famille Médicis a une des plus grandes collections de Monet également.

Et cet atelier plus ou moins informel est dirigé par cet artiste dont je te montre ici une belle médaille justement c’est Bertoldo di Giovanni, un élève de Donatello parce qu’on est aussi après la période de Donatello toujours à Florence. Il n’y a que des grands artistes à Florence on s’en rend compte à ce moment-là. Et ici cette petite médaille dédicacée à Laurent, tu le reconnais Laurent il a cette coiffure un petit peu comme ça très caractéristique par rapport à l’image précédente, très identifiable.

Le nez aussi.

Le nez aussi tu as raison. La tradition c’est bien d’en parler c’est de faire pour les médailles des portraits de profil. On verra que les peintres primitifs reprendront cela et puis progressivement on tournera…

D’accord.

De face ou de trois quart toujours comme dans un réalisme. L’archaïsme du profil c’est aussi la peinture égyptienne de l’antiquité.

Oui oui.

On retrouve beaucoup ça. Et alors là j’ai voulu te montrer une image qui va montrer un fait divers extrêmement sanglant comme il y en aura plusieurs à Florence. C’est la fameuse conspiration ou la conjuration des Pazzi. On est un 1478…

Oui.

Les Pazzi c’est une grande famille rivale des Médicis toujours pour le pouvoir dans la cité. Et imagine que le jour de pâques dans la cathédrale de Florence, ils organisent un attentat. Ils vont se jeter sur Laurent de Médicis, le blesser fortement. Bon il survivra. Il sera un peu blessé à la gorge et il sera évacué dans la sacristie. Par contre son jeune frère Julien va décéder durant cet attentat. Il y aura une purge bien évidemment organisée après par Laurent de Médicis…

Sanglant sanglant.

Et en 15 jours je crois que c’est 70 cadavres qu’on va compter dans la ville. Les Pazzi sont expulsés de la ville. On va même pour eux faire le jugement de la damnation de la mémoire comme on le faisait à l’antiquité chez certains empereurs romains qui n’ont pas été dignes de la fonction. Je pense à Néron notamment. Tous les monuments où il apparaissait son nom ont été effacés la damnation de la mémoire.

Tout ça pour dire qu’effectivement il y a de l’art mais il y a aussi beaucoup de violence. L’art est un outil pour les Médicis. On peut parler d’un art de propagande.

D’accord.

On fait passer un message par l’image, très importante. Voilà Bertoldo di Giovanni.

 

Et Leo… Michel Ange pardon… Regardes je reviens toujours !

Décidément oui.

On y reviendra mais pas tout de suite, voit donc des sculptures antiques. Et la connexion avec Laurent de Médicis se fait ainsi. Il y avait une sculpture de satyre, un faune de l’antiquité très abimé…

Oui ?

Qu’avait récupéré Laurent de Médicis. Et Michel Ange veut en faire une copie. Et il en fait une très très belle copie magnifique. Laurent passe dans les jardins et voit cela et il est déjà très admiratif. Mais comme c’est un homme très dur et qui marque un peu la distance avec ce jeune qu’il ne connait pas, il lui dit mais il est trop beau il est trop parfait votre… c’est un vieux satyre. Il n’a pas une si belle dentition normalement.

Et là Michel Ange a été piqué au vif. Il a été vexé et il va prendre un burin… Ce satyre malheureusement je ne peux pas te le montrer il a disparu cette première sculpture de Michel Ange qui était une copie. Et il va enlever une ou deux dents en faisant un trou dans la gencive. Et quand Laurent de Médicis revient, il constate la belle correction et très très vite il va lui passer des commandes.

C’est un artiste très doué très précoce autant que Léonard de Vinci pouvait l’être au même âge une génération avant, si bien que lorsqu’il va copier des fresques dans les églises pour s’inspirer toujours de ces maîtres, des maîtres contemporains quelques fois, et bien c’est un sale caractère Michel Ange. Il va défier il va se moquer de certains camarades qui sont moins doués que lui.

