Couleurs et vieilles dentelles

---------- Introduction

Allez Valérie tu nous fais quoi aujourd’hui ?

Alors…

J’ai vu les… j’ai vu les matériaux je suis impatient de voir mais voilà explique-nous.

Je vide les tiroirs, je récupère de la matière et je transforme la matière…

Vous allez voir.

Grâce à la couleur.

Vous allez voir la matière.

De la récup en fait.

De la récup. C’est féminin ?

Aussi puisque j’ai des dentelles.

C’est de la dentelle.

Tu pars majoritairement à partir de dentelle et on va mettre ça dans la magie de Valérie pour voir ce que tu nous donnes. On y va ?

On y va.

---------- Démonstration

C’est parti. Alors le matériel Valérie.

Le matériel on va… on va utiliser des morceaux de dentelles, un petit peu de fibre mais c’est un choix personnel donc de la matière de récupération en tout cas…

Oui.

De la colle vinylique donc de la colle blanche…

D’accord. Colle à bois vinylique.

Assez forte…

Oui d’accord.

Du gesso…

Ok.

Deux couleurs acryliques ici un bleu cyan et un noir et deux pinceaux l’un avec des… vraiment des… des poils durs donc soie de porc et un autre beaucoup plus doux…

D’accord.

Pour le gesso et la couleur.

Ok ça marche. C’est parti.

Donc dans un premier temps je vais simplement placer les matières donc on va essayer de faire quelque chose de relativement graphique.

Ok.

Alors on se fiche un peu des couleurs dans un premier temps puisque… on va tout recouvrir de gesso blanc donc…

Oui c’est les matières qui comptent voilà c’est les…

Donc l’important oui…

Oui.

C’est uniquement les matières.

Ok.

Et si possible… ici avec les dentelles j’ai essayé de choisir des morceaux de dentelles avec des épaisseurs en fait différentes.

D’accord. Donc la transparence de la dentelle elle ne va pas jouer puisque tu vas la couvrir c’est ça ?

Complètement oui.

C’est juste le…

C’est uniquement la texture.

La texture.

On va voir après que… avec la transformation qu’on va lui faire subir, ça n’aura rien à voir avec l’aspect de la dentelle de… d’origine.

Ok.

Alors on recouvre tout c’est-à-dire qu’on ne laisse pas…

D’accord

Ou très peu en fait de morceau de toile vierge. C’est pour ça que j’ai pris de la fibre pour éventuellement combler…

D’accord.

Les petits trous éventuellement.

Ok

Voilà donc là on va prendre la colle et l’idée c’est vraiment de prendre la colle, en mettre sur le support alors pas trop, raisonnablement c’est-à-dire que le colle doit se voir mais sans faire vraiment un gros paquet et on va fixer donc en appuyant… on va fixer donc la matière en appuyant assez fort. D’où l’utilité d’un pinceau à poil… à poil dur. Voilà on va vraiment plaquer la matière sur le support de façon à la placer et surtout la faire bien adhérer.

Bon normalement on met la colle en dessous et on place la matière. Là je me permets par moment de mettre la colle directement parce que la dentelle est aérée donc en fait la colle passe à travers. Donc dans un premier temps je fixe par endroit la dentelle de façon à ce qu’elle puisse être stable et après je passerai dessus une deuxième fois pour… avec la colle pour vraiment tout imbiber de colle.

Alors l’autre technique serait également de mettre de la colle partout et de placer les matières dessus.

Donc là la dentelle est fixée. Bon il manque encore quelques petits endroits mais elle est plus ou moins placée. Evidemment elle n’est pas complètement collée donc là maintenant je vais repasser avec la colle partout en appuyant bien fort pour stabiliser le tout.

Donc là le collage est sec. On a coupé tout ce qui dépassait en fait des bords pour avoir quelque chose de propre et on va donc tout enduire de deux couches de gesso blanc. Alors pour le gesso on a quelques petites attentions à avoir.

On tamponne d’abord avec le pinceau et ensuite on lisse de façon à ce que le gesso ne fasse pas de paquet en fait dans les fibres. Alors sans en mettre trop puisque l’idée ce n’est pas d’avoir un blanc absolu tout de suite. Le blanc absolu on l’aura lors de la deuxième couche.