Et ici je te montre un autre des camarades à l’époque de Michel Ange, c’est Pietro Torrigiano qui est cet auteur de cette très belle sculpture de Saint Jérôme pénitent. Et là Pietro Torrigiano ne va pas du tout apprécier les remarques assez dures de Michel Ange et il va se battre avec lui et lui casser le nez.

Et ça c’est un… alors tu vas me dire que c’est un fait divers…

C’est un roman.

Pourquoi c’est important ?

C’est roman.

Et bien il y a déjà là du drame de la violence je t’avais dit qu’il avait été battu par son papa. Il va porter les stigmates toute sa vie. Il n’est pas à l’aise dans son physique. Je te montrerai plusieurs autoportraits de Michel Ange tardif. Il se montre de manière vraiment très dure…

D’accord.

Et surtout très laide. Il n’enjolive pas.

Oui j’imagine oui.

Alors ici c’est un artiste Pietro Torrigiano qui est intéressant. C’est une œuvre qui se trouve en Espagne figure toi parce que lui alors il a peut-être un… c’est un sanguin certainement parce que figure toi qu’après être artiste il va aussi s’engager comme soldat. Il est à la solde de plusieurs nations. On va le retrouver un moment en Angleterre.

Mercenaire ?

C’est un peu un mercenaire tout à fait. Et on sait qu’il finit sa vie dans les geôles en prison pendant l’inquisition en Espagne. Et bien pour un artiste que Michel Ange avait critiqué dans sa jeunesse moi je trouve qu’il est un peu dur Michel Ange parce qu’il y a une très belle étude d’anatomie dans ce Saint Jérôme.

C’est une terre cuite figure toi.

J’ai cru que c’était du bois.

C’est une terre cuite à l’échelle humaine. Non non c’est saisissant de réalité. On dirait un vrai. Il y a un visage qui est très bien travaillé. La musculature l’ossature on va voir que Michel Ange maîtrise ça de manière extraordinaire donc qu’il aura l’occasion d’avoir de très beaux modèles Torrigiano qui est un artiste très peu connu pour son œuvre mais seulement pour le fait divers. Il est surtout connu parce que c’est lui qui a cassé le nez de Michel Ange.

Finalement c’est comme ça que son nom est resté la postérité.

Ah le destin le destin !

Oui c’est peu flatteur malgré tout.

Pour un artiste.

 

Alors on va continuer et ici maintenant je te montre un autre dessin de Michel Ange.

C’est beau ça.

Et tu retrouves d’ailleurs je t’avais dit ces fameuses hachures…

Oui oui.

Ce réseau de hachures.

Et ce n’est pas les grains de la toile ou du papier ça ?

Non non.

C’est lui qui le fait ?

Non non c’est lui qui a cette manière de…

C’est une trame ?

Oui.

Pour faire les…

Une sorte de trame.

Les valeurs il les construit comme ça ?

Oui c’est ça. Les hachures sont plus serrées quand il faut marquer un ombrage, et plus distancées quand il faut créer une zone de blanc.

Presque un procédé d’impression tu vois.

Oui une sorte de… oui comme en impression. Et j’allais même te dire c’est intéressant que tu sois toi-même utilisateur des techniques, à la sculpture quand il travaille avec une gradine et bien il va en réaliser sur le marbre sur la pierre, ça réalisera des petites incisions. Ici on a déjà ça dans la 2D finalement.

Oui effectivement.

Le passage de l’une à l’autre des techniques est intéressant.

Oui oui.

Alors qu’est-ce que c’est ce que l’on voit ? Et bien c’est une copie d’une figure d’une œuvre d’un très grand artiste florentin encore un autre que je te montre. Certains d’entre eux peut-être d’ailleurs qu’une fois on fera une vidéo consacrée uniquement à une monographie. Ici c’est Masaccio

Ah c’est très en couleur !

Alors quand je te parlais de cycle de fresque, c’est encore dans une très très belle église florentine. C’est la chapelle Brancacci de Santa Maria Del Carmine. Masaccio. Masaccio on est au début du quattrocento. Il est né en 1401 il décède en 1428 mystérieusement lors d’un voyage à Rome. Mais ce génie il a eu l’occasion de révolutionner la peinture avec un sens très poussé de tous les détails.

Ici on voit une vue d’ensemble bon il nous manque un morceau des murs. Toutes ces scènes bibliques je vais te montrer celle qui nous intéressait. C’est le tribut de Saint Pierre. Pourquoi celle-ci nous intéresse ? Parce que c’est celle-là que Michel Ange copie quand je t’ai montré le dessin précédemment.

D’accord.

 

Et puis je t’ai montré également un autre dessin de Michel Ange toujours de ce même tableau…

Oui.

Tableau peint à fresque : le tribut de Saint Pierre. On va rester un instant sur l’image. C’est le Christ que tu vois ici au centre…

Oui.

Au moment où il y a le précepteur des impôts qui demande l’argent de l’impôt la taxe. Et c’est une fresque qui se passe en plusieurs épisodes réunies dans la même image. Tu as Jésus qui fait un geste…

Oui.

Qui est d’ailleurs repris…

Oui.

En parallèle…

Oui.

C’est le même poncif par Saint Pierre. Ce geste du Christ si on regarde tout à gauche de l’image, il demande à Saint Pierre d’aller dans le point d’eau ici le bord de la rivière d’aller pêcher le poisson. Et il a une pièce qui est dans la bouche dans les entrailles du poisson que l’apôtre va pouvoir récupérer. Et à l’extrême droite de l’image et bien c’est le troisième temps de la fresque. Tu reconnais maintenant Saint Pierre qui est en train de payer l’impôt.

Ah oui d’accord c’est une histoire en…

Donc l’image…

Comme une bande dessinée un peu ?

C’est comme une bande dessinée sauf qu’effectivement l’articulation elle n’est pas très… ce n’est pas facile. En bande dessinée on a des petites…

Ah oui on est aidé !

Des petites cases…

Oui oui.

On a du texte. Quelques fois les anciens mettaient un petit fil à terre c’est-à-dire un petit déroulé avec un texte qui était les paroles. Alors là c’est une illustration de la bible mais… mais effectivement on est obligé de répéter plusieurs fois les mêmes personnages. Ce qui est un peu étrange.

On reconnait bien le précepteur des impôts puisque c’est le seul qui n’ait pas d’auréole de sainteté. Le Christ également qui est mis en valeur au centre, ça c’est aussi dans le cahier des charges j’allais dire entre guillemets. Notes bien que… ici la perspective est parfaitement acquise mais que les rochers derrière ressemblent un petit peu à ce que je disais chez les anciens.

Oui oui. Un peu décor décor en carton.

C’est ça.

Ce n’est pas moche. Ce n’est pas disharmonieux.

Non non non non non.

Il y a de l’harmonie mais c’est posé derrière.

 Ce sont ces détails-là qui permettent justement de dater très facilement une image quand on regarde les artistes de la première renaissance par rapport à la haute renaissance quand Michel Ange est actif on est en pleine période d’apogée de maturité.

Et ensuite je ne vais pas dire qu’il y aura une dégénérescence mais on va arriver vers ce qu’on va appeler le maniérisme. Et ces exemples qui sont arrivés finalement à merveille, on va les déformer. Et ensuite au XVIème siècle on aura des modèles assez différents. C’est pour ça que Michel Ange est vraiment né certainement à la belle époque pour travailler.

Au bon moment.

Au bon moment.

Au bon moment pour lui entre ces deux siècles là.

Alors voilà ici je te montre un exemple de cette tête de satyre…

Satyre oui.

Telle que l’a vu Michel Ange et qu’il a certainement copié. Il était assez proche de ce satyre. Ici ce satyre c’est une copie du XVIIème siècle d’un antique… d’un antique romain…

D’accord.

Qui date…

D’accord.

De… ben de la période chrétienne certainement.

Ok.

Alors ici ben tu vois oui Michel Ange a certainement dû faire quelque chose de très proche de cela. En amputant il avait déjà ce défaut de faire parfaitement les choses. Si tu veux, le fragment dentique était abimé, et lui mentalement avait recomposé les parties qui n’existaient plus. Et c’était trop beau pour être vrai finalement. Un vieillard a rarement une dentition parfaite comme on le disait.