Là la dentelle… donc le gesso est sec on a passé deux couches donc on est sur un blanc relativement pur donc on va préparer des jus de couleur donc en fait on va… le jus ça consiste à diluer très fort la peinture donc va mettre de la peinture au fond de la coupelle.

S’il en reste assez. Ah oui c’est bon. On va au bout des tubes écoute.

 Alors j’ai préparé deux couleurs donc le bleu et le noir donc un petit peu moins en noir parcec que j’en ai un petit peu moins besoin. Et en fait… voilà je vais verser de l’eau un petit peu et comme on cuisine je vais mélanger la peinture de façon à avoir ce qu’on appelle un jus donc on peinture très très diluée.

Alors c’est important de bien la malaxer pour ne pas avoir de grumeau dans le mélange. Donc on écrase bien la peinture. Et une fois qu’on obtient un liquide, on va rajouter un peu d’eau. Alors vu la surface je vais rajouter tout de suite… alors il vaut mieux partir avec un jus… ne pas devoir refaire du jus en cours de travail donc je préfère en faire un petit peu plus.

Donc là je peux rajouter encore de l’eau pour avoir à peu près… à peu près moitié moitié de peinture et d’eau.

Voilà pour le bleu. La même chose avec le noir.

Alors avec des pinceaux très doux plutôt ronds, le principe va être de déposer le liquide. Alors on pourrait verser tout simplement mais là voilà je dépose le liquide.

Et avec mon pinceau posé complètement à plat, je vais simplement étaler le jus c’est-à-dire que je n’appuie pas sur le fond donc j’ai tendance à utiliser le terme libellule qui fait bien comprendre le geste. On étend simplement le liquide mais sans donner des coups de pinceau qui se verraient au séchage. Donc là le principe du pinceau ici c’est vraiment d’étaler le liquide.

Là le jus est un petit peu… un petit épais donc je vais rajouter de l’eau, voilà je prends de l’eau et j’étire comme ça la peinture.

Alors il est important de garder quand même une certaine densité de peinture puisque si j’étale trop comme ceci, à la vue le mélange semble intéressant mais au séchage on n’aura pratiquement rien. Puisque le principe ici c’est que en séchant, l’eau va s’évaporer le pigment va aller à l’intérieur de la texture donc va se figer dans le fond et révéler les reliefs sur lequel il va vraiment se déposer.

Par contre la différence entre ce qu’on voit ici à l’état humide et de séchage va être vraiment très très différent donc on va perdre beaucoup d’intensité de couleur donc il faut vraiment démarrer par un jus assez dense.

Alors on peut suivre… on peut suivre un peu les reliefs qui ont été créés et les dessins qui ont été créés par le collage. Ce sera plus judicieux.

Et on va pouvoir également mélanger les jus c’est-à-dire qu’ici je vais placer du noir qui va venir à la rencontre du bleu, en le laissant faire cette rencontre naturellement sans forcé sinon je vais obtenir un vert… un bleu canard donc là je laisse le jus circuler.

Alors là ça peut être une technique également qui peut être intéressante on peut également faire l’inverse c’est-à-dire d’abord placer l’eau, et dans l’eau venir mettre des jus de couleur.

On peut alterner la façon de procéder sur un même tableau. Ce qui créera des nuances. Donc on voit déjà ici que le… voilà le pigment commence déjà à s’insérer en fait dans les creux. C’est l’occasion également de s’assurer que le mélange est correct puisque quand les reliefs n’apparaissent pas, bon c’est forcément que le jus et trop foncé. Si par contre on a un bleu ici très clair tout de suite, on peut rajouter il est toujours tant… tant que ça n’est pas sec on peut venir rectifier la couleur.

Alors à ce stade-là il est encore temps de vérifier qu’il n’y ait pas des petits… des endroits où il n’y a pas de couleur puisqu’il est très compliqué de revenir dessus une fois que c’est sec donc on corrige.

Et il est également encore temps à ce stade-là puisque là la peinture… l’eau commence à s’évaporer donc les zones très claires apparaissent donc il est toujours temps de rajouter un peu de couleur de façon à récupérer quand même de la couleur et ne pas avoir quelque chose de trop délavé donc c’est vraiment à ce stade-là qu’il faut le faire puisque tant que tout n’est pas sec on a encore cette liberté de corriger.