Oui.

Alors dans ce jardin dans l’académie on l’appelle l’école Médicis de l’académie San Marco et bien il va rencontrer des personnalités extraordinaires. Quand je te disais que Laurent de Médicis attire les plus grands cerveaux je veux dire de son époque, je vais t’en montrer quelques-uns.

 

Notamment il a attiré Ange Politien. Ange Politien c’est ce grand humaniste qui…

Oui.

Alors il y a de très grands écrivains à Florence. On pourrait parler de Pétrarque. On pourrait parler également de Boquasse, De Marsile Ficin. Nous on va se cantonner à Ange Politien qui va initier Michel Ange à tous ces grands textes des auteurs antiques. Il est ce qu’on appelle un Philologue. Le philologue c’est celui qui va étudier les textes anciens.

D’accord.

Et à la renaissance on beaucoup des artistes qui copient les images du passé mais également les auteurs de l’époque vont copier les écrivains antiques, en tout cas s’en inspirer très fortement. Et il va donc initier Michel Ange à ce goût de l’antique et aussi de la littérature parce que quand Michel Ange aura un sujet biblique ou mythologique… ça arrivera très souvent… à illustrer et bien c’est qui va lui…

D’accord.

Indiquer vraiment…

D’accord.

Le contour tout le contenu de l’histoire…

D’accord.

Qu’il faut illustrer.

C’était un personnage important quand même ?

Un personnage très très important. Figure-toi qu’il est très animé de philosophie ce qu’on appelle le néoplatonisme. Il était aussi très proche de l’esprit d’Aristote.

Ok.

Et donc c’est une figure…

Personnage clé.

Marquante.

 

Il va finir sa carrière comme titulaire de la chair de rhétorique à l’université de Florence. Ce qui n’est pas rien quand même parce que finalement il quittera les Médicis dans la dernière partie de sa vie. Il est contemporain complètement dans ces dates de vie de Laurent de Médicis.

D’accord.

Et dans cette académie libre… libre attention n’y va pas qui veut. Quand je dis libre effectivement c’est plutôt informel, ce brassage des différents artistes à en devenir, il faut être cohorté. Et celui qui décide ceux qui ont la chance d’y entrer c’est bien Laurent de Médicis.

D’accord.

Et il a la chance Michel Ange d’être élevé avec quelques enfants parmi la grande famille Médicis qui lui sont contemporains. Et tu vas voir que parmi ces enfants, certains feront une carrière très brillante. Je te montre ici un exemple. C’est une peinture de l’artiste Raphael. Raphael aussi je pense qu’on aura l’occasion d’en reparler.

Ce serait …

Il est…

Ballot d’y échapper.

Oui.

Ce serait dommage.

Et il meurt en 1520. Donc finalement Michel Ange le connaîtra…

Quelle époque !

Un certain temps. Mais à la fin, 1520 c’est un déclic vers une certaine forme de décadence de l’art. C’est la mort de Raphael mais ce sera aussi le sac de Rome. Il y aura une perte des utopies de certaines valeurs certainement. Et ici il fait le portrait de Jean de Médicis qui est devenu pape…

D’accord.

Sous le nom de Léon X. Sauf qu’à l’époque… ça c’est bien plus tard… mais à l’époque et bien il à l’âge de Michel Ange c’est-à-dire une quinzaine d’années. Et à 14 ans, cet homme était déjà cardinal. Tu vois que… on a vraiment ce qu’on appelle du népotisme.

Oui oui.

On favorise son entourage. Et ce n’est rien de le dire quand on pense aux Médicis. D’ailleurs ils vont sans doute un trop abuser de cette manière de gouverner en pensant à ses proches parce qu’ils seront chassés de Florence. Ça on en aura l’occasion d’en parler. La mort de Laurent de Médicis ce sera aussi un déclic, un déclic un cap…

Important pour Michel Ange ?

Oui.

 

Alors on va regarder un autre des enfants qui est élevé. Ils sont encore enfant à 15 ans même si Michel Ange est déjà un auteur à en devenir.

Oui oui.

Ici c’est Sandro Botticelli qui fait le portrait de Julien de Médicis. Julien de Médicis on verra plus tard que Michel Ange va l’immortaliser dans un magnifique tombeau. Portrait plutôt à la manière ancienne comme on le disait tout à l’heure, ce côté très très graphique qui est beaucoup inspiré c’est vrai par l’art de la médaille. Bertoldo di Giovanni dont on a vu la médaille sur la conjuration des Pazzi.

Oui oui.

Alors ici donc Julien de Médicis et je vais te montre un des trois… il y en avait surtout trois des enfants Médicis qui ont le même âge quasiment que Michel Ange. Ici c’est… excuse moi j’ai un doute sur le prénom. C’est Jules de Médicis. Lui aussi deviendra Pape puisque cette image tu vois Sebastiano del Piombo nous montre le portrait du pape Clément VII.

C’est sombre. C’est magnifique c’est sombre !

Très très sombre oui. Alors tu vois que deux de ces enfants-là deviendront pape. Ils feront tous une belle carrière c’est vrai. Et puis il y a un des fils de Laurent qui sera chargé de succéder à son père également c’est vrai.

 

Alors il faut imaginer… je te montre ici l’habitation des Médicis. Le palais Médicis-Riccardi on pourrait dire c’est un salon des arts contemporains à l’époque. On disait les collections fabuleuses. Encore aujourd’hui ça se visite comme un musée même si ça appartient au gouvernement de la ville de Florence aujourd’hui.

D’accord d’accord.

C’est un bâtiment officiel. Mais on l’appelle palais de Médicis-Riccardi parce que cette autre famille au milieu du XVIIème siècle va racheter le palais au moment où les Médicis vont décliner et s’éclipser du pouvoir.

D’accord.

C’est un bâtiment qui est construit par un grand architecte. Je cite son nom il s’appelait Michelozzo. Et ici je voulais te montrer plutôt l’intérieur. Enfin c’est une cour bien sûr…

Une cour intérieure.

Mais une cour intérieure. La tradition à l’antique comme tu sais les atriums dans les villas romaines…

Oui oui.

Où on avait un petit plan d’eau. Et ici évidemment c’est le lieu où on va exposer les sculptures principalement alors que d’extérieur le palais est très austère. Il est très fortifié avec ce qu’on appelle un bossage rustique c’est-à-dire des pierres taillées de manière très irrégulière. Il y a vraiment un très grand contraste entre l’extérieur qui est vraiment très refermé et l’intérieur qui est ouvert à la nature et aux arts.

Lumineux d’accord.

Et c’est là que passe des très longues journées Michel Ange à écouter ses professeurs, à regarder les œuvres qui sont dans ce musée littéralement. Donc c’est vrai Michel Ange il est très doué mais il a tous les éléments en main.

Oui oui oui la bonne époque le bon milieu social bon...

C’est ça.

Le bon entourage tout ce qu’il veut.

Alors son papa malgré tout ne voulait pas qu’il soit artiste. Il avait rêvé pour Michel Ange d’une carrière d’homme de lettre. Et ça va coincer pendant quelques années mais finalement il se rendra bien compte qu’il faut se rendre à l’évidence et qu’il est prédestiné à devenir ce qu’il sera.

D’accord.

Et on regardera alors dans la prochaine vidéo les premières œuvres conservées de Michel Ange qui datent d’ailleurs de cette époque. Il va beaucoup voyager Michel Ange. Très vite il va être appelé à Rome pour la papauté. Ça ne t’étonne pas puisque tu sais qu’il va travailler sous le règne de sept papes.

Ah oui ?

Mais deux faisaient partie de ses connaissances d’enfance. Donc effectivement il travaille pour des copains enfin des copains…

Oui oui oui.

Il y a quand même une hiérarchie à respecter. Ce n’est pas toujours facile d’ailleurs pour les papes de travailler avec Michel Ange qui un a caractère assez assez trempé.