Alors Valérie tu as décidé d’appeler ça couleurs et vieilles dentelles.

C’est surtout pour montrer qu’on peut vraiment récupérer des choses…

C’est super.

Et les transformer c’est-à-dire pas simplement les utiliser en tant que tel…

Oui

La dentelle c’est la dentelle.

Oui oui.

Là on leur donne vraiment on utilise en fait on exploite les propriétés de textures que donne la dentelle…

Super.

Pour en faire autre chose.

Pour les intégrer et tout ça voilà c’est beaucoup plus harmonieux ça crée de trucs superbe. On ne l’a pas parce que c’est en train de sécher donc…

Ça coule.

Et ça coule de partout parce que c’est du jus on l’a bien vu.

Alors justement…

Oui Valérie ?

Ne pas sécher au sèche-cheveux surtout…

D’accord.

Puisque vraiment laisser sécher…

Naturellement.

Naturellement…

Oui.

Sinon on va complètement…

Oui oui.

Tout refaire.

Oui et puis l’intérêt des jus c’est que comme c’est liquide ça ne va pas… ça ne masque pas la finesse de la dentelle c’est magnifique. Regardez bien tout ça allez-y. Allez découper allez chercher les vieilles dentelles.

Videz vos tiroirs.

Videz vos tiroirs.

C’est l’occasion.

A vous maintenant.

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Valérie Telesca

Valérie Telesca

C’est dans le métissage que Valérie Telesca, plasticienne franco-italienne, trouve sa véritable expression…

D’abord photographe (un calibrage de l’œil aux formes et aux couleurs !), elle se consacre ensuite à la peinture pour exprimer sa vision du monde.

 

Au cœur de sa démarche : un dialogue entre matières et couleurs, le processus chromatique étant considéré comme agent de transformation de la matière, capable de la révéler et de la transcender. 

 

Membre d’un mouvement international d'expérimentation artistique depuis 2012, l’artiste consacre ses actuels travaux de recherche sur les matières de récupération telles que papier et carton à travers œuvres en 3D et installations. 

Intervenante en arts plastiques dans des structures auprès de publics variés, son approche de la pratique artistique vise à stimuler la créativité, à ouvrir la sensibilité à de nouveaux horizons et surtout…à apprendre à oser !

Dans son atelier lillois, elle propose des cours et stages autour de la matière et sa transformation par la couleur.

  • [Valerie telesca le 07/07/2017]

    Merci Florence. Comme tous les travaux, oui, il est préférable de vernir pour protéger l'oeuvre, d'autant que les peintures sont ici très diluées. Je préconise un vernis spray, satiné o mat.

  • [Florence Martini le 07/07/2017]

    Faut il vernir ensuite pour protéger l'ensemble ?
    Ça me donne pleins d'idées. Merci Valérie pour ce partage.

  • [Valérie Telesca le 26/03/2017]

    Dans l'absolu, oui, le gesso pourrait servir d'enduit et donc faire adhérer les matières, mais outre le fait que cela soit peu économique (il faut en mettre une couche épaisse, qui risquerait de craqueler), j'ai pour habitude de respecter les usages de chaque produit. Le gesso est un apprêt, pas une colle. Mais bienvenue à toutes les expériences!

  • [Karine BRAGARD le 22/03/2017]

    Arrêt sur image
    14:00.. Un joli petit poisson entre dans l'eau
    C'est magnifique !

    Si il n'y avait pas eu de jus, est-ce que le gesso seul aurait pu suffire pour "coller" ou plutôt prendre les matières dans son fond ?
    Les empreintes ainsi crées par les matières sont particulièrement intéressantes , elles peuvent ajouter quelque chose d'unique aux créations picturales.

  • [Valérie Telesca le 08/01/2017]

    Oui Céline, ce sera aussi l'occasion de faire un rangement en ce début d'année! ;) Tissus, ficelles et autres matières peuvent être transcendées de cette façon.

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Discipline Techniques Mixtes
Difficulté Initiation
Genre Les Applications
Style Abstrait
Durée de la Vidéo 17mn50