 

Donc voilà un premier survol…

Waouh !

De l’enfance

Quelle époque incroyable quand même !

C’est ça. C’est ça que… effectivement…

Quel tourbillon ! Enfin je ne sais pas… oui oui.

On en a plein les yeux.

Il y a aussi du Nicolas là-dedans je pense dans la théâtralisation…

Oui.

Mais quand même on en a plein les yeux plein les....

Je pense que c’est bien parce qu’effectivement quand on regarde une œuvre de Michel Ange rien qu’elle, on ne sait pas tout ce qu’il y a eu autour et qui a pu inspirer tout ça. Ce n’est pas né de rien du tout.

On ne le savait pas. Maintenant on le sait. On s’arrête. C’est frustrant mais on s’arrête maintenant. On se retrouve très très vite pour un prochain épisode la suite.

Alors ce sera la suite les premières œuvres à Florence avant de quitter la ville au moment très dur où il y aura la mort de Laurent et puis la peste qui va arriver.

C’est une vraie série en fait. Super.

C’est un feuilleton.

On a un vrai feuilleton. Merci beaucoup Nicolas.

Merci.

A très très bientôt.

A bientôt eu revoir.

Nicolas Feliers

Nicolas Feliers

Nicolas est Intervenant en Histoire de l’art à l’Institut Supérieur des Techniques de Communication (Lille) :

 - cours de culture générale, Guide-conférencier des Villes et des Pays d’Art et d’Histoire,

 - vice-président de Vauban Loisirs Animations Culture (Lille),

 - Guide-conférencier au Musée de Flandre (Cassel),

 - guide-conférencier pour l’Office de tourisme de Roubaix.

 

Créations de circuits pédestres, bus et vélo, Conférencier pour l’association Les Amis des Musées de Lille,  

Guide-conférencier au Musée La Piscine, Roubaix,  

chargé de mission pour l’Association des Conservateurs des Musées du Nord-Pas-de-Calais,

chargé de mission pour l’Association des Conservateurs des Musées du Nord-Pas-de-Calais.

  • [Nicolas Feliers le 05/03/2017]

    Bonjour Marie-jo. Merci pour le correctif. Vous avez raison je dis Léonard au lieu de Michel Ange. D'ailleurs, pendant ce tournage, je pensais constamment à Léonard en évoquant Michel Ange. Tellement de points communs dans leur biographie les rapprochent. Même si, stylistiquement, entre les deux, impossible de confondre. A très bientôt pour la suite.

  • [Nicolas Feliers le 05/03/2017]

    Bonjour Pascaline. Merci pour votre commentaire. Ce 15e siècle florentin est littéralement passionnant ! Nous tournerons donc plusieurs vidéos pour parcourir l'art italien du 15e siècle avec, comme fil conducteur, Michel Ange. Notre concept pour ces vidéos : un tête à tête intimiste entre deux amis qui discutent simplement de leur passion pour l'art. L'un spécialiste de l'histoire de l'art, l'autre artiste curieux des techniques et outils. La rencontre des deux devant produire un échange interactif. Mais je tiendrai compte aussi de votre remarque en regardant plus souvent la caméra, afin de m'adresser également davantage au spectateur. A bientôt.

  • [Marie-jo landes le 04/03/2017]

    Encore un grand merci pour la transmission de vos connaissances, une petite erreur dans la vidéo. Vous dites le premier dessin de "Léonard", ne s'agit-il pas du premier dessin de Michel- Ange?
    J'attends la suite impatiemment!!!

  • [Pascaline OLRY le 03/03/2017]

    j'ai beaucoup aimé et apprécié ce premier épisode de la vie de Michele Ange, j'attends la suite avec impatience ,votre conférencier est un vrai conteur, il devrait regarder plus souvent la caméra, il s'adresse au spectateur,on n'en est pas moins complètement scotché à l'histoire .Merci
    (Fred ne serait-il pas un peu impatient?)

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Discipline Conférences
Difficulté Initiation
Genre Les Conférences
Durée de la Vidéo 41mn14